Développer un écosystème autour de son agence de comm’

photoA l’occasion du déjeuner que j’ai eu avec Vianney Bourgois et son associé Martin Tiberghien récemment, j’ai eu envie de les interviewer sur leur vision et surtout leur expérience de l’écosystème qu’ils défendent et qu’ils vivent au quotidien.

Au-delà de cette expérience concrète qui me semble un bel exemple de ce que peut apporter le fonctionnement en écosystème à une organisation, j’ai eu aussi le plaisir de ressentir l’enthousiasme qui les anime. Enthousiasme que l’on a tous envie de remettre en avant dans une période compliquée, comme l’écrivait Karine récemment sur Beez&Co.

L’exemple de Be Seen me semble très intéressant pour avoir des clefs de lecture de la force d’un système relationnel.

Bonjour Vianney,

Créée depuis 5 ans, Be Seen, dont l’équipe a un âge moyen de 27 ans, fonctionne sur un modèle totalement nouveau que tu aimes présenter : l’écosystème relationnel développé autour de ton équipe de créateurs et de développeurs. Bel exemple de ce que BEEZ&CO veut démontrer cette année !

Peux-tu tout d’abord nous expliquer ton parcours et la raison pour laquelle tu as choisi de créer Be Seen ?

J’ai fait des études de marketing et publicité au CELSA (Sorbonne) et une première expérience chez Publicis Activ, à Lille, au planning stratégique. J’ai toujours fait de la création graphique en parallèle. Pour pouvoir être à la fois stratège et créatif, je n’avais qu’une option : créer mon agence ! Je me suis donc lancé juste après mes études, et nous sommes une douzaine aujourd’hui.

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Quel est le métier de Be Seen aujourd’hui ?

Nous sommes une agence de communication traditionnelle, mais très orientée création et stratégie de marques. Nous faisons de la publicité, de l’édition, du web, du packaging et des points de vente. La moitié de nos clients sont des PME, l’autre moitié des marques nationales connues. Dans tous les cas, ce sont des marques en forte croissance.

Vianney, tu évoques souvent le fonctionnement en écosystème de Be Seen, peux-tu nous expliquer ce que tu entends par là ?

Le principe est simple : nous prenons chaque acteur de la chaîne et lui demandons de remplir un rôle inattendu. On demande à nos clients de nous trouver du business, et on fait en sorte qu’ils en fassent entre eux. On demande à notre banquier de former nos salariés à l’épargne, plutôt que de nous prêter de l’argent. Du coup on emprunte à des proches, et les sommes prêtées sont rémunérées selon le résultat de Be Seen. On informe même les créatifs du montant disponible sur les comptes, ce que beaucoup d’agences considéreraient comme une pollution de leur créativité.

Et pour toi, quelle est la création de valeur que cela apporte à ton entreprise et à ton écosystème ?

Cela permet de mettre tous les acteurs en éveil permanent et de s’attendre à ce qu’une bonne idée débarque de nulle part au moment le plus inattendu. C’est une excitation intellectuelle et relationnelle de tous les instants.

Si tu devais traduire la chaîne de valeurs que tu as construite avec ton entreprise, sur quels critères la mettrais-tu en avant ?

Simplicité, ouverture, curiosité et volonté de partager.

Lors de notre conversation, tu as évoqué les « afterworks » qu’organise Be Seen une fois par mois.  J’ai trouvé l’idée particulièrement intéressante car plutôt qu’une simple rencontre, ce sont de véritables mises en connexion que vous organisez. Peux-tu en décrire le principe ?

On a été un peu dépassés par le succès de ces soirées mensuelles et on les a mises en standby, mais le principe était de boire un coup en favorisant le business entre tous les gens touchant de près ou de loin à Be Seen. On fait désormais une ou deux grosses soirées par an, et on continue à multiplier les partenariats. Nous avons par exemple créé une marque de Champagne, Krusador Kasimir, qui est partenaire du lancement de la nouvelle BMW Série 3 GT. La fête promet d’être grandiose, et le fait qu’elle se fasse avec l’un de nos meilleurs clients est encore plus plaisant.

Vianney, à t’entendre parler de Be Seen et de toute cette intelligence relationnelle que vous développez autour… comment te sont venues toutes ces idées et qu’est-ce qui fait que tu es parti dans cette direction ?

Je ne sais pas, j’ai toujours cru depuis que je suis enfant que tout était possible, que tout était faisable. On vit dans un pays et à une époque où la créativité peut s’exprimer dans un nombre incroyable de business et où les seules limites sont celles que l’on s’impose bêtement. Rencontrer un inconnu et me dire qu’on va peut-être devenir riches ensemble, humainement ou financièrement, me surexcite. Je ne m’en lasse jamais.

Merci Vianney pour ces échanges très « oxygénants ». C’est avec plaisir que nous t’accueillons dans la communauté BEEZ&CO. Peut-être qu’à l’occasion de notre débat tournant du 2 juillet, aurons-nous l’occasion de t’entendre parler de ton expérience  qui présentera un panorama de différentes formes d’écosystème d’un point de vue stratégique, organisationnel et conceptuel.

Aurélie DUQUENNOY