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Soyons heureux pour sortir de la crise

bonheur_au_travailBien-être au travail, bonheur, optimisme, confiance… sont des sujets particulièrement impliquants en cette période où nous cherchons à combattre la morosité ambiante. Mais pour aller plus loin, « le bien être individuel comme vecteur de performance collective » est une réflexion à laquelle j’invite tous les chefs d’entreprise. Car le bonheur est aujourd’hui un enjeu de société et un enjeu pour nos sociétés.

J’ai rencontré Florence Servan Schreiber, en septembre, dans le cadre d’un congrès sur le Bonheur National Brut. Je vous ai alors parlé de son livre « 3 Kifs par jour » et de son approche de la pensée positive (Quand la science du bonheur s’invite en entreprise). Il y a quelques semaines, j’ai assisté à une table ronde organisée par le CJD de Lille qui souhaite que l’optimisme devienne « un virus contagieux » car « il donne du sens et de la vision »…. Et je me suis alors aperçue, qu’en l’espace de 6 mois, j’ai assisté, participé et rencontré de nombreux intervenants, de tous les horizons, sur le bien-être au travail, le bonheur, l’optimisme, la confiance.

Cet article n’a pas pour vocation d’être exhaustif. Mon sujet est juste de partager avec vous les différentes rencontres et lectures qui m’ont nourrie. Qui sont-ils/elles ?

Vincent Cespedes, un philosophe-écrivain-conférencier des temps modernes. Je l’ai rencontré à trois reprises, chaque fois j’ai été séduite par sa « philosophie appliquée ». Philippe Gabilliet, professeur de leadership à ESCP Europe et auteur de « Eloge de l’optimisme. Quand les enthousiastes font bouger le monde ». Jean Gadrey, président de FAIR forum pour d’autres indicateurs de richesse et participant à la Commission Stiglitz. Alexandre Jost, fondateur-animateur du Think Tank La fabrique Spinoza (Think Tank dmaîtrise deu bien-être citoyen). Hervé Serieyx au parcours impressionnant et orateur incroyable sur le thème de la confiance. Jean-Paul Delevoy, président du CESE et auteur de « Reprenons-nous ». Et Daniel Cohen, remarquable économiste dont je vous conseille « Homo economicus, prophète (égaré) des temps nouveaux ».

bonheur

Le bonheur, objet de toutes les attentions de la part des dirigeants du monde

L’Organisation des Nations Unies vient de proclamer le 20 mars, Journée Internationale du Bonheur. Une résolution dans la lignée de celle du 19 juillet 2011, où elle invitait les Etats membres à faire du  « Bonheur, une approche globale du développement ».

Et en janvier, le Forum de Davos a fait de son thème central le « Dynamisme résilient » que certains ont traduit par « le bonheur dans l’économie ». Un thème révélateur de l’optimisme naissant.  Il exprime, de fait,  la capacité de s’adapter aux contextes changeants, résister aux chocs soudains et rebondir tout en continuant à poursuivre  des objectifs critiques.

Nous aurons l’occasion de revenir sur cette notion sur laquelle lAtelier de Co-réflexions a choisi de se pencher cette année. En attendant et pour aller plus loin, je vous invite à regarder Geopolitis : Économie : y a-t-il un dynamisme résilient ?.

L’économie du bonheur trace le chemin pour sortir de la crise

Pour certains, l’économie du bonheur (ou économie positive) est à contre-courant en période de crise. Je rejoins Alexandre Jost pour qui, a contrario, elle est le chemin pour sortir de la crise. Car le bien-être des collaborateurs est un vecteur de performance économique pour l’organisation.

Dans son rapport (téléchargeable ici) la Fabrique Spinoza encourage à se saisir du bien-être comme vecteur de transformation économique positive des organisations.

Le Think Tank, s’appuyant sur de très nombreuses études et recherches en psychologie positive, économie, sociologie, neurosciences… amène à réfléchir sur les leviers du bien-être et d’épanouissement d’un individu pour stimuler sa performance individuelle au sein de l’organisation et donc la performance collective de celle-ci.

Ces études établissent clairement le lien entre bien-être et performance. « La performance du collaborateur épanoui est augmentée grâce à une meilleure santé, un plus fort engagement, un comportement avéré de coopération, une faculté plus développée d’innovation mais aussi une plus grande efficacité. Ces facteurs combinés, on observe bien une meilleure performance globale de l’individu qui se sent bien (salaire plus élevé, responsabilités accrues, meilleures évaluations et récompenses ou promotions) ».

Il ressort également des études que les entreprises plus performantes socialement le sont aussi économiquement. Et également qu’il existe un lien neuroscientifique entre bien-être et performance. « Ainsi, Fredrickson, selon son principe « Broaden and build » (« Elargir et construire ») montre qu’un individu qui se sent bien voit son champ de conscience et ses facultés élargies. D’autres modèles de l’esprit humain suggèrent également une meilleure performance de l’individu lorsqu’il se sent bien, comme le modèle du «Flow» (expérience optimale) de Csikszetmihalyi ou celui du «Aimer et travailler » de Freud. »

Si l’on pousse quelque peu la réflexion, la fabrique Spinoza n’est pas seule à tenir ce discours. Joseph Stiglitz disait que nos dirigeants sont comme des capitaines de navire dont la boussole n’indique plus le bon cap.  Et que mettre en œuvre des indicateurs de bien-être, tant au niveau national que des organisations, permettrait de dessiner un chemin pour sortir de la crise.

En 2008, Joseph Stiglitz  présida la Commission Stiglitz, « Commission sur la mesure des performances économiques et du progrès social », créée à la demande de Nicolas Sarkozy afin de développer une « réflexion sur les moyens d’échapper à une approche trop quantitative, trop comptable de la mesure de nos performances collectives ».

« Homo economicus, prophète (égaré) des temps nouveaux »

Daniel Cohen a fortement animé la réflexion sur le bonheur ces derniers mois, avec son livre Homo Economicus.

A la question: « Comment construire une société épanouissante pour les individus ? », Daniel Cohen arrive à la conclusion que c’est dans le bonheur collectif que l’Homo Economicus s’épanouit. Il prend comme référent l’Amérique des années 60, où l’individualisme compétitif allait de pair avec un sens fort de la communauté. Cette conviction, quelques patrons la partagent aujourd’hui en appliquant des techniques de management différentes, où la compétitivité individuelle est moins valorisée que la capacité à enrichir le travail d’une équipe.

Dans son interview, en date du 3 septembre 2012, à la question  « Comment sortir de la crise et retrouver le goût du bonheur ? » il répond « Il semble clair qu’une société postmatérialiste, affranchie des contraintes de la nécessité, ne naîtra pas toute seule, quel que soit le niveau de prospérité que nous projetons d’atteindre. A nous de la fabriquer en ne nous laissant pas impressionner par le néolibéralisme, en revalorisant l’idée de coopération par rapport à celle de compétition. N’ayons pas peur de nos institutions publiques, écoles, hôpitaux ; réenchantons le travail en faisant confiance au syndicalisme ; faisons avancer l’idée européenne, en apprenant les langues, en augmentant les échanges scolaires… Si la source de nos malheurs vient de la très grande difficulté à se projeter soi-même dans le futur et à gérer les rapports interindividuels, alors nous avons plus que jamais besoin de corps intermédiaires, de règles communes et d’institutions qui nous aident à prendre les décisions les plus difficiles et à orienter nos destins. »

Regards croisés du philosophe et du politique

Jean-Paul Delevoye et Vincent Cespedes participaient au congrès du CJD. J’ai trouvé les propos de J.P. Delevoye d’une grande clairvoyance. Et Vincent Cespedes a apporté une prise de hauteur et un recul intéressants.

Jean-Paul Delevoye : Nous somme dans un monde en métamorphose. Et dans ce monde où les repères vacillent, l’entreprise hérite d’un rôle nouveau : celui d’apporter confiance, lien et sociabilisation à chacun. Pour cela, il est indispensable de construire une communauté d’intérêt. Les salariés veulent et doivent devenir des co-producteurs de l’entreprise, car c’est elle qui assure leur futur. Et c’est en devenant co-producteurs de l’entreprise, qu’ils deviendront acteurs du monde.

Il faut quitter la posture de la conflictualité pour adopter la posture de l’empathie du dialogue et de la co-construction. Nous devons quitter la société de la performance pour celle de l’épanouissement. Et dans cette période de transition, il est extrêmement important de retrouver le sens de l’aventure, de l’enthousiasme et de l’optimisme.

D’après Vincent Cespedes, l’optimisme est la confiance en la vie et la croyance que les choses sont toujours améliorables. « Je » peux améliorer l’état des choses pour tendre vers l’optimal. Pour cela, nous devons mettre les énergies en commun, créer des synergies actives. Alors ensemble, on pourra atteindre quelque chose de mieux, de meilleur.

L’optimisme est pour cela corrélé à l’ambition d’améliorer l’état du monde. Une ambition que chaque créateur d’entreprise porte en lui.  Le créateur d’entreprise doit donc chercher à améliorer les choses de telle sorte que cela soit plus humain, plus rentable, plus performant, plus beau, plus enthousiasmant !

L’optimisme c’est  aussi la capacité de se dire que l’impossible peut devenir possible. Et c’est un sport collectif, car le plus grand moteur de l’optimiste ce sont les autres. Il ne peut y avoir d’optimisme sans partage.

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Toute crise, et a fortiori la rupture que nous vivons, est un moment d’interrogation profonde. Je pense que le doute nous motive et nous aide à avancer. Et de nos réflexions découleront des actions, une co-construction qui créera un monde meilleur.

Cette conviction que nous allons vers quelque chose de mieux est l’expression de mon optimisme à moi. Elle a présidé la co-construction, il y a un an, de BEEZ&CO, Le Business sous un autre regard. Votre présence aujourd’hui, votre implication, vos retours… nous confirment que nous voyons juste et que la communauté BEEZ&CO est sur le bon chemin.

Pour aller plus loin :

  1. C’est quoi le bonheur ?
    Je vous invite à découvrir les différentes visions du bonheur répertoriées par la Fabrique Spinoza.
  2. André Comte-Sponville : travail, bonheur et motivation.
    Dans cette interview, ici, il aborde la question du management et de la génération Y. Un sujet qui fait écho à divers articles de notre blog : Génération Y, réussir sa vie avant de réussir dans la vie – Pouce en l’air pour Michel Serres – La Petite Poucette ou encore Génération Y, question d’âge ou de comportement ?
  3.  La Charte des valeurs Google : ici
  4. Les 5 facteurs qui favorisent le bonheur dans les entreprises. FastCompany a publié récemment un article sur les Secrets des compagnies les plus heureuses aux États-Unis. Ces 5 facteurs sont la raison d’être, la reconnaissance, l’intégration travail/famille, l’amélioration continue et l’être humain avant le travailleur.
    Retrouvez l’article ici.
  5. Et enfin, L’éloge de l’optimisme de Philippe Gabilliet, pour donner envie d’en être.
    J’ai quitté la présentation de Philippe Gabilliet dopée comme généralement après une conférence TED.  Ayant retrouvé son intervention sur le net, je la partage avec vous ici. Vous pouvez également revoir la vidéo que Caroline a posté en début d’année La chance, facteur de réussite ?

Karine LAFONTAINE

Sources et images : http://neosconsulting.unblog.fr/2011/12/27/le-bonheur-en-entreprise/, http://pumi.blog.free.fr/index.php?post/2011/05/10/Au-Luxembourg%2C-des-brochures-pour-aller-mieux-au-travail, http://www.abcdetc.com/bcomme/?p=3322, http://www.coach-travail.com/aimer-son-travail-pour-etre-heureux/ http://www.eurac.edu/en/newsevents/events/newsdetails.html?entryid=113601

Doit-on encore considérer qu’ «échouer» est le contraire de «réussir» ?

Comme beaucoup, je lis, surfe sur la toile, découvre des billets de « bloggeurs-entrepreneurs » qui partagent convictions et expériences… Car oui, le web a apporté cette nouvelle façon d’entreprendre : le fait de partager son aventure entrepreneuriale sur la toile dans le but qu’elle serve à d’autres. Chacun peut désormais partager son regard sur les choses…
Parfois la lecture d’un de ces articles déclenche chez moi une réflexion, une interrogation qui me donne vie d’écrire à mon tour… Et parfois même, la réflexion m’amène à écrire sur un sujet bien différent de celui qui a provoqué mon intérêt au départ… Ainsi va la vie… Il faut savoir se laisser porter, écouter ce que nous nous dit la vie et regarder ce qu’elle nous montre.

10320Mais comment voir les signaux que nous envoie la vie quand le temps file, que l’on a un business à faire tourner, que l’on stresse, «angoissé» par la peur d’échouer… voire même par celle de réussir ! Et oui, c’est aussi la peur de réussir qui nous empêche malgré nous de le faire…

echecDans les 2 cas, que l’on ait peur d’échouer ou de réussir, à défaut de pouvoir en parler de vive voix avec votre entourage (qui d’ailleurs ne comprend pas toujours vos craintes), on peut justement se « poser » pour surfer sur la toile et se laisser guider de clic en clic. Beaucoup d’entrepreneurs, chefs d’entreprises ou dirigeants, partagent sur le net et ceux qui le font, le font souvent dans le but d’encourager le lecteur… lui permettre de faire le tri dans ses pensées parfois embrouillées, parce qu’ils ont vécu cette étape.

shutterstock_65500483« Le succès c’est d’aller d’échec en échec sans perdre son enthousiasme » – Winston Churchill… Oui, mais pas que ! Si ?
Nous pourrions donc nous demander : Qu’est-ce que le succès ?
Des millions d’euros de bénéfices pour votre business ? Agir dans notre business pour défendre nos convictions ? Rester fidèle à ce que nous sommes ? Savoir qui nous sommes ?… La liste peut s’avérer être sans fin, je le crains. A chacun ses questionnements et ses réponses.

Aussi aujourd’hui, parce que j’ai rassemblé quelques liens sur ce thème, je les partage avec vous en imaginant qu’ils vous seront peut-être utiles.

Sur le blog Le luxe d’être soi : 6 leçons de business que la vie m’a apprises nous rappelle que mener son business encore plus loin que ce que nous l’espérions c’est : « Se recentrer sur l’essentiel,  ne compter que sur soi, travailler avec son cœur, se fier à son intuition,  écouter avec ses yeux et ne pas avoir de regret ».
Sur le même blog encore : 4 conseils pour réussir sans se trahir nous conseille de « re-définir notre vision de la réussite, d’arrêter de se comparer et de s’auto-flageller, de parler moins et d’agir plus et de savoir se remettre en question », ou, autrement dit d’avoir « + de charisme, + d’estime de soi, + de crédibilité et + de capacité à gérer le stress » 

Steve jobsSur le blog Libres et heureuxComment dépasser la peur d’échouer, et réaliser ce qui est le plus important pour vous ? nous invite à réfléchir à ces 3 questions : « Que se passera-t-il si j’échoue ? Que se passera-t-il si je ne fais rien ? Que se passera-t-il si je réussis ? » en citant notamment Steve Jobs  :
« Se souvenir que vous allez mourir un jour est la meilleure façon d’éviter le piège de penser que vous avez quelque chose à perdre. Vous êtes déjà nu. Suivez votre cœur. »

70dcc6eaba1a04ea1bb1e74739e91b46cSur entrepreneur.com, vous trouverez « Les 5 mentors que devrait avoir tout entrepreneur » :
« – Un ami qui a su avant vous que vous alliez créer votre propre affaire,
– Une personne avec qui vous pouvez échanger sur les compétences communes où vous devez encore apprendre,
– Un collègue avec qui vous n’aimez pas travailler,
– Une personne qui a exactement des compétences opposées aux vôtres,
– Un ami qui a toujours su que vous seriez entrepreneur.»

Sur lenpretriselexpress.fr, Les 10 piliers de ma prochaine vie d’entrepreneur partage comment un entrepreneur analyse, avec un an de recul, la faillite de son entreprise, tout en confiant qu’il est quand même prêt à recommencer.

Sur le thème d’apprendre de ses échecs, La conférence FailCon organise régulièrement des conférences où entrepreneurs et financiers étudient les raisons de leurs échecs et ceux des autres. Les vidéos sont à découvrir ici.

De façon plus générale, sur le site du Gardian :  »le Top 5 des regrets les plus courants que l’on a en fin de vie » pour peut-être nous aider à recentrer nos priorités pour ne rien regretter…

Bonnes lectures !

Si vous aussi vous avez des articles qui vous ont inspirés et/ou soutenus, n’hésitez pas à les partager avec nous !

 Anne Lucie DOMANGE VISCARDI

sources images : khaledelhage.com, devoir-de-philosophie.com, desmentorspourentreprendre.com, moncoachsport.fr, etre-riche.fr

La France aime-t-elle ses entrepreneurs ?

Ceux qui ont fait le pas d’entreprendre,  créer leur entreprise,  reprendre une entreprise,  le savent : c’est une aventure incroyable et en même temps si particulière…

Lorsque que vous devenez entrepreneur, chef d’entreprise, le regard posé sur vous change… Avec parfois en background, l’inconscient collectif français qui ne sait pas forcément sur quel pied danser… Car vous êtes devenu « Chef » d’entreprise, vous êtes « patron », il se peut même que « vous exploitiez des personnes pour vous faire de l’argent sur leur dos »… Et selon votre statut d’entrepreneur, vous constaterez aussi rapidement que créer son entreprise signifie payer des charges, parfois avant même d’avoir commencé à gagner de l’argent, et qu’il vous faudra quelques temps (plus ou moins longs) avant de pouvoir en vivre… C’est alors que la question : « La France aime-t-elle ses entrepreneurs ? » peut vous traverser l’esprit… Et c’est la question à laquelle la UP Conférence du 18 avril prochain tentera de répondre.

La France et ses entrepreneurs sont-ils en désamour ? Pour sa 2ème édition les UP Conférences mènent l’enquête sur le sujet en tentant de répondre à des questions comme :
« Quelles mesures faudrait-il engager pour encourager la création d’entreprise ? Comment limiter les risques et la peur de l’échec, véritables brides à l’entrepreneuriat ? Quels seraient les outils pour réhabiliter l’image de l’entrepreneur ? Que faut-il attendre du choc de simplification, destiné à diminuer les lourdeurs administratives ? Enfin, comment réduire la profonde fracture typiquement française entre l’opinion publique et ses entrepreneurs ? »

Je ne pourrai pas assister à cette conférence… Alors si vous y aller, n’hésitez pas à nous faire un retour pour en faire profiter les lecteurs de « La Globosphère BEEZ&CO, le Business sous un autre regard ». Pour vous inscrire, c’est ici !

BEEZ&CO

Quand la communauté grandit…

Un peu plus d’un an que La Globosphère BEEZ&CO, notre blog, est en ligne…
Dans quelques mois, se tiendra La 2ème journée de conférences BEEZ&CO sur le riche et vaste thème de l’Ecosystème…
Les participants toujours plus nombreux, rejoignent et s’intéressent à nos ateliers de Co-Réflexions et Controverses …
Les &CO projets et d’autres actions se dessinent et prennent vie …
La communauté BEEZ&CO grandit … Merci à vous !

Un projet comme le nôtre rassemble, interpelle, voire même interroge et crée du contenu … La communauté réagit, grandit et s’investit …

Mais comment bien construire une communauté ?
C’est une question que nous nous posons forcément, car il est de notre envie, de notre devoir (même), maintenant que le projet prend son essor et qu’il fédère, de donner du mouvement à la communauté BEEZ&CO et de ne pas décevoir ceux qui ont choisi d’en faire partie.
C’est d’ailleurs, sans doute, une question qu’il est important de se poser pour toute aventure entrepreneuriale, associative, voire même individuelle, si des « supporters » constituent votre communauté … finalement essentielle au soutien de votre activité.

julien-lucas3Alors … Si vous avez des interrogations sur la façon dont vous voulez créer, gérer votre communauté, sur pourquoi et comment la faire « vivre » … nous vous invitons vivement à lire l’article de Julien Lucas sur le sujet : L’art de savoir comment construire une communauté.

Bonne lecture ! Et merci à Julien pour cet article :)

L’équipe BEEZ&CO

Reprendre une entreprise industrielle aujourd’hui

Avec Jerôme Barrier, nous avons passé un déjeuner à échanger sur nos projets respectifs ainsi que nos expériences professionnelles passées.  A l’écoute de ton parcours et de ton choix de reprendre une entreprise, te donner la parole est l’occasion de partager avec notre lectorat cette démarche personnelle qui fait que tu es désormais à la tête d’une entreprise industrielle.

Devenir son propre patron, c’est un choix de vie. Savoir trouver l’entreprise à reprendre est un exercice de style particulier. Défendre l’industrie alors que nous la rejetons en France, c’est un vrai pari.

C’est pour toutes ces raisons que je souhaite que tu témoignes sur notre blog afin d’illustrer ce que peut être « Le Business sous un autre regard » pour un homme dirigeant formé aux hautes études de commerce … alors merci pour tes propos sincères.

Pour commencer, quel est ton parcours professionnel en quelques mots ?    Mon parcours professionnel est tout entier centré sur la PME industrielle : 7 ans dans l’industrie automobile, les 3 premières chez Citroën, le reste chez Heuliez, sous-traitant des grands constructeurs. Puis 16 ans comme Directeur du Développement économique de la Vendée, pour dynamiser et accompagner le développement du tissu économique du territoire, principalement composé de PME industrielles familiales, et pour implanter de nouvelles activités industrielles. Dans ce parcours, quinze années de Direction Générale après des fonctions de chef de produit et de directeur marketing et vingt années dans les PME.

Pourquoi reprendre une entreprise après un tel parcours ? Pour des raisons professionnelles mais aussi personnelles et philosophiques : prendre les rennes d’une entreprise « dont les fonds propres sont ses propres fonds » pour reprendre l’expression d’Yvon Gattaz, c’est d’abord se retrouver en position de responsabilité, sans filet de protection. C’est aussi pouvoir exprimer librement son potentiel, mener des projets, motiver des équipes, décider, agir, développer. C’est exercer son « métier d’homme » pour prendre une autre citation, du philosophe Alexandre Jollien cette fois.

Pourquoi choisir une entreprise industrielle ? D’abord une question de goût. J’ai toujours été attiré par la fabrication, le sentiment physique de la production manufacturière, la création de valeur ajoutée par la transformation des produits. C’est aussi un engagement. J’ai travaillé vingt ans dans un territoire, la Vendée, qui n’a jamais cessé de créer, année après année, de nouveaux emplois dans l’industrie ; l’industrie là-bas, ça marche, ça se développe, ça fait envie. Dans le Nord, l’industrie a beaucoup souffert et elle porte une image moins valorisante, parfois même crépusculaire. Ma conviction est qu’il y a une place pour une industrie française conquérante, innovante et productive. Je ne crois pas que notre industrie soit inscrite dans le déclin. A ma toute petite échelle, je serais heureux de le démontrer.


Sur quoi as-tu forgé tes convictions quand tu as choisi cette entreprise?
 Quels étaient tes critères de sélection ? Combien de temps faut-il pour trouver « l’Entreprise » à reprendre ? Je voulais une entreprise industrielle, avec une technologie à ma portée (je ne suis pas un technicien), une PME entre 30 et 70 salariés, localisée dans la métropole lilloise. Malip correspondait parfaitement à ces critères. Je voulais aussi pouvoir m’appuyer sur une équipe en place performante et motivée et de ce point de vue, j’ai été parfaitement servi, mieux encore que je ne l’avais imaginé après avoir rencontré l’équipe de direction, préalablement à la signature. La cerise sur le gâteau, c’est de pouvoir partager avec le cédant des valeurs communes, ce qui est d’un précieux secours pour gérer la phase de transition, nécessairement délicate.

Mon calendrier : j’ai commencé à chercher début mars 2012. J’ai rencontré M Abelé, le cédant, en avril. Nous sommes sérieusement entrés en négociation en septembre et nous avons signé le 19 décembre. Au total entre 8 mois et 4 mois suivant le décompte choisi. Un délai très court au dire des professionnels de la transmission.

Les avis sont partagés. Les médias laissent entendre que de nombreuses entreprises sont à reprendre, d’autres disent qu’il y en a peu en France ? Quelle est ton analyse au travers de ton expérience personnelle ?  C’est un marché déséquilibré. Il y a peu de PME sur le marché, c’est-à-dire déclarées à reprendre et qui ne soient à transmettre, ni dans la continuité familiale, ni à un cadre au sein de l’entreprise, ni à une autre entreprise ; autrement dit, il y a peu de place pour les repreneurs – personne physique. De plus, il y beaucoup de candidats, notamment beaucoup de cadres de grands groupes qui se positionnent à la suite de restructurations après s’être retrouvés sur le marché de l’emploi. Donc l’offre est largement inférieure à la demande. Enfin, le contexte de crise fait hésiter de nombreux cédants potentiels, qui craignent ne pas réaliser leur opération dans des conditions optimales.

Et pourtant il faudrait encourager la transmission qui est souvent l’occasion de redynamiser une affaire, en relançant l’innovation, l’export, l’investissement. « Mieux vaut céder que cesser » comme le dit un slogan du CRA (association de cédants et repreneurs d’affaires). A condition que le financement du rachat ne soit pas supporté exclusivement par l’entreprise.

Quelle est l’activité de ton entreprise ? Quels sont ses atouts pour se développer ?  Malip conçoit et fabrique des produits en composites souples et semi-rigides. Sa vocation est de protéger et mettre en valeur les produits de ses clients : sachets de présentation commerciale, supports de communication, blisters, produits techniques pour l’industrie et le secteur de la santé, couvres-cahiers, etc. Les technologies développées sont la soudure haute-fréquence et ultra-sons, le thermoformage, l’impression numérique et la sérigraphie.
Ses atouts actuels reposent sur son agilité industrielle, sons sens du service et de la qualité (Malip est certifiée ISO 9001) et sa capacité à répondre aux besoins du marché, notamment dans les grandes séries de production. Son développement potentiel s’appuiera sur son bureau d’études et d’innovation, sa spécialisation dans des productions à forte valeur ajoutée, sa capacité à proposer de nouveaux produits au marché.

Tu as pris tes fonctions en janvier 2013. Comment vit-on les premières semaines quand on reprend une entreprise ? Il faut gérer trois emplois du temps à la fois : celui d’un chef d’entreprise qui doit gérer le quotidien, préparer l’avenir, ce qui en général occupe déjà pas mal ; celui de quelqu’un qui découvre tout (la culture de l’entreprise, les hommes et les femmes qui la composent, son business model, sa technologie, son marché, ses clients, ses fournisseurs, bref un nouvel univers où il y a tout à apprendre) ; enfin celui de quelqu’un qui doit conduire le changement, sans doute le plus difficile des trois. Le stress réside dans le fait de mener de front, simultanément, ces trois agendas, en essayant de se tromper le moins possible. Mais en même temps c’est un vrai bonheur et pour moi la confirmation, chaque jour, que ma motivation profonde était bien dans le choix que j’ai fait.

L’ancien dirigeant est-il toujours présent  dans l’entreprise? Comment gère-t-on la transition au sein de l’entreprise ? Entre l’ancien et le nouveau patron? La transition se déroule en trois temps : en janvier, j’ai laissé l’essentiel du pouvoir au cédant, ce qui m’a permis d’apprendre et d’observer. Le véritable transfert des pouvoirs s’est fait début février. M Abelé m’accompagne jusqu’en mai à temps partiel puis restera actionnaire minoritaire pendant encore plusieurs mois. Cette transition par étapes est une heureuse solution mais n’est rendue possible que parce que nous partageons largement des valeurs communes.


L’entreprise a moins de 50 salariés ; comment ont-ils appris la nouvelle ? 
Quelles ont été leurs premières réactions ? Ont-ils des attentes particulières vis-à-vis de leur nouveau patron ? Le mieux serait de leur demander … Ils ont appris la nouvelle par étapes car le cédant a été très transparent. De ce fait ils étaient dans l’attente et espéraient le changement. J’ai reçu un accueil très chaleureux, sans doute un peu angoissé au départ mais la confiance réciproque s’est très vite instaurée. Ils attendent bien sur de moi que j’apporte un nouveau développement pour l’entreprise à laquelle ils sont très attachés.

Quelles sont les expériences marquantes de ton parcours qui te servent dans le choix que tu as fait aujourd’hui ? C’est l’expérience au sens large, faite de la sédimentation de milliers d’expériences, qui est utile. C’est elle qui permet de décider, de rester lucide, d’avoir une vision et de garder sa sérénité. La gestion d’une équipe de quarante personnes pendant quinze ans a été une expérience irremplaçable. La combinaison de la pratique du management et de formations à la maturité personnelle on constitué un apport décisif. Mon expérience en Vendée, sous la houlette d’un décideur charismatique, tout à la fois homme de projets et de convictions, a été d’une richesse exceptionnelle.

Depuis deux mois que tu as repris, as-tu été surpris? Quelle a été la première action que tu as mise en place en arrivant ?  Surpris pas vraiment car j’avais réalisé un diagnostic précis de l’entreprise et de son business model afin de bâtir un projet. Je dirais plutôt que j’ai été « dépassé » par mes prévisions : tout est plus extrême que prévu, les bons comme les mauvais côtés. J’ai d’abord communiqué avec les équipes de l’entreprise. C’est essentiel. Mes premiers changements ont été dans l’ordre de la gestion ; aujourd’hui je vais me concentrer sur la politique commerciale.

Avec ce début d’expérience, quelles idées souhaiterais-tu transmettre à ceux qui souhaitent reprendre une entreprise ? Il faut avoir de la motivation et de la conviction. C’est une expérience extraordinaire et enthousiasmante. Mais elle consomme un peu d’énergie …

Cette interview est la première de la série « Entreprendre ». Mon idée est de suivre l’aventure de Jérôme Barrier et de son entreprise. Je vous donnerai à nouveau rendez-vous dans quelques mois pour en savoir plus sur leurs évolutions … à suivre

Caroline VALENT

Le Social business vu par le chercheur et par l’acteur…

Le 19 mars dernier s’est tenu à Euratechnologies le 6ème petit déjeuner du Cycle Innovation & Connaissance, organisé par Valérie Blanchot-Courtois dans le cadre de SKEMA Business School. Cette manifestation a attiré les foules par son thème d’actualité représenté par 2 experts du sujet, dans le concept Giovany CAJAIBA-SANTANA  et dans la pratique Hervé KNECHT :

Entrepreneuriat social, Social Business : Vers de nouveaux modèles économiques de création de valeur.

Giovany CAJAIBA-SANTANA qui réalise sa thèse sur l’entrepreneuriat social et les processus de création de valeur, de construction d’opportunités et d’innovation sociale sous-jacents nous a tout d’abord présenté ce thème de plus en plus présent dans l’environnement du management. Ce sujet, que l’on décline en valeur sociale, innovation sociale, économie sociale, social business ou entrepreneuriat social comme un thème d’actualité a d’abord une histoire au moins centenaire par les créations de coopératives. Il est également défendu par un grand nombre d’ONG dans le monde humanitaire ou associatif.

Une innovation sociale est une idée perçue comme nouvelle intégrée dans des pratiques sociales et à l’origine d’un changement social. Dans ce contexte, force est de constater que l’innovation sociale est au moins aussi efficace que l’innovation technologique.

L’entrepreneuriat social d’un point de vue microéconomique est de créer une nouvelle organisation pour apporter une solution à un problème social.

Le concept de Social Business est de vendre un produit accessible au plus grand nombre en ne réalisant pas de pertes et en ne distribuant pas de dividendes, en se consacrant à la réalisation d’un objet social.

Il a d’abord été développé par Mohamed YUNNUS, prix Nobel de la Paix qui partant d’une épidémie au Bangladesh a réfléchi à une solution de micro-crédit comme une façon durable de lutte contre la pauvreté et a créé la GrameenBank. Cette application a été suivie notamment par Grameen Danone Foods, Grameen Veolia Water… comme moyens innovants de lutte contre des problèmes sociaux auxquels nos sociétés d’aujourd’hui doivent faire face.

Hervé KNECHT est « le pape de l’entrepreneuriat social » en France puisqu’il en a fait son projet de vie depuis plus de 20 ans. Son Business est «  l’emploi durable des personnes fragilisées par un handicap ». Il a créé en 1991 la société Flandre Ateliers puis AlterEos tertiaire, AlterEos Industrie, RECCODE…

Aujourd’hui le Groupe AlterEos comprend 6 structures pour un effectif global de 500 salariés dont 80% sont fragilisés par un handicap.  Cela peut paraître linéaire et facile mais la vie n’a pas toujours été un long fleuve tranquille quand il a fallu repenser, alors que l’entreprise traversait une crise conjoncturelle d’envergure et que la pérennité des emplois était menacée, l’activité de conditionnement/déconditionnement à destination des grandes entreprises de VPC mise à mal par les difficultés économiques rencontrées par ces clients importants. C’est ainsi que le groupe est devenu leader sur le marché de la numérisation et de la gestion électronique de documents.

La performance de l’entreprise est de savoir gérer sur le long terme et dans des contextes variés des compétences variées, AVOIR L’INTELLIGENCE DE SES FRAGILITES ! Pour Hervé KNECHT, dans notre monde qui change, la crise que nous traversons est une chance car elle nous oblige à innover dans notre relation aux autres.

Passer d’une économie classique, économie de BIENS à une économie sociale, économie de LIENS…

C’est un vrai programme dont nous souhaitons faire l’écho chez BEEZ&CO alors que nous avançons pas à pas sur notre thème de l’éco-système.

Merci, Messieurs, pour ce moment passionnant et riche d’enseignements pour nous qui rêvons d’un monde plus sociétal alors que nous nous débattons quotidiennement dans des problèmes de biens !

Sandrine LEMAN

Ecosystème ? Le point de vue de deux jeunes créateurs d’entreprise

Durant ce mois de mars, nous (les 12 étudiants de l’Iteem associés au projet BEEZ&CO dans le cadre de notre programme pédagogique de 5ème année) donnons rendez-vous à des décideurs de tous horizons choisis de façon aléatoire afin de réagir sur les Ateliers de Controverses prévus le 2 juillet 2013 dans le cadre de la Journée BEEZ&CO, Le Business sous un autre regard.


Meriem Boudokhane
 et Tom Gauthier ont participé à une des 3 rencontres programmées ce mois-ci. Nous  (Clémence, Raphaël, Sophie et Souad), le groupe reporter, avons choisi de les interviewer parmi les 4 participants. Ils partagent leur retour d’expérience  après avoir interagi aux questions posées par le groupe d’animateurs (Arthur, Come, Clément, et Gaël) lors du premier focus groupe du 7 mars. Nous tenons à remercier Meriem et Tom d’avoir joué le jeu et donné de leur temps pour répondre à nos questions.

Meriem 27 ans, jeune entrepreneuse active, dirige une société de soutien scolaire et est actuellement en incubation sur un autre projet de création d’un logiciel de gestion. Elle est également bloggeuse pour «startup story».

Tom,  30 ans, a lancé son entreprise V-Cult il y a 3 ans. Avec son équipe, il développe une plateforme web social 3D sous le nom et marque Beloola. Ils terminent la phase de développement  R&D et préparent le lancement commercial. Beloola est un écosystème virtuel, un monde social pour les contenus culturels.

Vous avez partagé vos points de vue sur l’intérêt de traiter le sujet écosystème pour vous en tant que décideurs, quels sont vos ressentis après cet échange ?

Tom : Il est vrai que cet échange était très constructif. On ne pense pas forcément à la notion d’écosystème quand on est dedans tous les jours. Il est par contre intéressant de noter que Meriem et moi-même travaillons sur des modèles d’entreprises plutôt similaires ce qui n’a pas favorisé la confrontation. Je pense qu’il serait plus intéressant à l’avenir de diversifier le panel de personnes. Ces différences créeront des oppositions et cela renforcera la valeur ajoutée d’un débat comme celui-ci. Cependant nous avions deux autres personnes d’une génération différente de la nôtre (plus âgée), nous voyons bien que le raisonnement n’est pas le même sur la même notion.

Meriem : Je suis d’accord avec Tom, il est important de renforcer la diversification dans un débat comme celui-ci pour créer la controverse. Nous avons la même vision de l’entreprise avec Tom ce qui renforce nos liens sur ce sujet et ne nous oppose pas. Comme l’a dit Tom, il serait pertinent de varier les âges au delà des métiers et tailles d’entreprise.

Nous avons beaucoup échangé sur les notions d’écosystèmes en externe mais qu’en est-il pour vous en interne ?

Tom : Dans notre société, nous sommes plus agiles en interne. Nous sommes une quinzaine désormais. Nous avons des pôles ingénieurs, des pôles docteurs, et des pôles développeurs. Ils travaillent  en écosystème par département /cercle d’expertise, que l’on pourrait qualifier de « sous-écosystèmes ». On a besoin les uns des autres pour avancer, une entraide est nécessaire pour que chaque département avance à son rythme tout en aidant les départements qui l’entourent. Ils sont interdépendants.

Meriem : On a une stratégie plus transverse, on attache beaucoup de valeurs à ce que les acteurs de notre écosystème se dépassent et repoussent leurs limites. On attache de l’importance à la liberté de l’individu dans le sens où il va pouvoir changer de pôle pour exploiter d’autres connaissances dans un autre. On laisse évoluer l’individu dans son sens car plus il sera épanoui et meilleur sera la rentabilité professionnelle et sociale au sein de son écosystème.

Tom : c’est une manière de penser et de fonctionner intéressante mais c’est vrai que pour une société comme la mienne il est beaucoup plus difficile de fonctionner comme cela car les départements reposent sur des connaissances requises précises. L’écart est important c’est ce qui crée leur complémentarité.

Nos deux jeunes entrepreneurs ont bien conscience du monde qui les entoure et de l’écosystème dans lequel ils vivent et interagissent. Leurs deux  témoignages prouvent que leur génération fonde le développement  de leur organisation sur la création de valeurs en utilisant son écosystème naturel , voire même en créant son propre écosystème. La notion d’Ecosystème n’est pas dans leur pensée au quotidien, mais à y réfléchir ils savent pertinemment qu’ils en ont besoin, ne serait que pour une question de survie.  C’est une question de réflexe… naturel.

Ce premier panel composé de 4 personnes a mis en avant deux idées : la nécessité de diversifier les générations de décideurs dans une démarche de controverse, l’intérêt d’interpeller les décideurs sur la question du développement de nos entreprises en écosystème, ne serait ce que pour inciter à réfléchir à ce paramètre naturel de nos organisations…. Il reste à savoir l’identifier et l’utiliser sans doute… ce qui ne semble pas être une difficulté pour nos deux jeunes entrepreneurs.

Clémence, Raphaël, Sophie, Souad.

Pourquoi le partenariat BEEZ&CO et Iteem – 2 ème regard

Nous avons partagé l’interview de Caroline Valent, une des initiatrices du projet communautaire BEEZ&CO, Le Business sous un autre regard, sur le partenariat entre ce dernier et l’ITEEM. En résumé c’est un projet innovant qui ose impliquer de futurs managers en fin d’études. Pour Caroline Valent leur implication dans le cercle de réflexion de BEEZ&CO, La Quadrature du Cercle, offre un nouveau regard, celui de douze individus d’une vingtaine d’années bientôt diplômés manager ingénieur entrepreneur. Aujourd’hui nous vous proposons de partager le regard de Pierre Daniel, Directeur adjoint de l’Iteem.

Qui a fait la démarche du partenariat entre l’ITEEM et BEEZ&CO?… Au départ Caroline Valent s’était rapprochée de moi pour voir ce que je pouvais apporter à la réflexion qu’elle menait dans le cadre de BEEZ&CO et en quoi je pourrais être un des contributeurs  en tant que chercheur, professeur autour de certaines problématiques: une nouvelle manière de regarder le business; un business sous un autre regard. Caroline me sait très sensible aux thématiques originales, innovantes: aspect de complexité, vision du monde comme un système. Ce sont des approches qui sont en compatibilité avec ce qu’elle fait, avec les réflexions qu’elle mène. Ensuite on a travaillé ensemble plusieurs semaines, plusieurs mois. On a appris à se découvrir, à échanger et on s’est rendu compte qu’on avait une très grande compatibilité de point de vue et qu’on pouvait se rendre service, l’un et l’autre dans cette réflexion.

A un moment donné, au bout de quelques mois je me suis rendu compte que ce que je pouvais apporter méritait de l’être en intégrant les étudiants avec lesquels je travaille. Je pouvais apporter des réflexions autour de champs théoriques, des nouveaux outils, de nouvelles manières de percevoir la gestion d’entreprise dans des approches un petit peu iconoclastes. J’aime faire cela avec des étudiants, je trouve que c’est un public qui est capable d’être créatif, décalé, dérangeant tout en étant structuré et tout en apportant une connaissance de fond. C’est à partir de là que j’ai exprimé le fait que ce serait peut être une bonne idée de faire intervenir les étudiants de l’Iteem, de les faire travailler dans la durée, car c’est le seul engagement que je pense pertinent, et d’aller un cran plus loin, de réfléchir à cet engagement comme un partenariat. Caroline a tout de suite dit oui à l’idée de lancer ce partenariat.

Est-ce que l’objectif initial du partenariat a évolué ?… Comme toute idée un peu innovante et qui se construit en marchant, forcément elle évolue, mais pas dans l’idée. Au départ, l’idée était d’amener l’expertise (en cours de développement) d’étudiants avec leur approche, comme je disais, iconoclaste, un peu décalé, un peu poils à gratter. Le but était aussi d’amener ce côté académique qu’ont les étudiants, c’est une partie de votre enseignement d’acquérir ce coté académique. Avant que vous sortiez de votre école, il est important de le confronter à des réflexions, des problématiques et des enjeux d’assez haut niveau en entreprise. Non pas par l’intermédiaire d’un stage mais par l’intermédiaire d’un travail différent et donc vous mettre en situation de côtoyer des dirigeants et de vous mettre en situation de devoir leur apporter quelque chose. Cet apport est notamment une maitrise théorique de problématiques qu’ils ne peuvent plus avoir parce qu’ils n’en ont plus le temps. Tout cela n’a pas changé, la seule chose qui va certainement évoluer, c’est la façon dont on va tout organiser. Nous ne savions pas exactement si nous intégrerions uniquement les cinquièmes années ou d’autres années de l’Iteem. Moi j’aimerais y intégrer d’autres personnes mais il vaut mieux commencer par des petits groupes et par des gens qui ont déjà une maitrise assez avancée. Nous allons aussi faire évoluer le partenariat en fonction des réussites et des échecs. Si on voit que la formule ne fonctionne pas, on la corrigera. L’idée c’est vraiment de vous mettre au cœur de cette réflexion entre le monde académique qui se doit d’avoir une expertise pour l’entreprise et le monde professionnel qui évidemment a la pratique mais qui se doit aussi de faire un pas vers les nouvelles tendances qui sont souvent des nouvelles tendances théoriques.

Pourriez-vous préciser l’apport que peut avoir BEEZ&CO sur les élèves de l’Iteem, et inversement ?

Je crois profondément dans le fait que le contact est nécessaire entre des étudiants et des entreprises, entre des jeunes et des moins jeunes, entre une nouvelle génération avec des idées qui n’ont pas de contraintes et une génération en place qui a du pouvoir et des idées et qui sont forcément contraints par la réalité. Je pense donc que confronter ces deux mondes est primordial. Ces deux mondes se confrontent finalement dans une situation bien particulière: les stages, et assez exclusivement à travers eux. Je pense que ces stages sont des choses absolument nécessaires et extrêmement efficaces mais ça ne répond pas à une problématique qui est de permettre, aux deux mondes, de réfléchir ensemble autour de thèmes stratégiques. Je crois que c’est assez rare que dans le cadre d’un stage on réfléchisse et agisse ensemble dans le cadre d’une réflexion plus stratégique. On est plutôt dans une mission plus opérationnelle. Là, l’idée est de pouvoir vous confronter dans une réflexion plus stratégique, par exemple autour d’une nouvelle manière de s’organiser, d’une nouvelle manière de penser la stratégie, d’une nouvelle manière d’agir ensemble ou pas dans l’entreprise. Ça ne veut pas dire que parce que c’est stratégique, ça n’est pas pratique, bien au contraire, c’est plus stratégique, à un plus haut niveau. Ça ne peut pas être fait dans le cadre d’un stage et je pense que ça doit être fait dans un autre cadre.

En disant cela, je réponds, d’une certaine manière, à la première question: qu’est-ce que peut apporter BEEZ&CO? Elle peut justement apporter cette condition de confrontation. BEEZ&CO est  capable par son expérience, par ses contacts, par sa capacité à mettre les gens du monde de l’entreprise en contact mais aussi par sa capacité à être à l’écoute de mondes qui ne sont pas les mondes de l’entreprise ; le monde des chercheurs, des étudiants. BEEZ&CO est capable de faire ce lien en amenant le monde de l’entreprise avec les vrais problèmes de l’entreprise formulés de façon intelligente, intelligible, originale pour que vous puissiez y répondre.

Qu’attendez-vous de ce partenariat ?… Trois choses mais à des niveaux extrêmement différents. Je vais aller de l’élément le moins engageant mais très pragmatique à l’élément le plus engageant, à plus long terme. Tout d’abord  j’aimerais que cela puisse faire connaître l’Iteem et l’excellence de votre profil sous un angle différent. Pas parce que vous êtes des diplômés qui se placent bien, qui avaient des bons salaires et des bons jobs, ni parce que vous êtes des titulaires du baccalauréat que l’on recrute à un haut niveau. Non, pour une autre raison, parce que vous êtes des contributeurs d’une réflexion importante aujourd’hui dans le monde économique. J’aimerais que l’Iteem soit contributeur de cela. C’est un premier point, que ça amène de l’image, de la reconnaissance sur quelque chose de factuel, d’original et de haut niveau.

Dans un deuxième temps, je souhaite que cela apporte pour vous, mais aussi pour moi, une maitrise plus grande encore des problématiques pratiques de l’entreprise. Des problématiques d’avenir et donc éminemment stratégiques. Quand je parle de problématiques pratiques je parle de problématiques du quotidien, en contact avec la performance de demain, avec le mode d’organisation d’aujourd’hui et celui de demain. Il ne faut pas être déconnecté des problématiques pragmatiques mais être en revanche au sein de réflexions plus stratégiques. Voilà, je pense que cela peut apporter énormément pour votre développement, votre connaissance et votre capacité de demain à être de bien meilleurs managers. A moi aussi ça m’apporte, être capable d’être un expert académique, un chercheur qui n’est pas déconnecté dans sa tour d’ivoire, mais qui est au contact direct de la formulation des problématiques stratégiques de l’entreprise.

Dans un troisième et dernier temps, bien qu’il faille rester humble, c’est un enjeu que l’on se donne et une forme de promesse à laquelle on espère répondre. C’est contribuer à une nouvelle manière de faire dans les entreprises et contribuer au fait que quelques entreprises, quelques grandes organisations changent leurs manières de faire parce qu’on aura pu être à leurs cotés et qu’on aura été un élément de ce changement.

Souhaitez-vous élargir ce partenariat ?… A priori la réponse est bien évidemment oui. Moi en tout cas j’ai le désir que ça puisse prendre une forme plus large, n’oublions pas les trois promesses que l’on a données : faire connaitre l’Iteem, vous permettre de vous développer et développer votre profil et enfin contribuer au développement des entreprises. Donc on va d’abord commencer de façon pragmatique par ce qui est faisable et il faudra saisir les opportunités si cela fonctionne bien. Il faudra élargir le travail à condition que l’élargissement lui permette d’être plus efficace.

Une fois cela dit, j’aimerais revenir sur un point qui a été formulé. Je fais ce partenariat dans le cadre de l’Iteem en tant que cursus de Skema Business School, c’est-à-dire que vous êtes des étudiants de l’Iteem et que moi je représente Skema. Parmi tous les étudiants qui sont en contact avec moi, par exemple des étudiants de Master spécialisés, de Master of Science en Project and Program Management, de première et deuxième année de Skema, j’ai fait le choix de travailler avec vous, étudiants de l’Iteem cursus classique, pour différentes raisons. La première c’est que vous êtes un plus petit groupe auquel je pouvais accorder et passer plus de temps pour vous accompagner et vous amener à réfléchir. Comme je l’ai déjà dit, je pense que ce travail va devoir s’élargir. Dès cette année avec les quatrièmes années, je vais tenter quelque chose, pas dans le cadre du partenariat mais en tout cas je vais tenter quelque chose qui pourrait être inclus dans ce partenariat. De toute évidence et très probablement dès l’année prochaine avec les étudiant qui sont en MSC, cet élargissement aura lieu. Il est vrai que je suis assez sensible aux capacités que vous avez, vous étudiants de l’Iteem, cette maitrise de l’ingénierie et du management que vous connaissez bien. Cette maitrise m’est utile parce que les thématiques que l’on traite autour de l’innovation, des écosystèmes, des nouvelles manières de penser le business, nécessitent d’avoir une compréhension de ce qu’est la technologie actuelle et de ce que sont les problématiques d’ingénierie. Je pense donc que vous êtes un public qui est parfaitement adapté.

Vous voyez, je pense que ça va se développer à l’Iteem mais d’abord faisons cela correctement.

Selon vous, qu’est-ce qui pourrait faire office de performance concernant ce partenariat ?… Tout d’abord, l’objectif de ce partenariat est de démontrer que des étudiants de l’Iteem pilotés par moi, professeur, chercheur de Skema, forment un groupe de réflexion capable d’apporter quelque chose lorsqu’il s’engage dans un projet tel que celui de BEEZ&CO. Donc, le premier élément de satisfaction sera de voir dans quelles mesures les retours des entreprises, des dirigeants que vous aurez côtoyés, auxquels nous aurons apporté notre contribution par l’intermédiaire d’interviews, de synthèses de réflexion, diront que ça aura été bénéfique, utile et qu’ils aimeraient continuer cette approche. Deuxième chose, vous allez aussi apporter des livrables, des résultats tangibles à une autre communauté et pas uniquement celle des entreprises concernées mais aussi la communauté des chercheurs et experts qui travaillent dans «La Quadrature du Cercle» (c’est à dire aux côtés de Caroline Valent, j’en suis un membre). Nous allons leur apporter des éléments de synthèse, des pistes de réflexions, des angles d’analyses qui je pense leur seront très utiles. J’aimerais voir aussi dans quelle mesure ils nous diront que ça leur à été utile ou pas. Le dernier objectif, c’est de voir dans quelles mesures vous estimerez que cette expérience vous a apporté quelque chose dans votre apprentissage personnel.

Vous l’avez dit, vous êtes un membre de La quadrature du Cercle, est-ce que ce partenariat renforce votre engagement ?… Oui et plus que d’une certaine manière bien évidemment. Aujourd’hui j’ai, comme beaucoup de personnes qui sont un peu passionnées par ce qu’elles font, assez peu de temps pour faire tout ce que je voudrais faire. Je suis donc obligé de faire des choix. Et lorsque je fais un choix, je suis obligé de me dire que c’est celui qui m’intéresse et qui m’apporte quelque chose et que si je fais ça et pas autre chose, il faut que ça puisse avoir une contribution importante.

Donc du coup pouvoir s’engager personnellement en tant que chercheur dans une réflexion avec BEEZ&CO, pouvoir m’engager avec vous à travers des cours et vous donner du temps, me dire que cet engagement avec vous m’est utile et pouvoir vous demander de vous engager en vous accompagnant auprès d’une démarche plus large qu’est ce partenariat a du sens. Tout le temps que je vais passer: pour moi, même dans mon activité de chercheur, avec vous dans mon cadre d’enseignement et avec BEEZ&CO dans le cadre du partenariat me permet de contribuer à un objectif commun en dépensant plus d’énergie et en me donnant plus de chances que cet objectif aboutisse. Oui cette implication a du sens.

Souhaitez-vous ajouter quelque chose ou revenir sur un point abordé ?

Oui. Je l’ai déjà peut être un petit peu dit mais je pense que cette initiative qui débute de façon très limitée (12 étudiants) avec un engagement pas encore trop voyant a beaucoup de sens pour moi, dans ma fonction de directeur adjoint de l’Iteem. Je représente Skema Business School qui a une expertise assez forte autour des grands projets complexes mais aussi sur ce qu’on appelle le management entrepreneurial, c’est-à-dire gérer de façon plus entrepreneuriale, plus innovante. Cette expertise doit être visible et doit être reconnue et je trouve que c’est symbolique, intéressant d’utiliser la plateforme de l’Iteem qui est un programme de Skema mais un programme décentré. C’est intéressant d’aller chercher ces étudiants qui ont eux-mêmes un profil innovant, décalé, parfaitement en cohérence avec la logique de la complexité des nouveaux défis, la complexité d’innovation, du management entrepreneurial. Aller vous rechercher c’est quelque chose de symbolique et qui a du sens.

Ce partenariat est construit sur l’expertise de Skema, notamment la mienne autour du management, autour de la complexité du développement d’affaires, du management entrepreneurial. Il est construit sur un profil innovant d’ingénieur qui a une dizaine d’années. Il est temps que cette excellence commence à être reconnue sous un angle différent que sous un angle enseignement et diplôme. C’est un angle et une contribution différents et je crois profondément dans le fait que les écoles ne sont pas uniquement des pourvoyeuses de diplômés, elles sont des pourvoyeuses de valeurs ajoutées, de têtes pensantes, de jeunes professionnels qui sont déjà capables d’apporter à l’économie avant de sortir. Certains vont apporter en créant des entreprises avant d’être sortis, quel magnifique exemple ! D’autres doivent pouvoir apporter en contribuant à la réflexion et à la mise en œuvre de nouvelles pratiques dans les entreprises avant de sortir.

Finalement il est quasiment impossible de le faire si on ne le fait pas sur un mode qui ressemble à celui-là. Donc on va tester ce mode-là. Le stage c’est un autre mode. Ce mode-là est nouveau, original. C’est une nouvelle manière de promouvoir ce que Skema a envie de faire, innover dans la manière de développer les étudiants, de penser à ce qu’ils font, de construire leurs avenirs, leurs expertises. Puis s’appuyer sur un profil comme le vôtre c’est quelque chose qui a du sens et qui doit être médiatisé sous cet angle-là. Sous l’angle de ce partenariat et de cette excellence.

Arthur, Côme, Clément, Gaël

 

Tous les jours, elles créent, agissent et font avancer le monde

Nous vous avons parlé lundi de la journée de la femme digitale qui a lieu demain, jour consacré à la Femme, au niveau international.

Avec un jour d’avance par rapport au calendrier, nous avons eu envie de remettre en lumière certaines des femmes dont vous vous avons déjà parlé sur ce blog, une occasion de les (re)découvrir…

Tiffany Shlain, qui nous encourage à partager « all over the world » nos décisions et convictions,

Barbara Pagnier, qui a lancé son activité autour de la décoration et de la récup’,

Sandrine Dovergne, chargée des partenariats avec les entreprises au Colisée Théâtre de Roubaix,

Sophie Mayeux, photographe passionnée qui nous montre la « beauté » des femmes remarquables du Nord,

Florence Servan Schreiber, qui diffuse la science du bonheur,

Claire Cano, co-fondatrice de LuckyLoc où l’on vous propose de ramener des véhicules de location à leur lieu d’origine pour 1€,

Jennifer Siebel Newsom et Geena Davis, qui agissent pour changer l’image de la femme dans les médias aux Etats Unis,

Sandra Reinflet, écrivain, auteur – compositeur – interprète, photographe, voyageuse qui nous a fait le plaisir d’être notre « autre regard » lors de la 1ère Journée BEEZ&CO,

Clara Gaymard, Présidente GE France, qui a partagé avec nous son regard de dirigeant lors de la 1ère Journée BEEZ&CO

Isabelle Decoopman, Docteur en Sciences de Gestion, Professeur et Chercheur au sein de SKEMA Business School

Karin Boras, auteur de «Développement Durable, l’avenir des PME»

Aude de Thuin, créatrice entre autres du Women’s Forum for the Economy and Society et du forum Osons La France

Sandra Le Grand, créatrice de CanalCE, auteur de « Entreprendre : un peu, beaucoup, passionnément »

Isabelle Deprez, créatrice et directrice scientifique du programme « Femmes et dirigeantes » à ESCP Europe
Et nous en oublions sûrement beaucoup ! Vous avez été tellement nombreuses à nous inspirer, nous soutenir, vous investir et venir enrichir la communauté BEEZ&CO !

A toutes Merci et Bravo !

Et juste pour terminer cet article et un peu jouer notre rôle de « poil à gratter »…
Ne devrait-on pas fêter les femmes, les hommes, les êtres humains (en somme) tous les jours de l’année ? :)
C’est promis dans les 364 jours à venir, on vous parlera aussi d’hommes qui agissent, bougent et changent le monde…

L’équipe BEEZ&CO

Pourquoi le partenariat ITEEM et BEEZ&CO ? – 1er regard

Dans le cadre du partenariat entre l’ITEEM et BEEZ&CO, nous, Arthur, Clément, Côme et Gaël, quatre élèves de cinquième année de l’ITEEM, vous proposons l’interview des deux protagonistes principaux de cette collaboration, Pierre Daniel et Caroline Valent. Ils se sont prêtés au jeu en répondant à nos questions. Ce genre de partenariat, associer un projet communautaire sur des questions de réflexion stratégique sur nos organisations et leur création de valeur, est une nouveauté au sein de l’ITEEM. Il s’intègre dans les actions réalisées par La Quadrature du Cercle, que nous rejoignons par la même occasion en tant que futurs managers.
Pour commencer nous partageons avec vous les réponses de Caroline Valent à nos questions.

Qui a fait la démarche du partenariat entre l’ITEEM et BEEZ&CO ?

J’ai d’abord rencontré Pierre Daniel, car j’étais à la recherche de différentes personnes qui avaient des contenus de recherche assez poussés. J’ai connu Pierre par l’intermédiaire d’Isabelle Decoopman, tous les deux travaillant à Skema Business School. Avec Pierre, on a passé quelques moments à discuter sur le projet BEEZ&CO.  En échangeant, l’idée est venue naturellement. Pierre a trouvé intéressant de pouvoir utiliser l’ITEEM pour aider BEEZ&CO, mais surtout d’utiliser BEEZ&CO pour apporter un projet innovant dans le cadre de l’ITEEM. C’est donc plutôt Pierre qui a été à l’initiative, car il connaissait les enjeux pédagogiques qui l’intéressaient, mais c’est au final le fruit de plusieurs conversations à deux qui a donné naissance à ce projet concret.

Selon vous, qu’est-ce que les élèves de l’ITEEM peuvent apporter à BEEZ&CO?

Déjà vous pouvez apporter un œil neuf, car vous êtes une jeune génération, du haut de votre vingtaine d’années. Vous avez tout à découvrir du monde du business. Vous vous en faites une idée, un rêve, voire un fantasme. Vous avez des convictions parfois déjà bien arrêtées de jeunes adultes qui ont des croyances … donc vous avez cette capacité à challenger tous les sujets avec beaucoup de sincérité, et sans a priori. Il sera intéressant de voir comment vous allez vous approprier le projet, car vous êtes douze, donc douze sensibilités différentes. Vous allez nous challenger, créer de la controverse, interpeller, faire découvrir des choses que l’on n’avait pas vues … Parmi ceux auxquels BEEZ&CO souhaite s’adresser, il y a tous les futurs managers, donc le fait que vous participiez nous permettra de nous enrichir (mutuellement) sur « comment peuvent-ils réfléchir sur ces sujets de changement de paradigme ?»

Avec notre participation, des choses ont-elles changé depuis que nous sommes rentrés dans le projet ?

Actuellement nous sommes au début de votre participation. Il va se passer des choses dont on ne soupçonne pas toute la teneur. Vous nous avez déjà fait changer. Le fait de travailler avec douze étudiants, cela nous oblige à faire évoluer notre organisation et intégrer le groupe que vous êtes. On doit réfléchir à un plan d’action que l’on n’avait pas imaginé il y a six mois, au sein de BEEZ&CO. Il y a donc un projet dans le projet. Aussi, Pierre et moi sommes obligés de réfléchir à comment vous amener à ce que nous visualisons comme « résultat », tout en vous faisant rentrer dans le projet global.
La deuxième étape dépend de vous. Vous allez faire réagir un public de décideurs. En rentrant dans le projet, vous allez produire un autre effet. Lors de la restitution du 5 avril, tout ce que vous aurez réalisé nous sera présenté : votre recherche et documentation et les retours d’avis du panel de décideurs que vous aurez fait réagir lors des focus groupe que vous êtes en train d’organiser.  Vous aurez mûri et vous allez nous faire mûrir … Donc dans deux mois on aura encore changé, à mon avis !

Inversement, qu’est-ce que BEEZ&CO peut apporter aux élèves de l’ITEEM ?

BEEZ&CO c’est une organisation « nébuleuse », qui sort du cadre dans lequel vous vivez depuis des années, un cadre structurant, dans lequel on vous inculque une connaissance de modèles économiques et d’entreprises assez établis. Avec BEEZ&CO on vous « oblige » à travailler sur un projet qui n’est pas une entreprise, un centre de profit, une solution technique,… ça vous demande donc un effort comportemental qui fait appel à vos réflexes intellectuels et philosophiques. Je pense que l’intérêt vient de l’opportunité que chacun d’entre vous peut saisir pour pousser la réflexion, sur des sujets qui ne sont pas naturellement les vôtres. Quand, à chaud, on a échangé sur le thème Ecosystème, on s’est bien rendu compte avec Pierre que ce n’était pas forcément un élément de réflexion qui occupe vos pensées. On constate que ça vous oblige à puiser des idées qui sortent de votre quotidien et de vos préoccupations d’étudiants manager-ingénieur-entrepreneur. C’est cette ouverture qui nous intéresse, la manière de vous approprier le sujet avec audace. L’enjeu de BEEZ&CO est que chaque individu donne au thème 2013 un autre regard. Donc il n’y a pas qu’un seul angle de réflexion mais plusieurs. Cela vous oblige à travailler votre capacité de vision stratégique.

Quel est l’intérêt, la finalité de ce partenariat ?


logo bcDans l’esprit BEEZ&CO, ce qui est important est d’enclencher le mouvement. Chaque personne qui rentre dans le projet impulse quelque chose de nouveau. Même si vous n’avez pas choisi par vous-même de rejoindre le mouvement BEEZ&CO, au final vous allez contribuer à générer une réflexion et une action concrète. Ce qui nous intéresse est la façon dont vous allez vous approprier le projet BEEZ&CO et le résultat que vous nous proposerez pour l’action qui vous est demandée. Vous allez générer un processus dynamique, une nouvelle énergie, et donner un autre regard. L’intérêt du partenariat est d’associer deux visions innovantes, celles de l’ITEEM et celle de BEEZ&CO, au travers de votre implication. Avec Pierre, nous avons pensé qu’il était pertinent de concrétiser ce que BEEZ&CO veut défendre, dans un contexte étudiant, au travers d’un diplôme qui cherche à démontrer que les profils de futurs manager sont formés à l’innovation au sens complet du terme.

Ce que nous vous proposons, via l’ITEEM, c’est d’avoir des clés pour être de futurs créateurs d’entreprise, innovants, avec un regard nouveau du monde… Si vous décidiez de prendre cette voix. Nous imaginons que vous deveniez « provocateurs » de choses différentes. En associant BEEZ&CO à l’ITEEM, nous contribuons à votre ouverture dans ce sens-là, aller au delà des « carcans ». C’est un peu la même idée qu’avec vos stages à l’international … sauf que l’on n’a pas besoin de se déplacer pour développer ses idées !

Souhaitez-vous que ce partenariat perdure dans le temps ?

Oui. Chaque année on va choisir un thème. Par exemple l’écosystème, que nous traitons cette année est un thème tellement large qu’on peut tirer la réflexion pendant dix ans. Ce n’est qu’en fait un prétexte pour le décliner. Et à observer la manière dont vous appréhendez le sujet, on constate qu’à douze cerveaux on a douze approches complètement différentes. Cette diversité de pensées « réveillées-révélées » tous les ans est une belle perspective de capacité de renouveau.

Lors du bilan du 5 avril que nous partagerons ensemble, vous nous ferez part de vos recommandations pour l’année prochaine. Vous nous ferez sans doute part de vos idées, de vos conseils. Devons-nous construire le programme de la même manière ? Quelles nouvelles idées pouvons-vous retenir ? Avec Pierre nous souhaitons travailler dans la durée. On voudrait que cela « inspire », que cela donne envie à d’autres universités ou écoles. L’idée n’est pas de dupliquer un modèle unique, mais de provoquer des rencontres avec d’autres étudiants. Avec l’ITEEM, l’idée est de contribuer à mettre en avant cet enseignement innovant qui produit des profils différenciants.

Pensez-vous étendre ce partenariat avec d’autres écoles et/ou d’autres promotions de l’ITEEM ?

Pierre est plus avisé sur ce sujet.
Mon sentiment, cependant, est que la fin de votre parcours au sein de l’ITEEM semble le moment où l’on peut peut-être se permettre d’être sur ce genre de mécanique d’ouverture et de créativité, à la suite de votre stage à l’étranger en quatrième année. Mais il n’est pas idiot de réfléchir à la manière d’intégrer ce type d’opportunité de réflexions dès la première année du cursus.
Cela peut aussi donner des idées. Entreprendre ce n’est pas que créer une boîte, cela peut aussi être créer une association, un projet, car on a des convictions etc … J’ai le sentiment que pour le moment cela concernera les étudiants qui se préparent à la vie active.
Au-delà de l’ITEEM, je trouverais intéressant qu’il y ait d’autres universités/écoles qui utilisent le projet BEEZ&CO en l’adaptant à leurs objectifs pédagogiques. Le champ des possibles est ouvert !

Avec quelles finalités considéreriez-vous ce partenariat comme une réussite ?

Tout d’abord la manière dont vous allez prendre possession du projet. C’est intéressant de vous voir évoluer intellectuellement et sur le plan comportemental. Même si ce n’est qu’à la fin du programme qu’on pourra apprécier le travail réalisé. C’est avant tout l’appropriation que vous aurez individuellement et en groupe qui dessinera la réussite de cette initiative. Par exemple, la vidéo d’une minute trente que vous devez réaliser pour promouvoir ce qu’est BEEZ&CO fera apparaître ce qui vous aura marqué, touché, et intéressé pendant deux mois. Nous regarderons votre vision, votre vécu. 1 mn30 pour vous exprimer, imposer votre « patte» personnelle.

Du point de vue BEEZ&CO, ce sera réussi parce que vous nous aurez fait avancer sur le sujet de réflexion de l’année : l’écosystème.  Vous nous aurez apporté un éclairage. Vous nous aurez aidé à challenger l’approche intellectuelle que nous développons pour les Ateliers Controverses du 2 juillet.

Arthur, Clément, Côme et Gaël