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Et si vous souteniez « L’égalité en jeu » ?

Isabelle a donc « sauté le pas » et créé sa société afin de défendre ses idées et apporter, encore plus concrètement, son regard au business !
Là où elle a envie d’agir ? L’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes !
Parmi ses nombreuses actions, elle travaille à l’élaboration d’un serious game, « L’égalité en jeu »… Isabelle a déjà réuni la majeure partie de la somme nécessaire à la réalisation de cet outil novateur, mais, pour que l’enveloppe soit complète… elle lance un appel à contributions depuis la toute nouvelle plateforme de crowdfunding (dont je vous parlerai demain) : Cowfunding.

Vous avez envie d’en savoir plus ? De soutenir Isabelle ? Il vous suffit de cliquer ICI :)

Nous souhaitons une belle réussite à Isabelle dans ce beau projet dont nous ne manquerons pas de vous donner des nouvelles !

 Anne Lucie DOMANGE VISCARDI

Être entrepreneur de soi avec tous – épisode 2

Pour ce second épisode, j’ai envie de vous parler de Maxence Dhellemes que je viens d’écouter ce matin lors de son intervention dans le cadre de Lille Place Tertiaire, qui nous a expliqué (au comité intimiste, attentif que nous étions) le choix qu’il a fait pour lui-même et la manière dont il le traduit dans son projet d’entreprise.

Maxence DhellemesMaxence explique avec son cœur et ses tripes qu’il est à un moment de sa vie où il décide d’agir autrement. Il cherche à équilibrer ce qui le motorise profondément (être libre de pensée), ce qui l’inspire (l’humain) et ce qui le constitue dans son savoir-faire (ingénieur-entrepreneur) et son système de valeurs, celles des familles de l’industrie textile du Nord.

En créant un « écosystème de bienveillance », il crée une nouvelle forme d’entreprise qui, pour lui et ses comparses aussi convaincus, doit aider les entreprises à aborder la question de l’innovation par un angle différenciant, celui de l’utilité rendue à l’usager. C’est une question de bon sens bien sûr ; mais c’est aussi une question comportementale qui invite chacun à contribuer à une démarche individuelle et collective basée sur l’acceptation de l’importance de la méconnaissance. Avec humilité, une innovation doit être abordée du point de vue anthropologique, celui de l’humain qui a un besoin et non pas uniquement du point de vue business (client-fournisseur pour paraphraser Pierre Giorgini).

Maxence défend cette posture car il l’adopte pour lui-même depuis quelque temps. Comme il le précisait lors de notre première rencontre le 2 juillet, lors de La Journée BEEZ&CO, Le Business sous un autre regard, dans le cadre des Ateliers de Controverses, il vit actuellement son propre processus de changement. Il a décidé de devenir acteur de sa vie en alignant ce qui le nourrit spirituellement (le sens de sa vie) et matériellement.  Il défend ses convictions telles que : l’importance d’observer, d’imaginer, de développer sa capacité à l’enseignabilité. Il construit un équilibre entre sa vie en tant qu’individu et son entreprise.

Maxence a la particularité d’être né entrepreneur par le biais de son héritage familial. Il est donc naturellement prédestiné à « être entrepreneur de soi » au sens business pur. Pour autant il a vécu sa période de questionnement et a commencé son travail personnel de quête du projet qui le rendra réellement entrepreneur de lui-même.L'arbre humain

Si vous l’écoutez, il n’est qu’au début de son chemin et utilise son projet entrepreneurial pour être le tremplin de son projet personnel : faire de la recherche sur l’objet qui le passionne véritablement, l’homme.

Cette rencontre m’a donné envie de partager ce que Maxence a voulu nous faire comprendre ce matin, (même si l’exercice lui a demandé de rester dans un cadre, ce qu’il n’aime pas trop) : «Comment valoriser le capital humain ? », « Peut-il aider des personnes à se sentir bien ?». C’est sa définition de la bienveillance, qu’il essaye d’ailleurs d’appliquer à lui–même et à son écosystème proche. La preuve de l’efficacité opérationnelle par le vécu est la méthode de réflexion et d’action qu’il défend.

Etre entrepreneur de soi n’est pas tâche aisée pour qui que ce soit, Maxence nous le prouve. Il est un exemple inspirant pour ceux qui veulent développer leur propre projet quel que soit leur âge et leurs référents de départ.

Bon vent Maxence dans ton aventure humaine. Nous aurons sans doute l’occasion de recroiser nos chemins. Et merci pour ta sincérité !

Caroline VALENT

 

La femme entreprend – épisode 5

Pour notre dernier épisode « La femme entreprend », je vous propose de découvrir le portrait de deux Marie-Anne , représentantes de deux générations de femmes entrepreneures. Pour commencer Marie-Anne Giroult explique comment elle a choisi de devenir entrepreuneure de soi, … d’elle. Et Marie-Anne Bernasconi partage sa conviction de créer une  forme de liberté que recherche sa génération (digital native).

Pour commencer, place aux dames, je vous laisse apprécier le témoignage de Marie-Anne Giroult qui, après un parcours dans un grand groupe, décide de suivre son propre chemin et de suivre sa nouvelle ligne de vie.


Pour commencer, quel est ton parcours professionnel en quelques mots ? et l’entreprise que tu diriges ? … 
Diplômée d’une école de commerce et d’un MBA en management, j’ai un parcours de 25 ans de management en entreprise, dans le retail et l’IT. Avec une expérience concrète de gestion de changements significatifs et complexes en environnement multiculturel, j’ai choisi en 2010 de quitter le monde du salariat pour créer mon entreprise AlterDim en 2010.

J’accompagne les entreprises dans leurs transformations en développant le potentiel des collaborateurs et l’efficacité de leur mode de fonctionnement collectif, au travers de coaching individuel et collectif, de formation en management et développement personnel et d’animation d’ »assessment center ».

Pourquoi choisir d’être entrepreneure ? Est-ce différent d’être entrepreneure vis-à-vis de son entourage ou vis-à-vis de la société ? … Avant d’être entrepreneure, ma démarche était d’abord une volonté de changer d’activité et d’aligner mon activité professionnelle avec mes valeurs et mes centres d’intérêt, d’être en phase avec ce que j’étais devenue.

L’activité choisie, activité de service,  m’a naturellement amenée vers l’entrepreunariat. L’attrait était la liberté d’action et de décision, la volonté de gérer sa propre activité et de construire.

C’est forcément différent pour l’entourage d’être entrepreneure par rapport à salariée, dans la compréhension de ce que l’on fait, dans la reconnaissance, dans l’implication et dans la gestion de son temps. Cela demande d’être soutenue et encouragée par l’entourage.

Pour toi, quelles sont les clés de réussite de l’entrepreneuriat ? … Croire en son projet et le porter, savoir s’entourer, être capable de fonctionner dans un environnement d’insécurité, avoir confiance dans ses capacités et oser dépasser ses freins, persévérer et garder le cap.

Quelles sont les valeurs que tu défends en tant que chef d’entreprise ? As-tu le sentiment de réussir à les respecter  au quotidien? … Respect de soi et de l’autre, ouverture, Intégrité, loyauté, Courage…Partenariat, esprit d’équipe, partage. J’ai le sentiment de respecter ces valeurs au quotidien.

Quel regard portes-tu sur l’entrepreneuriat en France ? … C’est une forme d’activité qui se développe avec des formes nouvelles et d’autre encore à créer. De plus en plus on encourage les jeunes à créer leur propre activité et à oser se lancer pendant leurs études. Au delà de la création d’entreprise, c’est aussi une forme de responsabilisation, d’être acteur de ses choix et de sa vie.

Au delà de l’initiative individuelle, l’entrepreunariat doit être valorisé et encouragé par les pouvoirs publics plus qu’il ne l’est aujourd’hui.

Quelles recommandations souhaites-tu partager avec quelqu’un qui veut franchir le pas ? … Avoir le soutien de son entourage sur le projet et sur la durée. Bien anticiper l’aspect financier pendant la phase de lancement. Placer l’aspect commercial et prospection au cœur de ses priorités et de la gestion de son temps. Partager avec d’autres entrepreneurs, ne pas rester seul.

Toujours garder à l’esprit la motivation profonde qui nous a amené à faire ce choix, « Croire en son projet », Rester fidèle à ses valeurs.

Marie-Anne Bernasconi, elle, est une toute jeune entrepreneure. Elle défend une vision du monde actuelle et post-moderne. Elle utilise son entreprise pour devenir acteur du changement en cours.

Pour commencer, quel est ton parcours professionnel en quelques mots ? et l’entreprise que tu diriges ?

Après 1 an et demi en Chine comme développeuse commerciale et 3 ans dans une start-up innovante en charge de la construction de l’offre puis de la commercialisation, j’ai décidé de créer EstreLab. C’est une agence d’accompagnement des décideurs et entrepreneurs dont l’objectif est de faire émerger des solutions nouvelles aux problèmes concrets auxquels ils font face en cette période de crise. Nous sommes convaincus que c’est en adoptant une logique disruptive que nous trouverons des solutions aux grands enjeux actuels. Nous nous appuyons pour cela sur des méthodes d’intelligence collective open source et sur des initiatives existantes notamment provenant des économies émergées.

Pourquoi choisir d’être entrepreneure? Est-ce différent d’être entrepreneure vis-à-vis de son entourage ou tout vis-à-vis de la société ? … L’envie d’être entrepreneure date de plusieurs années durant lesquelles je souhaitais d’une part contribuer à créer de la valeur en tant qu’individu, et d’autre part tenter de résoudre des équations telles que «ressources limitées, croissance illimitées».

Ce choix de créer son emploi et de tenter de réaliser ses ambitions ne laisse pas indifférent. Certaines personnes regardent l’aspect prise de risque avant de voir cette liberté d’entreprendre.  Globalement, le fait d’être entrepreneure crée une dynamique dans l’entourage et suscite intérêt et envie de contribuer.

Pour toi, quelles sont les clés de réussite de l’entrepreneuriat ? … La persévérance dans ses convictions, le fait d’assumer son positionnement, et une forte volonté de réussir. Je pense que ces clés correspondent à ma situation actuelle de créatrice, et vont nécessairement évoluer avec la croissance de mon entreprise.

Quelles sont les valeurs que tu défends en tant que chef d’entreprise ? As- tu le sentiment de réussir à les respecter  au quotidien? … Je pense qu’au sein d’une entreprise, les relations humaines doivent être basées sur la motivation et les compétences plutôt que sur un rapport hiérarchique. Le chef d’entreprise doit être garant de la vision tout en laissant suffisamment d’espace à l’équipe pour qu’elle s’exprime et s’épanouisse dans ces projets. Il est également pour moi incontournable que l’entreprise maximise ses effets positifs sur l’humain et l’environnement. C’est sur ces valeurs que je souhaite développer mon entreprise. L’enjeux est de les respecter avec la croissance de l’activité, mais également dans le choix des clients et des projets.

Quel regard portes-tu sur l’entrepreneuriat en France ? … Entreprendre en France semble être au premier abord risqué puisqu’il faut sortir de la zone de confort liée au statut de salarié. Il y a néanmoins une aide structurée qui permet d’être conseillé dans sa stratégie et dans ses choix juridiques. Je pense que l’entrepreneuriat séduira de plus en plus les jeunes par l’espace de liberté qu’il crée, mais aussi parce qu’il permet d’inventer un emploi qui a du sens, et de renverser l’ordre établi pyramidal des grands groupes.

Quelles recommandations souhaites tu partager avec quelqu’un qui veut franchir le pas ? … Croire que tout est possible et suivre son intuition!

Avec ces deux portraits, j’achève cette première série de témoignages de femmes qui entreprennent sans hésitation en respectant ce qu’elles sont et en créant un projet de vie cohérent à leur envie de réalisation.

Si je devais retenir quelques idées fortes de ces 11 interviews  je partagerais la suivante: n’entreprenez pas par défaut , suivez vos convictions, ayez des valeurs, travaillez votre réseau, homme ou femme même combat et peut-être une manière de porter un autre regard sur le développement de nos entreprises…mais sur ce dernier point cela reste à prouver …qui sait cela pourrait faire l’objet d’un sujet de recherche.

Caroline VALENT

Quand la femme entreprend – épisode 4

Toutes deux créatives dans leur domaine d’expression, elles ont décidé depuis quelques années de vivre leurs propres aventures entrepreneuriales : Anne Lucie en défendant ses idées même si elles peuvent sembler avant-gardistes, et Sophie en quittant sa vie de salariée de grande entreprise et en s’associant à son mari.

Anne Lucie nous inspire en partageant sa vision de l’entrepreneuriat. Elle explique comment elle concilie sa croyance en l’Homme et son envie d’entreprendre.

Pour commencer, quel est ton parcours professionnel en quelques mots ? Et l’entreprise que tu diriges ? 

Après avoir été salariée pendant plus de 15 ans, j’ai créé une première entreprise dans l’agroalimentaire en 2009, puis je me suis associée pour créer une 2ème structure en 2011 dans le secteur de l’audiovisuel et enfin j’ai créé mon activité de Conseil en communication et Créativité fin 2011 et d’autres projets sont en cours …

Pourquoi choisir d’être entrepreneure ? Est-ce différent d’être entrepreneure vis-à-vis de son entourage ou vis-à-vis de la société ? … Je n’ai pas vraiment choisi, mon entourage savait depuis longtemps que je finirais par me lancer quand je ne le savais pas encore moi-même. Aujourd’hui j’aurais beaucoup de mal à être de nouveau salariée à part entière parce que je suis créatrice de ma vie et même s’il n’est pas évident de poursuivre quand on stresse de ne pas avoir de visibilité à 3 mois sur notre chiffre d’affaires, j’éprouve une liberté que je ne pourrais pas remettre en question.

Et oui, c’est différent pour l’entourage, surtout ceux qui ne sont pas dans la même situation professionnelle … On devient « chef d’entreprise », « patron » avec tout ce que cela implique dans l’inconscient collectif … Et puis on travaille quasiment tous les jours car notre affaire dépend entièrement de nous, pas facile pour la famille parfois … Enfin vis-à-vis de la société, l’image est différente, car l’entrepreneur est seul à prendre les risques avec peu de soutien … La société, l’Etat sont tout juste en train de prendre la mesure de l’importance des entrepreneurs en France …

Pour toi, quelles sont les clés de réussite de l’entrepreneuriat ? … Rester fidèle à ce que nous sommes ; même si l’idée de départ évolue, ne pas oublier notre motivation du départ… Pourquoi on a décidé d’entreprendre ? Savoir être à l’écoute de notre environnement sans forcément le laisser nous influencer, mais au moins pour prendre la « température » de ce qui nous entoure. Etre « open mind » ! Savoir s’entourer de personnes différentes et complémentaires, savoir se remettre en question quand cela est nécessaire.

Quelles sont les valeurs que tu défends en tant que chef d’entreprise ? As-tu le sentiment de réussir à les respecter  au quotidien ? … Ce que je défends c’est l’Humain, le fait que chaque individu a le droit et le devoir d’être considéré et de considérer l’autre comme une personne ayant un vrai potentiel de créativité, de réalisation, de production … Je revendique le droit à la différence, ce qui n’est pas tous les jours facile dans notre société qui a pourtant besoin de cette diversité.

Oui, j’ai de plus en plus le sentiment de respecter mes valeurs au quotidien, peut-être justement parce que je suis chef d’entreprise et que je n’ai plus à faire pour ceux qui ne veulent, ou ne peuvent, respecter les valeurs que je défends. Et je pense que cela se sent.

Quel regard portes-tu sur l’entrepreneuriat en France ? … Je trouve les entrepreneurs très courageux, surtout ceux qui ne sont soutenus par des grands groupes. En France, jusqu’à aujourd’hui (j’espère que cela changera demain), il faut être un peu fou pour oser se lancer. Ceux qui se lancent sont aujourd’hui, pour beaucoup, ceux qui ont des idées et l’entrepreneuriat est un trésor pour l’innovation et la compétitivité de la France. Le regard sur l’échec est, enfin, en train de changer en France et l’on commence à considérer qu’un entrepreneur qui n’a pas réussi sa première affaire est justement quelqu’un avec une expérience qui lui permet d’être vigilant. Ça a l’air plus facile dans d’autres pays de se lancer, d’être soutenu, d’échouer et de recommencer … Mais je considère qu’il n’y a pas de hasard quant à l’endroit où nous sommes pour mener notre action. Si je suis entrepreneuse en France c’est que là est ma mission et m’investir dans BEEZ&CO, Le business sous un autre regard donne du sens, encore plus profondément, à mon action dans ce pays.

Quelles recommandations souhaites-tu partager avec quelqu’un qui veut franchir le pas ? … Qu’il faut essayer si on en ressent le besoin plutôt que de rester avec une envie inachevée. Rencontrer d’autres entrepreneurs avant de se lancer, des « qui ont réussi » et d’autres « qui n’ont pas réussi », pour savoir, sans surprise, ce qui peut arriver. Savoir s’entourer de personnes de confiance qui pourront vous soutenir dans les moments difficiles. Avoir confiance en son potentiel sans pour autant être arrogant. Partager son envie et son expérience sur le sujet pour sentir ce que nous renvoie notre entourage, cela nous permet de mesurer, en fonction de ce que nous recevons, quand nous sommes prêts à nous lancer. Si l’on a une idée avant-gardiste, il faut savoir être prêt à attendre que la société soit prête aussi … Etre patient !

Sophie a un parcours classique et décide de s’investir dans ce qui paraît être le projet de sa vie, celui de donner du sens à ce qu’elle réalise, ce qu’elle produit … ce qu’elle nomme le travail.

Pour commencer, quel est ton parcours professionnel en quelques mots ? Et l’entreprise que tu diriges ?

J’ai fait toute ma première partie de carrière professionnelle (15 ans) dans le domaine des établissements de crédit. J’ai rempli des missions d’analyste de crédit, de chargée de recouvrement, contentieux, de chef de produit marketing, de chargée de relations presse. J’ai mené une démarche qualité, travaillé sur le passage à l’euro, mené des projets de migrations informatiques, d’adaptation des process et des organisations aux fameux accords de Bâle (ça parlera aux banquiers 😉 … Je gérais donc des projets d’assistance à maîtrise d’ouvrage en organisation et systèmes d’informations lorsque l’idée de quitter ce monde m’a titillée.
 Aujourd’hui, je dirige avec Laurent, mon époux, Sophie et Laurent Mayeux Photographies, un studio photographique qui réalise des travaux dans le domaine du corporate, de l’institutionnel et de la publicité. Cette petite entreprise, nous sommes deux, aura 10 ans l’année prochaine.

Pourquoi choisir d’être entrepreneure ?
 Est-ce différent d’être entrepreneure vis-à-vis de son entourage ou tout simple vis-à-vis de la société ? … Tout cela est le résultat d’un chemin, celui de vouloir donner du sens à son travail. Au moment où j’ai décidé de sauter le pas, dans l’entreprise dans laquelle je travaillais, j’étais en manque de sens et de liberté d’action. J’avais un peu l’impression d’étouffer et de me gâcher.

Vis-à-vis de son entourage, c’est différent car notre situation peut faire «peur», dans le sens où nous sommes en situation de risque. L’entrepreneuriat est très souvent lié à l’image de l’insécurité d’une situation financière.

La société pense souvent que l’entrepreneure est «libre» dans son rapport à l’organisation de son travail, elle peut partir en vacances quand elle veut, elle peut s’organiser comme elle veut … Cette liberté est peut‐être parfois enviée, mais je peux vous dire, qu’une entreprise, cela vous colle à la peau et au cerveau 24/24 et 7/7 !

Pour toi, quelles sont les clés de réussite de l’entrepreneuriat ? … La capacité à se remettre en question : ne pas hésiter à changer, ne pas se reposer sur ses lauriers et se demander si on ne peut pas faire mieux ou autrement. La curiosité et l’ouverture d’esprit : être ouvert au monde, savoir ce qui s’y passe, s’y dit, s’y décide est forcément inspirant. La capacité à tenir un cap : savoir où on va, ce que l’on veut devenir est indispensable et déterminant. L’innovation : je ne pense pas forcément à l’innovation technologique, mais à l’innovation des process et des modes d’organisation ; c’est à mon avis la clé actuelle de réussite.

Quelles sont les valeurs que tu défends en tant que chef d’entreprise ? As-tu le sentiment de réussir à les respecter au quotidien? … L’authenticité de notre travail, de notre comportement, pour faire naître une relation bienveillante avec nos clients. Chacun de nos travaux s’attache à remettre l’homme au centre des préoccupations. La proximité est pour nous une seconde nature. Nos parcours respectifs nous ont permis de développer écoute et empathie La collaboration pour confronter notre travail à d’autres regards, pour enrichir, faire évoluer et partager notre travail

Quel regard portes-tu sur l’entrepreneuriat en France ? … J’ai confiance dans l’entrepreneuriat en France, car je suis toujours étonnée par le nombre de personnes qui ont des projets, la multitude des structures qui les accompagnent, et cela n’est pas assez dit, ni mis en valeur. Il y existe un tas de bonnes et belles idées en France et surtout un grand nombre de gens qui les rendent concrètes par des entreprises et des emplois. Alors certes, le contexte et les conditions de l’entrepreneuriat ne sont pas roses, il ne faut les ignorer, mais il y a un moment où il faut agir. C’est ce que font tous ces entrepreneurs.

Quelles recommandations souhaites-tu partager avec quelqu’un qui veut franchir le pas ? … Bien préparer son projet, sans oublier à un moment donné de se lancer quand même ! On apprend en marchant. Ne pas (trop) écouter les «tu ne vas jamais y arriver», «ce n’est pas le moment» etc … Parce que ce n’est jamais le bon moment et il y a toujours l’exemple de quelqu’un qui s’est planté.

Il faut reconnaître que décider de tout plaquer fait quand même un peu peur, à soi, à ses proches, à sa famille. La raison revient au grand galop vous rappeler qu’il faut rembourser son crédit immobilier, assurer le budget quotidien de la famille, mais il y a un instant où le sens, les valeurs prennent le pas. C’est là que l’on bascule dans la décision, et la raison est évincée car les convictions qui sont ancrées au fond de vous sont plus fortes. La décision prise, acceptée et assumée, on met alors tout en œuvre pour réussir et prouver à sa raison qu’on a bien fait de prendre cette décision. Enfin, le soutien de l’entourage proche, mais aussi des réseaux divers.

Merci à toutes les deux. Vos témoignages sont deux exemples de réalisation de vie. On comprend bien qu’entreprendre pour vous est l’adéquation entre vos idées et le sens que vous donner en les réalisant sous la forme d’une entreprise.

Caroline VALENT

A la découverte du Ouishare Fest

Marie Anne, nous  avons fait ta connaissance par la communauté BEEZ&CO. A distance Valérie B.C. nous a connectées. Entre Nice et Lille, sur la toile, la distance n’existe plus. Nous portons chacune un autre regard sur les organisations et leur création de valeur. Nous portons un autre regard sur la manière de développer nos business. C’est ce qui t’a notamment motivée à assister et participer aux trois jours du Ouishare Fest, manifestation européenne, qui a eu lieu en mai à Paris.

Aujourd’hui sur la Globosphère BEEZ&CO, tu nous racontes ton expérience au Ouishare Fest et ce que tu en retires comme idées, projets, actions. Pour toi c’est quoi le Business sous un autre regard ?

Pour commencer, peux-tu te présenter à nos lecteurs ? … Je suis issue d’une triple formation : linguistique, management et développement durable. J’ai commencé mon parcours professionnel en Chine par du développement commercial (cafés et stands de salon), puis, de retour en France, je me suis occupée de la stratégie commerciale et marketing d’une start-up innovante en concertation avec les clients-cibles.

EstreLab est née en janvier 2013 de la volonté de contribuer, à mon échelle, à l’évolution vers un monde positif et circulaire. C’est une agence d’accompagnement des décideurs et des entrepreneurs dont l’objectif est de faire émerger des solutions nouvelles face aux problèmes concrets auxquels ils font face en cette période de crise(s).

Peux tu nous expliquer pourquoi participer à Ouishare Fest ? Quels sont les sujets qui t’intéressent ? … Participer à un festival sur l’économie collaborative était essentiel pour s’imprégner des tendances actuelles en matière de business models basés sur l’économie du partage, du don et de la fonctionnalité. Je pense que c’est dans ce type d’événements que se dessine l’entreprise de demain, qui sera perméable, adaptable et co-construite avec ses parties prenantes (crowdsourcing, crowdfundingcocréation).

Quelles sont les interventions qui t’ont le plus marquées ? pourquoi ? … De la production collaborative (FabLab) à la consommation collaborative, cette nouvelle économie est en train de réinventer l’emploi, les modes de vie et les relations entre les humains. Les intervenants ont illustré leurs propos avec des exemples du monde entier où des citoyens inventent, créent et rendent accessibles des services ou des produits : Maker FairCaronetasKozaza etc…

D’autres intervenants ont organisé des ateliers autour de l’upcycling ou de la prise de décision collective, où les participants prenaient une part active dans la découverte et la mise en pratique de techniques participatives.

Enfin un «Barcamp» a permis à ceux qui le souhaitaient d’organiser des ateliers sur les sujets qui les intéressaient et de partager les résultats en public.

Est ce qu’il y a de nouveaux sujets que tu as découverts ? … Le concept de «liquid organization» présenté par cocoon projets , une «organisation ouverte et concentrique», où les décisions sont prises collectivement et où la participation aux projets se fait par affinité et selon les compétences de chacun. La rémunération se fait également en concertation et selon le niveau d’implication perçu par soi et par le groupe. Je pense que cette forme d’organisation correspond à la fois à une structure capable de s’adapter aux environnements changeants, et à la fois à une organisation du travail souhaitée par les jeunes générations, soucieuces d’être en cohérence avec leurs visions et leurs passions.

Comment qualifierais-tu cet événement ? Quelle est son importance pour toi ? Les initiatives d’économie collaborative sont de plus en plus utilisées et connues du grand public avec le covoiturage (BlaBlaCar) et l’hébergement partagé (Couchsurfing, AirBnB). Mais les concepts et modèles de pensées qui en découlent font leur chemin très lentement : organisation horizontale, co-construction avec les parties prenantes, partage des ressources, etc… Je pense donc que cet événement inscrit dans l’histoire la transition en profondeur qui est en train de s’opérer vers une société basée davantage sur les valeurs humaines que sur les valeurs financières.

Qu’as-tu envie de partager avec nos lecteurs sur ta vision de l’économie collaborative ? … C’est par l’ouverture à ce type d’économie que nous allons résoudre les problèmes auxquels nous faisons face aujourd’hui : problèmes de sens, d’accélération des modes de vie, de changements d’habitudes de consommations rendus nécessaires par les limites des ressources naturelles. Je pense que l’économie collaborative apporte des réponses à ces enjeux, en recréant le lien perdu entre les humains, et en réinventant la solidarité tout en allégeant notre empreinte sur la planète.

Merci Marie Anne pour ton témoignage.

… à suivre

Caroline VALENT

 

L’E-CO-SYSTEME créateur de valeurs pour nos organisations ?… Le 2 juillet

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Un pari fou… 

En juin 2012, nous avions fait le pari -un peu fou-  de vous proposer La Journée BEEZ&CO-1ère édition : 6 conférences sur le thème de « La force de la relation génératrice de valeurs dans l’entreprise » .

Vos réactions, suite à l’événement, nous ont encouragées à poursuivre ce que nous avions initié. Depuis, la communauté ne cesse de grandir. Notre cercle de réflexionLa Quadrature du Cercles’est réuni pendant 10 mois pour pousser la réflexion de ce qu’est « Le Business sous un autre regard » et plus particulièrement pour construire une démarche de controverse sur le thème 2013 : l’écosystème. Notre blog, La Globosphère atteint les 300 articleset augmente son nombre de lecteurs de jour en jour.  

C’est parti… 

Le 2 juillet prochain nous vous donnons à nouveau rendez-vous pour La Journée BEEZ&CO-2ème édition, afin de regarder ensemble le business autrement.

Les invitations sont lancées. Dans 7 semaines nous vivrons à nouveau un moment privilégié, nous partagerons nos expériences et croiserons nos regards pour faire évoluer nos organisations. Nous vous attendons nombreux et de tous horizons économiques, intellectuels, universitaires, institutionnels, entrepreneuriaux.

Parce que rien ne sera jamais plus pareil. Parce que vous  êtes plus en plus nombreux à vouloir accélérer ou vivre le changement. Parce que vous êtes convaincus que la création de valeurs par nos organisations peuvent être de différentes formes. Alors réservez dès maintenant votre place en cliquant ICI !

L’équipe BEEZ&CO

NB: Si vous souhaitez nous contacter pour nous communiquer vos coordonnées afin d’être informés par email, écrivez-nous sur contact@beezandco.com :) 

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Pour en savoir plus et s’inscrire 

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Vous pouvez dés maintenant réserver votre place en cliquant ICI !

La définition BEEZ&CO du Décideur : de l’indépendant au grand dirigeant de groupe international, un décideur est un homme/une femme, concerné par les prises de décision et impliqué dans la création de valeurs de notre pays, de notre monde.

Quand la femme entreprend

A l’occasion de la semaine de l’entrepreneuriat au féminin du 13 au 18 mai en France, j’avais envie de faire réagir 11 femmes sur cette expérience qu’elles vivent au quotidien. Elles sont de profils différents, indépendantes, chefs d’entreprises ou au stade de la création. Ce sont leurs regards sur l’entrepreneuriat qui m’intéressent, leurs convictions et la manière dont elles traduisent leurs valeurs dans l’exercice de leur métier de dirigeante. Leurs témoignages sur la Globosphère est une illustration concrète sous leur angle de vision de ce qu’est « Le Business sous un autre regard », celui d’une femme accomplie dans ses différentes missions. Cette semaine nous démarrons avec Valérie et Zehira .


valerie-blanchot-courtoisJe vous laisse découvrir l’interview de Valérie Blanchot Courtois, 
polytechnicienne, docteur en sciences, basée à Nice.

Pour commencer, quel est ton parcours professionnel en quelques mots ? et l’entreprise que tu diriges ?… Si j’essaye de résumer mon parcours professionnel en une phrase, je dirais que j’ai développé en 26 ans une expertise pointue en management de l’innovation responsable, que ce soit dans un contexte de laboratoire de recherche, de grand groupe, de PME et de start-up, dans l’enseignement supérieur via mon implication dans SKEMA Business School, et dans le milieu associatif. Mon parcours se décompose en 3 grandes périodes, qui se chevauchent les unes les autres :

  • Une douzaine d’années dans la R&D et le management de la R&D ;
  • Une quinzaine d’années dans le management ;
  • Une dizaine d’années dans l’entrepreneuriat au sens large, y compris dans le milieu associatif.

J’ai fondé en 2004 Human Ventures, cabinet de conseil en management de l’innovation responsable. Human Ventures est une société de conseil et de formation dont la mission est d’aider les dirigeants d’entreprise à créer de la valeur économique, humaine et environnementale en libérant l’énergie de leurs collaborateurs.
Je fais du conseil stratégique auprès de dirigeants de business units de grands groupes, de PME, de patrons de start-up que j’aide à (re)penser leur stratégie et à identifier des relais de croissance, et à les mettre en œuvre. Je m’appuie sur un réseau d’une dizaine de consultants seniors dans des domaines connexes au mien.

Pourquoi choisir d’être entrepreneure ? Est–ce différent d’être entrepreneure vis à vis de son entourage ou vis à vis de la société ?… Le choix de l’entrepreneuriat m’est apparu comme une évidence à un moment de mon parcours professionnel. Une fenêtre d’opportunité s’est ouverte, j’ai regardé à l’extérieur via cette fenêtre, j’y ai vu un soleil masqué par une brume matinale ; j’ai à peine réfléchi et je me suis envolée … J’y suis toujours presque 10 ans plus tard. Choisir l’entrepreneuriat, c’est reconnaître que l’on a des convictions, une certaine vision du monde tel que l’on aimerait qu’il soit et une envie de tenter d’apporter sa contribution à ce monde en changement par son énergie, ses compétences, sa capacité à convaincre, à transformer l’essai dans la durée. Etre entrepreneure, c’est s’assumer et assumer sa différence. C’est accepter de ne pas être dans une case. C’est se construire, se déconstruire et se reconstruire au quotidien. C’est douter pour mieux créer. C’est donner inlassablement son énergie au service des autres, de ses clients,  et de ses parties prenantes.

Pour toi, quelles sont les clés de réussite de l’entrepreneuriat ?   « Le but, c’est le chemin » (Goethe). L’essentiel est d’avoir des convictions, de les mettre en œuvre au quotidien et de s’y tenir. Il faut voir loin, et avancer pas à pas malgré les embûches et les difficultés. Apprendre de ses échecs et toujours rebondir. La clé de la réussite de l’entrepreneuriat, c’est sans doute d’y croire suffisamment pour avancer sans relâche mais avec suffisamment de recul pour éviter de s’enliser et préserver à chaque étape son énergie vitale. Sans énergie, il n’y a pas d’entrepreneur, ni d’entrepreneure.

Quelles sont les valeurs que tu défends en tant que chef d’entreprise ? As- tu le sentiment de réussir à les respecter au quotidien? … Le respect, de soi, des autres, du monde, comme principe fondamental. L’humilité. Le droit à l’erreur, comme source d’enrichissement. Le doute, comme force vitale. L’ouverture. Le droit de tenter de transformer des rêves en réalité. La liberté de penser et d’agir.

Quel regard portes-tu sur l’entrepreneuriat en France ? … L’entrepreneuriat est essentiel à la vitalité de l’économie d’aujourd’hui et au renouveau de l’économie de demain. Or, il n’est pas assez valorisé en France. On entend encore trop « il ou elle a entrepris faute de mieux ! ». On manque crucialement de ‘role models’ en France permettant de personnaliser l’entrepreneuriat dans ses multiples facettes, et tout particulièrement de ‘role models’ féminins. Quand arriverons-nous à valoriser l’échec comme source d’apprentissage plutôt que d’ostraciser ceux qui en sont à l’origine ? La clé est dans l’éducation ; nous avons tous un rôle clé à jouer, en tant que parent, enseignant, professionnel pour accompagner la jeune génération dans la voie de la création et de l’entrepreneuriat.

Quelles recommandations souhaites-tu partager avec quelqu’un qui veut franchir le pas ? … Avant tout écouter votre ‘petite voix intérieure’ et ne pas hésiter à vous lancer quand vous sentez que le moment est venu. Avant cela, se préparer en développant votre réseau relationnel et en le cultivant. Toujours partir d’un besoin non satisfait pour lequel vous pensez pouvoir apporter une solution. Ne pas partir seul. Bien choisir ses associés car s’associer en affaires, c’est se marier professionnellement parlant. Voir grand et voir loin. Ne jamais se décourager et se faire aider par ses pairs.

Merci Valérie pour ce partage d’expérience et de sagesse.

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Voici le témoignage de Zehira Telion, diplômée d’école de commerce, jeune chef d’entreprise, basée dans la région de Valenciennes.

Pour commencer, quel est ton parcours professionnel en quelques mots ? et l’entreprise que tu diriges ?    Issue de la grande distribution puis des services aux particuliers et aux entreprises, j’ai toujours créé ou participé à la création de nouveaux postes, de nouvelles Business Units. Fille d’entrepreneur, expatriée pendant 5 ans pour créer un centre de relation client outsourceur, j’ai eu envie de CREER à nouveau pour moi, pour les clients que j’ai choisis, en mettant à disposition les savoir-faire construits pendant 15 ans dans les domaines des RH , de l’organisation et de la qualité. Ainsi, j’accompagne aujourd’hui des entreprises, dont je partage les valeurs, dans leurs problématiques de développement de compétences et organisationnel : Recrutement, Evaluation de Compétences, Formation et Définition et Mise en œuvre de leur stratégie RH, Organisationnelle et Qualité.

Pourquoi choisir d’être entrepreneure? … Pour créer de la valeur ajoutée ! Partager des savoirs, savoir-faire ! Etre libre de choisir des projets qui ont du sens au regard de mes valeurs, des valeurs des entreprises clientes.

Est–ce différent d’être entrepreneure vis à vis de son entourage ou vis à vis de la société ? … Vis-à-vis de son entourage : l’entourage qui a vécu l’aventure de l’entrepreneuriat donne le sentiment d’avoir ainsi rejoint un « groupe à part », qui a vécu une ou plusieurs expérience(s) unique(s) en leur genre. Cet entourage se montre d’un coup très apporteur de conseils, de soutien, de provocations constructives pour contribuer à faire avancer le projet. L’entourage qui ne connaît pas cette expérience, ni directement ni par le biais d’un proche, semble plein de préjugés et d’incompréhension. Les échanges autour de la vie professionnelle sont devenus moins nombreux, moins riches. Des clichés demeurent sur le chef d’entreprise « vénal »…, et d’autres sur le fait qu’une femme chef d’entreprise c’est d’abord une femme…et l’entreprise ne semble devoir être qu’un « jouet »…C’est d’ailleurs chez les autres femmes que cette perception est la plus vive…

Pour toi, quelles sont les clés de réussite de l’entrepreneuriat ? … La CONGRUENCE du projet d’entreprise et de son projet de vie : valeurs, équilibre familial : première clé pour être un chef d’entreprise épanoui, heureux, prêt à affronter les bourrasques. Pour réussir son projet ensuite : pertinence du Business Plan en amont, puis pilotage rigoureux de sa trésorerie à court, moyen et long terme. Point essentiel : se faire aider, accompagner pour préserver sa prise de recul, sa créativité. Un facteur clé pour moi : considérer le marché et les concurrents comme favorables et jouer la complémentarité tout autant que  la différenciation : mes concurrents sont avant tout des partenaires, voire des clients !

Quelles sont les valeurs que tu défends en tant que chef d’entreprise ? … Etre Soi-même ! Etre enthousiaste et loyale : c’est dans la difficulté que l’on apprend le plus, c’est dans la différence que l’on construit la tolérance !

 As-tu le sentiment de réussir à les respecter  au quotidien? … Sans problème…mais cela a un prix. Il y a des prospects avec lesquels je choisis de ne pas travailler ou de limiter le travail …c’est ma première liberté de chef d’entreprise. Je pense que c’est le fait même de faire vivre ces valeurs qui me permet de fidéliser 100% de mes clients ! Ils savent que je les ai choisis, qu’ils peuvent compter sur moi pour aller au bout de leurs problématiques, même s’ils sont « coincés » sur le plan budgétaire : nous construisons les solutions ensemble.

Quel regard portes-tu sur l’entrepreneuriat en France ? … Des idées, des concepts, nous en avons. Des structures d’aide à la création aussi…certaines plus efficaces que d’autres selon le contexte de la création, le profil de l’entrepreneur. Comme pour une prestation de service quelconque, il faut prendre le temps de définir son besoin et de sélectionner ensuite la bonne structure. Par contre, que de freins au niveau des banques pour les femmes notamment…: pas besoin de financer un BFR, notamment s’il est lié à la rémunération de la dirigeante : son conjoint fera « bouillir la marmite » !! Autre point sur le financement des entreprises, la mise en place de la BPI gèle aujourd’hui tous les dispositifs publics ou parapublics de contre-garanties, comment permettre dans ces conditions de poursuivre le développement de l’entrepreunariat ?

Bref, si des structures d’aide existent, le nerf de la guerre que constitue le financement des entreprises me semble encore extrêmement complexe à gérer et donc peu favorable au développement d’une vraie culture entrepreneuriale en France. La volonté politique est-elle là véritablement ?

La France me semble être un terrain peu propice à l’entrepreneuriat dans sa culture même. L’aventure est souvent vue comme trop risquée, trop lourde en investissement temps….Un conseil de lecture : « Capitalisme et Protestantisme » de Max Weber.. : permettra de mesurer toute la différence culturelle entre les USA et la France sur le sujet!

L’entrepreneuriat au féminin, un petit constat : les femmes ont également du mal à se mobiliser pour construire leur réseau et perdent ainsi en visibilité sur le marché. Elles perdent aussi, je pense, en échanges qui leur permettraient de donner d’autres dimensions à leurs entreprises.

Quelles recommandations souhaites-tu partager avec quelqu’un qui veut franchir le pas ?

  1. Définir son projet de vie puis son projet d’entreprise
  2. Se faire accompagner
  3. OSER !

Zehira, merci pour cette sincérité et ce partage de convictions.

A la lecture de ces deux interviews, vous aurez noté que Valérie et Zehira sont des femmes engagées et qui assument leurs propos avec le souci de transmettre des valeurs de vie et de partager leurs opinions. Merci à vous deux, j’ai pris beaucoup de plaisir à vous lire.

Caroline VALENT

Faire le pari d’un média « neuf »…

C’était annoncé depuis quelque temps et, comme promis, à 18 heures, hier, le 14 mai 2013, naissait sur la toile un nouveau média : L’Opinion.

Un pari fou, comme l’annonce son directeur de rédaction Nicolas Beytout, celui de donner vie à un nouveau média, numérique certes, mais qui existera aussi sur papier, et ce de façon quotidienne ! Vous pouvez, en effet, dès aujourd’hui, vous procurer L’Opinion en kiosque, tout en ayant la possibilité de le suivre sur le web et via les applications dédiées.

Mais qu’est-ce qui motive l’équipe de l’Opinion à oser sortir un quotidien de plus, même si celui-ci est aussi  « en ligne », à l’heure où depuis des mois, voire des années, la presse traditionnelle se bat pour rester en vie, en intégrant justement les « nouvelles technologies » et l’usage de la vidéo au format papier traditionnel ?

editoLa crise de la presse, la crise tout court, est bien présente, et Nicolas Beytout ne la nie pas, au contraire. Dans son édito, il liste avec précision pourquoi tout s’est écroulé dans le secteur «  de la presse » : la baisse des recettes publicitaires, l’arrivée du digital, du « tout gratuit », de la « démocratisation de l’écrit », qui permet à tout un chacun de devenir « diffuseur d’informations et d’opinions ».

« Est-ce une raison pour se résoudre au déclin ? » nous demande t-il… Non, car, pour Nicolas Beytout, pour l’instant, tous ces changements de comportement, ces crises, n’ont pas encore débouché sur la création nouveau modèle qui soit durable.

abonnement-offres-introL’ambition de L’Opinion ? Devenir un îlot de prospérité dans l’océan d’informations. Comment ? En étant un média d’opinion, engagé et ouvert, qui sera libéral, pro-business, européen. Voilà des mots forts de sens, que Nicolas Beytout prend la peine de nous expliquer, afin qu’il n’y ait pas méprise sur leurs intentions : « C’est un positionnement qui ne va pas de soi : lorsqu’on dit «libéral», le Français qui entend mal comprend souvent «ultra-libéral». Non : on peut être libéral sans être ultra, faire confiance au marché et à l’individu sans rejeter en bloc l’Etat et la puissance publique, défendre la liberté de créer sans pour autant nier la nécessité de la régulation. Avoir une ligne «pro-business», c’est défendre l’idée que l’entreprise est le meilleur lieu pour produire la richesse et la faire partager, et qu’il revient à l’Etat de bâtir autour de l’entreprise un contexte favorable à son développement et à la création d’emplois. Etre «européen», c’est croire que l’avenir d’un pays comme le nôtre passe par un changement d’échelle, et que l’Europe nous offre la meilleure chance d’y parvenir. »

Un média qui défend « la liberté de créer », le fait que « l’entreprise » soit considérée comme nécessaire à la construction d’un avenir pérenne et européen… ne pouvaient que nous interpeller au moins sur la démarche « audacieuse » de revendiquer de faire les choses « autrement »… Même si la première réaction est de se demander, comme l’ont fait bon nombre des personnes que les créateurs du journal ont rencontrées pour construire ce projet, ce qu’il y a vraiment de différent ?

Le fait de revendiquer ses opinions, ses convictions, suffira-t-il au journal pour sortir du lot, alors d’autres le font déjà ? Le fait de proposer « une information sélectionnée, hiérarchisée, éditée, mise en forme et en perspective » veut-il dire que les autres médias, parfois centenaires, ne savent pas le faire ? « Allier l’audience et les coûts serrés d’Internet à la puissance du papier » sera-t-il suffisant ?

« Créer mon entreprise, mettre à profit mes expériences de journaliste et de manager, inventer sans cadre imposé un nouveau modèle… » tel est le défi que s’est lancé Nicolas Beytout, et c’est la raison pour laquelle j’ai trouvé la démarche « interpellante ».

Je découvrirai dans les jours prochains si les opinions de l’Opinion sont aussi les miennes, ou si ce n’est pas le cas, si elles apportent une dimension différente, susceptible de m’interpeller… Quoi qu’il en soit, je souhaite à toute cette équipe audacieuse une belle aventure pleine de succès et de qualité, comme elle s’y engage.

Et c’est en compagnie de Nicolas Beytout que je vous laisse… L’Opinion: le projet présenté par Nicolas Beytout par Lopinionfr

 Anne Lucie DOMANGE VISCARDI

Ma petite entreprise ne connaît pas la crise

Mon sujet est moins la chanson que nous fredonnait de sa voix inégalable Bashung, mais plus l’entrepreneuriat. Nous avons vécu une semaine d’entre deux, celle du passage d’avril en mai, hésitant entre la chaleur du soleil et le froid de l’air, entre la  célébration de la fête du travail et la médiatisation des Assises de l’entrepreneuriat. Aujourd’hui en plein mois de mai, cumulant déjà 3 jours fériés, nous entamons une semaine entière de jours travaillés et qui sera dédiée à l’entrepreneuriat au travers de manifestations  et d’actions menées partout en France.

Le mot entrepreneuriat circule de plus en plus sur les ondes radio, TV et numériques en France comme si c’était un mot nouveau du dictionnaire. Il provoque la controverse entre les personnes convaincues traditionnellement que notre pays est en opposition entre patrons et salariés, et d’autres qui savent que le monde dans lequel nous vivons n’est plus le même. C’est un monde actuel qui invite à repositionner certaines convictions forgées à une époque désormais révolue. Nous sommes au XXIème siècle. Il est la fin d’un long cycle dans lequel nous avons progressé à tous niveaux. Il est l’aboutissement d’une civilisation occidentale issue européenne qui a créé son modèle et l’a imposé. Nous sommes au début d’un nouveau cycle de la réalité duquel nous avons plus ou moins conscience, qui redistribue les cartes et la manière de les jouer (mondialisation et croissance exponentielle de pays hier listés comme émergents, révolution digitale, raréfaction de nos ressources naturelles).

D’un point de vue micro, l’entrepreneuriat est un des phénomènes issus de ce changement d’époque, que je me plais à appeler révolution ou plutôt « Rêv-olution » dans le monde du travail et de l’éducation. La preuve en est, avec différents exemples que j’ai envie de partager avec vous.

195759_370553499691379_398094627_nLe mouvement des pigeons a éveillé et réveillé la communauté des entrepreneurs et son environnement en créant un mouvement amplificateur sur internet, en particulier twitter. Car quand nous sommes entrepreneurs, ce qui est mon cas, il est commun de devoir se justifier de ce « statut » en France. Il est encore perçu comme exclusif à une minorité qui ose quitter le système salarial, très risqué, en opposition au confort auquel on s’est habitué. Cependant j’ai à cœur de croire que les mentalités évoluent et que les bonnes questions commencent à se poser.  Et c’est une prise de parole comme celle de Patrick Robin (@robin24H00) qui invite à développer notre esprit critique et réfléchir à l’importance de l’entrepreneuriat pour notre société ; et comment se positionner soi-même dans son parcours professionnel.

Patrick Robin invite les lecteurs à lire  « Générations Pigeons » d’Olivier Jay et de Jean-David ChamborédonVoici quelques passages sélectionnés de la dernière lettre ouverte de Patrick Robin sur Le Point le 22 avril à la sortie de ce livre:

« Quand 56 % des Français pensent que l’essentiel des problèmes de la France vient des « patrons », il me semble que ce livre (avec quelques autres) devrait faire partie des lectures recommandées dans toutes les écoles, par prosélytisme, bien sûr, mais plus encore pour commencer à réconcilier les Français avec leurs entrepreneurs qui sont aussi, parfois, leurs « patrons » – osons ce mot qui claque trop souvent comme une insulte depuis quelque temps. « 

« Je ne puis que conseiller à tous de lire Génération pigeons – la totalité des droits d’auteurs de Jean-David Chamborédon ira à l’association « 100 000 entrepreneurs » de Philippe Hayat qui fait un travail remarquable dans les écoles pour faire découvrir le monde de l’entrepreneuriat aux collégiens et lycéens. Quand vous l’aurez lu, j’ai une petite idée à vous soumettre. Envoyez votre livre à votre député avec une petite dédicace ou votre propre témoignage. Si cela permettait à quelques-uns de mieux comprendre ce qui s’est vraiment joué cet automne et à quel point il y a urgence à rectifier les erreurs du passé, alors dans quelques années nous pourrions bien tous participer à l’écriture d’un autre ouvrage, qui, celui-ci, raconterait comment la France a su « pivoter » pour enfin retrouver le chemin de la réussite. Nous pourrions alors enfin quitter le registre des volatiles et intituler ce nouveau tome Génération champions ! « 

Pour moi c’est une hymne à L’entrepreneuriat…Entrepreneuriat,  je t’aime

logo-60000-rebonds-300x135L’association « 60000 Rebonds » lance un pavé dans la mare, en créant un mouvement autour de ceux qui osent créer et pour qui l’expérience n’est pas toujours un succès. Comme l’association le précise sur leur site.

« 60.000 : c’est le nombre d’entreprises qui déposent en moyenne le bilan chaque année en France. Un échec entrepreneurial d’autant plus mal vécu par les entrepreneurs que la société leur renvoie encore l’image balzacienne éculée du failli. Difficile de se faire prêter 2.000 euros par une banque quand votre entreprise a déposé le bilan et que la Banque de France vous attribue la terrible note « 040″ en tant que dirigeant d’entreprise.»

Rien ne prédestine à entreprendre. Entreprendre est un choix, un engagement, une prise de risque qu’on assume quelque soit son résultat. C’est une expérience qu’on n’apprend pas dans les livres. C’est une question de vécu. Entreprendre c’est aussi un réflexe qui se forge avec le temps dans l’exercice de l’entrepreneuriat. On peut nous donner des techniques, mais sans la pratique il sera difficile d’être crédible. La première étape dans ce processus d’apprentissage c’est de se lancer. C’est pour cela qu’aider ceux qui bénéficient de cette expérience est précieux car leur courbe d’expérience est selon moi le terreau  de la dynamique de développement d’un pays.

L’entrepreneuriat n’est pas une question de connaissance mais de savoir-être. C’est ce que revendique l’école de commerce Kedge, qui refuse de donner des cours d’entrepreneuriat. C’est  une démarche pertinente à mon sens qui oblige à chercher l’excellence par l’action et l’implication et non pas par une bonne note à un QCM. Je préfère des initiatives telles que LEPA « Entreprendre pour apprendre« . Le principe d’éducation est de créer une pépinière d’entrepreneurs dès le primaire. Aujourd’hui, 14 mai, a lieu le salon régional des mini-entreprises à Lille. Les différentes équipes de collégiens et lycéens vont soutenir leurs projets face à des chefs d’entreprise et entrepreneurs  pendant cette journée.

Les idées fusent, les concepts sont défendus et parfois l’un d’entre eux sort du lot et émerge aux yeux du public, tel que la mini-entreprise Ecokannette qui est passé au JT de 20H sur TF1 en avril. Comme aime à le préciser l’EPA, « François Hollande annonce que l’entrepreneuriat va faire son entrée dans le cursus scolaire de la 6ème à la Terminale !  L’équipe d’EPA est prête à relever le défi !!!! »

L’entrepreneuriat gagne à être mieux connu… Source de créativité, de développement de projets, générateur d’économie et d’emplois, il est un moyen pour chacun de faire des choix et de s’engager dans sa vie. Choisir d’entreprendre, c’est choisir d’agir et non pas d’appliquer une technique toute faite. Entreprendre c’est savoir utiliser ses connaissances dans un contexte réel. Cela demande ouverture, audace, créativité, implication, beaucoup de travail  et de la chance. Entreprendre, c’est Créer des réflexes issus de son propre vécu.

Entreprendre, c’est être Entrepreneur de soi.

Caroline VALENT

Ouishare Fest évènement européen à Paris


Ouishare FestPour la première fois, un salon dédié à l’économie collaborative en Europe, le Ouishare Fest. Trois jours (2, 3 et 4 mai 2013) pour discuter et partager ses connaissances, ses expériences et surtout les projets d’économie collaborative. Une grande foire à l’échange, ouverte aux professionnels et au public.

A l’initiative, une communauté Ouishare co-fondée par Antonin Lenard (@Antolenard) qui est venu à Lille partager son histoire lors du Ted Saint Sauveur Square. Je vous laisse découvrir son intervention en vidéo.

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Nous (la communauté BEEZ&CO) avons une réelle conviction de l’importance de cette nouvelle économie dans le monde. Anne Lucie a déjà écrit un certain nombre d’articles sur la Globosphère qui expliquent et mettent en avant des exemples concrets de projets d’entreprises. C’est un autre regard sur la manière de développer un business, bref de créer de la valeur sous une forme d’organisation adaptée. C’est une réelle innovation de nos modèles économiques qui fait appel au bon sens, à l’utilité et la créativité. L’objectif n’est pas de créer une «économie financière» mais de créer une «économie humaine». C’est avant tout une réelle révolution comportementale, inspirée de pays émergents qui, depuis longtemps, savent mieux que les occidentaux trouver des solutions pour que chacun puisse développer son bien individuel et contribuer au bien collectif : trouver de la ressource là où on considère dans un modèle 100% capitaliste qu’il n’y a pas de potentiel.


économie collaborative

Arnaud Poissonnier, originaire d’Ambleteuse, comme il aime à le rappeler quand il revient dans le Nord, nous explique très bien ce qu’est le crowdfunding, une des formes d’économie collaborative.

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Cette économie existe et se développe sur des principes fondamentaux de fonctionnement en écosystème : un modèle d’organisation, de création de valeurs autour du «  CO ».

L’E-CO-SYSTEME, tel que nous l’avons réécrit en le transgressant, est le thème 2013 choisi par La Quadrature du Cercle pour pousser la réflexion et inviter à la controverse de sa propre organisation. Après le Ouishare Fest, à qui nous souhaitons le plus grand succès, retenez sur vos agendas « La Journée BEEZ&CO, Le Business sous un autre regard »  le 2 juillet à Lille.

Pour résumer, deviens ce que tu es, tu développeras un jour une économie collaborative.

Caroline VALENT