Rencontre débat à l’ITEEM #4

Innovation, why, how and who ?

A voir sur SlideShare : les grands axes présentés lors de la rencontre, ainsi que le compte-rendu détaillé de celle-ci.

On assiste à une rupture dans le business actuel. Les étudiants, décideurs de demain, sont les acteurs de ce changement. C’est dans cette optique qu’un partenariat entre l’Iteem et BEEZ&CO a été créé. A ce titre j’ai pu assister à un débat sur l’innovation organisé par des étudiants de 5ème année ; cette rencontre entre 8 étudiants et 6 décideurs a été très riche. Elle nous a amené à démystifier l’innovation et à trouver des leviers sur lesquels les employés peuvent s’appuyer pour la manager.

L’innovation est un terme assez vague, très à la mode.

Les invités ont précisé qu’elle peut s’exprimer de manière différente : produits, process, manageriale, services… Il est vrai qu’innover pour une start-up en création (comme ColisWeb avec Rémi Lengaigne) ou pour un groupe (Oxylane, Benoit Faure), ne se fait pas de la même manière. Il est primordial de définir à qui l’innovation va servir, sans oublier le relationnel c’est-à-dire le client final, ce que craignait Corinne Coppin (CCookie, efficacité commerciale).

Mais pourquoi innover ? Leonore Heemsterk, qui a travaillé sur le projet du Louvre Lens, répondrait que l’innovation était nécessaire pour changer l’expérience des visiteurs. Pour Oxylane, innover est une stratégie-produit qui permet de faire connaitre une marque et de lui donner du crédit. Innover permet aussi de créer des barrières à l’entrée pour les concurrents ou de se positionner sur un marché de niche…
On l’a bien compris : innover devient indispensable. Le challenge reste d’innover quand tout va bien et non quand on se rend compte que quelque chose ne tourne pas rond. Cela dit, il ne faut pas forcer l’innovation : elle doit être spontanée et partir d’un constat.

L’innovation doit être spontanée mais elle ne tombe pas du ciel non plus ! Elle se fait grâce à un transfert de compétences, le plus souvent en utilisant et modifiant intelligemment quelque chose d’existant. L’innovation est dans ce cas une amélioration. Cependant, on a de plus en plus affaire à une innovation changement (on envisage la solution finale sans connaitre le chemin à parcourir) ou à une innovation rupture (on ne connait ni la solution ni le chemin). Lors du débat, les avis étaient partagés, certains étaient plus en faveur de l’amélioration que des changements importants et risqués. Ces différences de points de vue sont sûrement à mettre en relation avec une perception très différente par rapport à l’information (qui est maintenant immédiate et rapide).
Une constatation a été faite à l’unanimité : innover est avant tout une affaire sociale.

Quelle que soit l’innovation, et pas seulement pour « l’innovation à la Steeve Jobs » (comme l’a précisé Baptiste Vandenberghe), il est primordial que tous les collaborateurs se sentent impliqués. L’innovation est une co-création. Grâce aux nombreux témoignages, j’ai pu imaginer une liste de 10 bonnes pratiques de management de l’innovation :

– Communiquer sur la valeur ajoutée de l’innovation et sur la vision de l’entreprise

–  S’assurer que tous les employés ont compris et assimilé la VA = considérer les collaborateurs

– Se mettre à la place des gens (empathie)

– Faire participer toute l’échelle opérationnelle et s’appuyer sur les leaders (relai)

– Développer et mettre à profit la passion

– Commencer par un déploiement test (pilote)

– Toujours être respectueux de ce qui est fait

– Donner les moyens

– Rassurer et gérer les peurs (innover = changer pour mieux)

– Donner des perspectives d’évolution (responsabilités, carrières …)

Bien sûr, cette liste est non exhaustive et mériterait d’être adaptée à chaque projet d’innovation. On retiendra que l’innovation est portée par tous les employés d’une entreprise. La réussite d’un projet ne dépend, ni de sa pertinence ni de sa faisabilité, mais bien de l’adhésion de l’ensemble des collaborateurs.

 

Claire Leprévost, Etudiante en 5ème année à l’Iteem