Osez le changement

Les vacances sont l’occasion de vivre au ralenti : prendre le temps, découvrir de nouveaux horizons, s’acclimater à une nouvelle culture … Pour moi, c’est aussi le meilleur moment pour lire et réfléchir à de « vrais » sujets. C’est tellement plus facile de le faire, quand on n’est pas emporté dans le tourbillon de la vie : le « temps de cerveau disponible » est à son optimum !

L’été dernier, mon compagnon fut le livre de Chip et Dan Heath, Switch: How to change things when change is hard, à propos du changement et des obstacles qu’il rencontre bien souvent. Malgré les bonnes volontés, en effet, nombreux sont celles et ceux qui résistent au changement. Et pourtant, dans le monde actuel, il est nécessaire !

(Si vous préférez lire en VF, il faudra demander Switch, osez le changement à votre libraire préféré)

Les auteurs utilisent une image très simple pour comprendre les freins au changement : un éléphant et son cornac. L’éléphant représente les émotions (la peur, le découragement, l’anxiété…) et le cornac, la raison (la méthode, les connaissances…). Le changement, c’est faire avancer l’éléphant sur un chemin. Si le cornac n’utilise pas la bonne méthode, alors l’éléphant refusera d’avancer et le changement sera impossible. Je trouve l’image d’autant plus intéressante que l’éléphant est bien plus fort que son cornac, et qu’il faut donc parfois faire preuve de « ruse » et de créativité pour l’amener à bouger dans la bonne direction !

Pour réussir le changement, 3 étapes sont nécessaires :

1. Donner une direction précise au cornac, avec des objectifs accessibles, et diviser le chemin à parcourir en petites étapes. S’il sait précisément où il va et comment y aller, le cornac sera plus efficace pour diriger l’éléphant.

2. Motiver l’éléphant pour lui donner envie d’avancer sur le chemin : faire émerger des émotions positives, faire comprendre pourquoi c’est ce chemin qu’il faut prendre et pas un autre, multiplier les petites victoires pour encourager. Le travail du cornac sera en effet plus aisé si l’éléphant coopère avec lui.

3. Offrir au cornac la possibilité de modifier le chemin : rendre l’environnement plus propice à sa progression, créer des habitudes pour qu’il passe en mode « pilote automatique » ou encore rejoindre un troupeau qui va dans la même direction. L’éléphant et le cornac progresseront plus vite s’ils peuvent « customiser » un peu leur chemin.

Je vous laisse imaginer les applications que cela peut avoir en entreprise… Elles sont multiples, bien sûr, et le livre regorge d’exemples très concrets et très pédagogiques sur la façon dont tous ces mécanismes fonctionnent.

Un exemple ? Ce responsable des achats d’une grande société américaine, qui a créé une véritable « exposition » – comme dans un musée – avec toutes les sortes de gants commandés dans chacune de ses usines, ainsi que leur prix (qui variaient bien sûr énormément) pour montrer à quelle point leur stratégie d’achat devait évoluer … Tout simplement brillant !

Une fois n’est pas coutume, j’ai mis quelques livres très intéressants dans mes valises pour les vacances, et je serai ravie de revenir vous raconter tout ça en septembre !
En attendant, je vous souhaite un excellent été … Et de belles lectures :)

Loren ARMBRUST