Sludging, couchsurfing, amap, slow wear, home testing… Parlez-vous Nouvelle conso ?

Sous le double effet de l’internet et de la crise du pouvoir d’achat, les comportements de consommation se transforment depuis plusieurs années. Et le phénomène semble s’accélérer. Jugez plutôt !

Le consommateur de crise un grand créatif

Les sociologues nous le disent mais on le constate concrètement dans tous les domaines de la vie, le consommateur d’aujourd’hui est un malin qui passe son temps à inventer de nouvelles manières de consommer. Le plus souvent, des noms venus d’Outre-Atlantique sont donnés à ces nouveautés.

Faisons un test. Savez-vous à quoi correspondent les termes suivants : circuit court, amap, sobriété volontaire, home testing, collaborative shopping, woofing, buycott,  … ? Savez-vous qui sont les greeters, les locavores, les flexitariens, les ginks, les lohas,  les couchsurfeurs, ... Arrêtons là !

Cette incroyable floraison de nouveaux termes reflète un bouillonnement inventif marqué par quelques points communs : une des valeurs clés qui se retrouvent dans la «nouvelle conso», c’est sa dimension collective, directe, solidaire, voire généreuse.  On consomme avec sa tribu, avec ses proches, avec ceux qui partagent nos valeurs. Ce qui compte, c’est de disposer des biens, quitte à les partager, pas d’en être propriétaires. Que l’on parle de buycott, de carrotmob, de covoiturage, d’autopartage, de cohabitat, de jardins partagés, le consommateur trouve son pouvoir dans l’action collective. Car finalement, il s’agit bien de ça : d’exprimer des convictions via ses achats.

Une consommation partagée, plus directe, plus locale

Le consommateur du 21ème siècle est tout sauf un mouton.  Il choisit, il réfléchit et il agit. Les circuits courts qui évitent la distribution classique et les marchands ont sa faveur : c’est ce qui explique en partie le succès des Amap ou encore de la consommation collaborative entre les particuliers sur consoGlobe  et ailleurs (le don, la location, le troc,  la vente, le prêt, l’entraide). Bien sûr, le souci de préserver l’environnement est déterminant mais c’est, soyons honnête, le côté « bon plan, bonnes affaires » qui explique le phénomène.  D’où d’ailleurs le succès des promotions locales et groupées (que Groupon ne fait que réinventer).

Une prise de pouvoir par l’action directe

Le home testing consiste à ne pas faire confiance aux discours commerciaux, pour tester soi-même chez soi les produits ou services avec des outils de pro.

Il est un signe de l’utilisation des technologies et du net pour voter avec son porte-monnaie : le buycott et les carrotmobs, sont le contraire du boycott. Il vise à récompenser, à encourager les marques qu’on juge vertueuses.

Mais le consommateur n’est pas qu’un opportuniste, c’est aussi un citoyen hédoniste à la recherche de plus d’authenticité. Le mouvement « no-logo » (refus des marques) ou le mouvement Slow (slow food, slow wear, slow travel, slow wear, et même bientôt slow cosmétiques) marquent une envie profonde de « vrai », un rejet du gaspillage et un épidermique réflexe anti bling-bling.

Pour certains, cela va jusqu’à adopter la décroissance ou la sobriété volontaire pour marquer son refus de l’obsolescence absurde et programmée des objets de notre quotidien. Avec la conviction que les « 4 R » suffisent à notre bonheur consumériste (Récupérer, Recycler, Réparer, Réutiliser).

Le succès du DIY, ou fait maison et même des trucs de grand-mère, concrétise au quotidien une consommation circulaire, non marchande, bonne pour la nature et notre budget, justifiant l’appellation donnée au phénomène, le Cradle-to-cradle.

Et vous ? Avez-vous envie de woofer ou de sludger ou de greeter un couchsurfeur, de buycotter une marque éthique et participer à une carrottmob, de montrer que vous êtes un flexitarien décroissant qui achète dans une amap, de fabriquer votre propre crème de soin, de louer, prêter, échanger avec d’autres consomm’acteurs ? Bref,  êtes-vous prêt à changer le monde avec votre carte bleue ?

Jean-Marie BOUCHER

Retrouvez aussi les explications de tous ces termes sur le site Consoglobe.