Ma petite entreprise ne connaît pas la crise

Mon sujet est moins la chanson que nous fredonnait de sa voix inégalable Bashung, mais plus l’entrepreneuriat. Nous avons vécu une semaine d’entre deux, celle du passage d’avril en mai, hésitant entre la chaleur du soleil et le froid de l’air, entre la  célébration de la fête du travail et la médiatisation des Assises de l’entrepreneuriat. Aujourd’hui en plein mois de mai, cumulant déjà 3 jours fériés, nous entamons une semaine entière de jours travaillés et qui sera dédiée à l’entrepreneuriat au travers de manifestations  et d’actions menées partout en France.

Le mot entrepreneuriat circule de plus en plus sur les ondes radio, TV et numériques en France comme si c’était un mot nouveau du dictionnaire. Il provoque la controverse entre les personnes convaincues traditionnellement que notre pays est en opposition entre patrons et salariés, et d’autres qui savent que le monde dans lequel nous vivons n’est plus le même. C’est un monde actuel qui invite à repositionner certaines convictions forgées à une époque désormais révolue. Nous sommes au XXIème siècle. Il est la fin d’un long cycle dans lequel nous avons progressé à tous niveaux. Il est l’aboutissement d’une civilisation occidentale issue européenne qui a créé son modèle et l’a imposé. Nous sommes au début d’un nouveau cycle de la réalité duquel nous avons plus ou moins conscience, qui redistribue les cartes et la manière de les jouer (mondialisation et croissance exponentielle de pays hier listés comme émergents, révolution digitale, raréfaction de nos ressources naturelles).

D’un point de vue micro, l’entrepreneuriat est un des phénomènes issus de ce changement d’époque, que je me plais à appeler révolution ou plutôt « Rêv-olution » dans le monde du travail et de l’éducation. La preuve en est, avec différents exemples que j’ai envie de partager avec vous.

195759_370553499691379_398094627_nLe mouvement des pigeons a éveillé et réveillé la communauté des entrepreneurs et son environnement en créant un mouvement amplificateur sur internet, en particulier twitter. Car quand nous sommes entrepreneurs, ce qui est mon cas, il est commun de devoir se justifier de ce « statut » en France. Il est encore perçu comme exclusif à une minorité qui ose quitter le système salarial, très risqué, en opposition au confort auquel on s’est habitué. Cependant j’ai à cœur de croire que les mentalités évoluent et que les bonnes questions commencent à se poser.  Et c’est une prise de parole comme celle de Patrick Robin (@robin24H00) qui invite à développer notre esprit critique et réfléchir à l’importance de l’entrepreneuriat pour notre société ; et comment se positionner soi-même dans son parcours professionnel.

Patrick Robin invite les lecteurs à lire  « Générations Pigeons » d’Olivier Jay et de Jean-David ChamborédonVoici quelques passages sélectionnés de la dernière lettre ouverte de Patrick Robin sur Le Point le 22 avril à la sortie de ce livre:

« Quand 56 % des Français pensent que l’essentiel des problèmes de la France vient des « patrons », il me semble que ce livre (avec quelques autres) devrait faire partie des lectures recommandées dans toutes les écoles, par prosélytisme, bien sûr, mais plus encore pour commencer à réconcilier les Français avec leurs entrepreneurs qui sont aussi, parfois, leurs « patrons » – osons ce mot qui claque trop souvent comme une insulte depuis quelque temps. « 

« Je ne puis que conseiller à tous de lire Génération pigeons – la totalité des droits d’auteurs de Jean-David Chamborédon ira à l’association « 100 000 entrepreneurs » de Philippe Hayat qui fait un travail remarquable dans les écoles pour faire découvrir le monde de l’entrepreneuriat aux collégiens et lycéens. Quand vous l’aurez lu, j’ai une petite idée à vous soumettre. Envoyez votre livre à votre député avec une petite dédicace ou votre propre témoignage. Si cela permettait à quelques-uns de mieux comprendre ce qui s’est vraiment joué cet automne et à quel point il y a urgence à rectifier les erreurs du passé, alors dans quelques années nous pourrions bien tous participer à l’écriture d’un autre ouvrage, qui, celui-ci, raconterait comment la France a su « pivoter » pour enfin retrouver le chemin de la réussite. Nous pourrions alors enfin quitter le registre des volatiles et intituler ce nouveau tome Génération champions ! « 

Pour moi c’est une hymne à L’entrepreneuriat…Entrepreneuriat,  je t’aime

logo-60000-rebonds-300x135L’association « 60000 Rebonds » lance un pavé dans la mare, en créant un mouvement autour de ceux qui osent créer et pour qui l’expérience n’est pas toujours un succès. Comme l’association le précise sur leur site.

« 60.000 : c’est le nombre d’entreprises qui déposent en moyenne le bilan chaque année en France. Un échec entrepreneurial d’autant plus mal vécu par les entrepreneurs que la société leur renvoie encore l’image balzacienne éculée du failli. Difficile de se faire prêter 2.000 euros par une banque quand votre entreprise a déposé le bilan et que la Banque de France vous attribue la terrible note « 040″ en tant que dirigeant d’entreprise.»

Rien ne prédestine à entreprendre. Entreprendre est un choix, un engagement, une prise de risque qu’on assume quelque soit son résultat. C’est une expérience qu’on n’apprend pas dans les livres. C’est une question de vécu. Entreprendre c’est aussi un réflexe qui se forge avec le temps dans l’exercice de l’entrepreneuriat. On peut nous donner des techniques, mais sans la pratique il sera difficile d’être crédible. La première étape dans ce processus d’apprentissage c’est de se lancer. C’est pour cela qu’aider ceux qui bénéficient de cette expérience est précieux car leur courbe d’expérience est selon moi le terreau  de la dynamique de développement d’un pays.

L’entrepreneuriat n’est pas une question de connaissance mais de savoir-être. C’est ce que revendique l’école de commerce Kedge, qui refuse de donner des cours d’entrepreneuriat. C’est  une démarche pertinente à mon sens qui oblige à chercher l’excellence par l’action et l’implication et non pas par une bonne note à un QCM. Je préfère des initiatives telles que LEPA « Entreprendre pour apprendre« . Le principe d’éducation est de créer une pépinière d’entrepreneurs dès le primaire. Aujourd’hui, 14 mai, a lieu le salon régional des mini-entreprises à Lille. Les différentes équipes de collégiens et lycéens vont soutenir leurs projets face à des chefs d’entreprise et entrepreneurs  pendant cette journée.

Les idées fusent, les concepts sont défendus et parfois l’un d’entre eux sort du lot et émerge aux yeux du public, tel que la mini-entreprise Ecokannette qui est passé au JT de 20H sur TF1 en avril. Comme aime à le préciser l’EPA, « François Hollande annonce que l’entrepreneuriat va faire son entrée dans le cursus scolaire de la 6ème à la Terminale !  L’équipe d’EPA est prête à relever le défi !!!! »

L’entrepreneuriat gagne à être mieux connu… Source de créativité, de développement de projets, générateur d’économie et d’emplois, il est un moyen pour chacun de faire des choix et de s’engager dans sa vie. Choisir d’entreprendre, c’est choisir d’agir et non pas d’appliquer une technique toute faite. Entreprendre c’est savoir utiliser ses connaissances dans un contexte réel. Cela demande ouverture, audace, créativité, implication, beaucoup de travail  et de la chance. Entreprendre, c’est Créer des réflexes issus de son propre vécu.

Entreprendre, c’est être Entrepreneur de soi.

Caroline VALENT