La période de migration des pigeons est terminée

Surprenant ? Inattendu ? Les Pigeons décident de fermer leur page Facebook !

Beaucoup de bruit pour rien ? Pas si sûr…

Dès la première semaine, ils avaient insisté sur le fait qu’ils étaient apolitiques et qu’ils ne voulaient pas être récupérés par une quelconque institution.
Leur motivation d’action était simplement de proposer de réfléchir ensemble. Il semble que ce soit tâche difficile de faire respecter cette volonté. Les politiques, quel que soit le bord, comme les journalistes ont abusé des raccourcis et déformé leur message…

Alors les « Pigeons » ont réagi en fermant, hier à minuit, leur page Facebook malgré plus de 73000 personnes « fans » et plus de 9000 « followers » sur Twitter.

« Nous voulons confirmer par la fermeture de la page que nous ne sommes pas des politiques. Nous n’appartenons à personne, nous sommes libres. Aussi nous avons l’impression que plus notre action est médiatisée, plus le gouvernement et certains élus pensent que nous sommes des politiques, plus ils se braquent et moins ils écoutent. Nous fermons cette page dont la présence est devenue contre-productive, nous prouvons que nous ne sommes pas dans la politique alors S’IL VOUS PLAIT écoutez notre message qui est sincère et juste ! »

Après avoir montré que les réseaux sociaux pouvaient être une nouvelle forme de communication pour rassembler en un temps record, des entrepreneurs (!), et ainsi appuyer sur le fait que nous sommes dans une nouvelle ère où il nous faut réfléchir ensemble et autrement pour avancer vers un avenir où tout le monde doit être considéré, en prenant en compte les réalités de chacun… Cette nuit ils ont mis en place une autre forme de communication en stoppant la leur… ce qui ne manque pas de faire son buzz.

Quand hier sur les réseaux sociaux, j’ai capté l’information, lu les tweets annonçant la nouvelle, je dois le dire, je n’ai pas été surprise… J’ai même trouvé la réaction des «Pigeons» en cohérence avec ce qu’ils défendaient depuis le début : Ne pas vouloir être récupérés pour mieux dialoguer, et c’est ce qu’ils font.

 L’avenir nous dira ce qu’il restera de tout cela, car c’est une première à tous points de vues. Il y aura un avant et un après « Pigeons »… Ne serait-ce que sur le mode de communication qui a d’ailleurs déjà inspiré les médecins, les employeurs à domicile et même tout récemment les patrons des plus grandes entreprises françaises.

De plus, comme ils le disent : « Ce n’était pas notre premier but, mais nous avons la naïveté de penser que nous avons sensibilisé l’opinion sur l’environnement de l’entrepreneuriat en France. Ces derniers jours, environ 100% des média ont parlé des entrepreneurs dont des petits et jeunes qui se serrent la ceinture, la majorité d’entre nous. Les Français vous connaissent et vous comprennent un peu plus maintenant. Mieux, ils disent aimer les entrepreneurs, des sondages le prouvent. » Et je pense effectivement que cela est vrai et que malgré les récupérations que certains ont tenté de faire, les entrepreneurs de la base, tous ceux qui ont créé leur «petite entreprise», qui aujourd’hui connaît plus ou moins la crise, ont vu, su qu’ils n’étaient pas seuls. Les entrepreneurs se sont reconnus chez d’autres, « serial entrepreneur » ou pas, ayant « fait fortune » ou pas, les « Pigeons » ont dit tout haut le quotidien de tant de ceux qui se battent tout bas chaque jour pour donner vie à leurs envies d’entreprendre… Et ce au-delà des frontières.

Et bien que certains politiques (français ou étrangers) se soient servis des «Pigeons» pour critiquer le gouvernement. Aujourd’hui les entrepreneurs savent qu’ils peuvent se rassembler, se connecter, qu’ils ne sont plus seuls dans leur coin et cela autrement qu’en faisant partie d’un réseau où le montant du droit d’entrée à l’année fait une sélection à la « réussite »…

De ma fenêtre, j’ai l’impression que l’opinion publique a pu voir aussi que : Non, tous les entrepreneurs ne sont pas que des « sales patrons » qui arnaquent les autres pour gagner plus mais avant tout des « créateurs créatifs » qui ont envie de participer à la vie de la cité (ce qui est d’ailleurs étymologiquement la définition de la politique).

Entreprendre est une envie que l’on a ou pas, le nombre d’entrepreneurs qui ont d’ailleurs plusieurs entreprises (en même temps ou tout au long de leur parcours) le montre bien, c’est l’aventure de l’entreprenariat qui motive avant le fait d’espérer avoir une « réussite à la Facebook ».

C’est en suivant, notamment sur twitter, l’actualité d’entrepreneurs français tel que Patrick Robin, que j’ai pu constater : qu’ils soient de gauche ou de droite, la plupart d’entre eux, quand ils ont réussi à revendre leur entreprise, continuent à entreprendre et ajoutent à leurs casquettes celle de Business Angel pour encourager la nouvelle génération à créer.

Les « Pigeons » le disent en fermant leur page, si les choses ne bougent pas, ils reviendront.
Pour le moment, ils choisissent d’avoir confiance dans le potentiel de chacun de nous à savoir communiquer et avancer ensemble. Et, c’est une idée qui forcément me parle puisque cela fait partie des valeurs que je défends tous les jours, notamment dans mon aventure entrepreneuriale.
Encore au-delà, les  « Pigeons » nous rappellent que nous pouvons tous prendre la responsabilité de changer ce qui ne nous convient pas. Personne n’est personne, tout le monde peut décider de peser dans le choix des décisions que d’autres prennent pour nous. Une notion que j’évoquais déjà dans cet article : Tout commence à partir d’une seule personne, alors imaginons ce que nous pouvons réaliser à plusieurs…

Dire que l’on n’est pas d’accord, en France, nous savons le faire en manifestant et en faisant la grève pour nous faire entendre, c’est parfois indispensable… Les « Pigeons » nous ont montré qu’un autre chemin est possible pour engager le dialogue…

Nous continuerons chez BEEZ&CO à suivre cette aventure même si elle prend aujourd’hui une autre forme… Je retiendrai de leur communiqué de fermeture que ce ne sont que quelques personnes qui se sont réunis avec l’objectif commun de proposer pour changer les choses et qu’ils ont tous consacré du temps à cette aventure en plus de celui qu’ils consacrent déjà à leur entreprise… Et c’est une situation que je m’imagine très bien, parce que c’est aussi ainsi que BEEZ&CO peut exister, parce que des entrepreneurs se rassemblent pour défendre qu’une autre façon de fonctionner est possible…

Anne Lucie DOMANGE VISCARDI