Le Social business vu par le chercheur et par l’acteur…

Le 19 mars dernier s’est tenu à Euratechnologies le 6ème petit déjeuner du Cycle Innovation & Connaissance, organisé par Valérie Blanchot-Courtois dans le cadre de SKEMA Business School. Cette manifestation a attiré les foules par son thème d’actualité représenté par 2 experts du sujet, dans le concept Giovany CAJAIBA-SANTANA  et dans la pratique Hervé KNECHT :

Entrepreneuriat social, Social Business : Vers de nouveaux modèles économiques de création de valeur.

Giovany CAJAIBA-SANTANA qui réalise sa thèse sur l’entrepreneuriat social et les processus de création de valeur, de construction d’opportunités et d’innovation sociale sous-jacents nous a tout d’abord présenté ce thème de plus en plus présent dans l’environnement du management. Ce sujet, que l’on décline en valeur sociale, innovation sociale, économie sociale, social business ou entrepreneuriat social comme un thème d’actualité a d’abord une histoire au moins centenaire par les créations de coopératives. Il est également défendu par un grand nombre d’ONG dans le monde humanitaire ou associatif.

Une innovation sociale est une idée perçue comme nouvelle intégrée dans des pratiques sociales et à l’origine d’un changement social. Dans ce contexte, force est de constater que l’innovation sociale est au moins aussi efficace que l’innovation technologique.

L’entrepreneuriat social d’un point de vue microéconomique est de créer une nouvelle organisation pour apporter une solution à un problème social.

Le concept de Social Business est de vendre un produit accessible au plus grand nombre en ne réalisant pas de pertes et en ne distribuant pas de dividendes, en se consacrant à la réalisation d’un objet social.

Il a d’abord été développé par Mohamed YUNNUS, prix Nobel de la Paix qui partant d’une épidémie au Bangladesh a réfléchi à une solution de micro-crédit comme une façon durable de lutte contre la pauvreté et a créé la GrameenBank. Cette application a été suivie notamment par Grameen Danone Foods, Grameen Veolia Water… comme moyens innovants de lutte contre des problèmes sociaux auxquels nos sociétés d’aujourd’hui doivent faire face.

Hervé KNECHT est « le pape de l’entrepreneuriat social » en France puisqu’il en a fait son projet de vie depuis plus de 20 ans. Son Business est «  l’emploi durable des personnes fragilisées par un handicap ». Il a créé en 1991 la société Flandre Ateliers puis AlterEos tertiaire, AlterEos Industrie, RECCODE…

Aujourd’hui le Groupe AlterEos comprend 6 structures pour un effectif global de 500 salariés dont 80% sont fragilisés par un handicap.  Cela peut paraître linéaire et facile mais la vie n’a pas toujours été un long fleuve tranquille quand il a fallu repenser, alors que l’entreprise traversait une crise conjoncturelle d’envergure et que la pérennité des emplois était menacée, l’activité de conditionnement/déconditionnement à destination des grandes entreprises de VPC mise à mal par les difficultés économiques rencontrées par ces clients importants. C’est ainsi que le groupe est devenu leader sur le marché de la numérisation et de la gestion électronique de documents.

La performance de l’entreprise est de savoir gérer sur le long terme et dans des contextes variés des compétences variées, AVOIR L’INTELLIGENCE DE SES FRAGILITES ! Pour Hervé KNECHT, dans notre monde qui change, la crise que nous traversons est une chance car elle nous oblige à innover dans notre relation aux autres.

Passer d’une économie classique, économie de BIENS à une économie sociale, économie de LIENS…

C’est un vrai programme dont nous souhaitons faire l’écho chez BEEZ&CO alors que nous avançons pas à pas sur notre thème de l’éco-système.

Merci, Messieurs, pour ce moment passionnant et riche d’enseignements pour nous qui rêvons d’un monde plus sociétal alors que nous nous débattons quotidiennement dans des problèmes de biens !

Sandrine LEMAN