Le rêve américain est-il celui du start-upeur® ?

Start-up

Alors que le monde entier glorifie, encore une fois, la sortie d’un miracle technologique  appelé Iphone5, qui continue à contribuer à nous aveugler sur le « e-succès » américain de notre époque (l’Iphone5 devrait ajouter 3,2 milliards de dollars au PIB des Etats – Unis au quatrième trimestre et apporter 0,33 point de croissance annuelle supplémentaire – source challenges N°313), même si aux dires des experts c’est un loupé (mais je m’égare, je reviendrais sur ce sujet plus tard), d’autres prennent la parole pour faire prendre conscience des réalités.

En lisant l’actualité sur la sortie du livre de Joseph E.Siglitz, professeur d’économie à l’université de Columbia , « Le prix de l’inégalité »,  je ne peux que penser à ces jeunes que je côtoie tous les jours qui ont le rêve américain comme source d’inspiration. En choisissant de créer leur entreprise dans la « e-économie » ou «iconomie» (bientôt un article sur ce thème), ils ont bien compris qu’ils pouvaient se construire un eldorado comme celui qu’ils observent de l’autre côté de l’océan. Ils vont même sur  place en Californie, dans la Silicon Valley, pour toucher  du doigt la réalité d’un monde exaltant, frénétique et grisant. Il est pertinent de prendre exemple, de se former et de rencontrer des acteurs qui ont une expérience concrète de la création de start-up à success story. Mais  je m’interroge sur leur esprit critique. Et, pourquoi ?

Mon expérience de start–up dans les télécommunications en 1997 au moment de l’ouverture du marché en France, des premières ventes des accès ADSL et du mobile en 1999, passant par une introduction boursière incroyablement réussie et d’une revente fracassante à des Américains, m’ont donné quelques leçons. Oui, je pense à ce rêve américain qui inspire les  jeunes entrepreneurs. Je pense à ce rêve américain dont on voit des succès absolument époustouflants tels que Microsoft, Apple, Amazon, E-Bay, Google, Facebook….qui incitent chacun à se surpasser et trouver « l’Idée » qui lui fera gagner des millions.  Et, j’avoue que moi-même, en tant que créateur et chef d’entreprise, j’aime (#I like) cet esprit pionnier («j’ai peur de rien.»), créatif («j’ai l’idée du siècle !»), et entrepreneur (« je crée, je développe, je gagne de l’argent »).

Mais le rêve américain* est-il le nôtre et est-il toujours aussi performant?

Le rêve américainIl a fonctionné au point de passionner les foules à son apogée dans les années 80. Au point qu’aujourd’hui beaucoup veulent leur rêve américain: Français, Brésilien, Tunisien, Chinois, Japonais, Indien, Africain, Australien, … Il est source d’inspiration pour tous car il est le symbole du capitalisme ; ce modèle économique qui influence nos civilisations actuelles et a engendré tous nos progrès du 20ème siècle. Aujourd’hui notre manière de penser et de fonctionner est issue du capitalisme, de près ou de loin. Nous en connaissons plus ou moins les mécanismes et nous les suivons ; à défaut de les maîtriser. Mais aujourd’hui, comme le précise Clara Gaymard, Présidente de GE France et de la World Investment Conférence, quand elle partage son regard de dirigeante influente, le modèle américain est en péril et celui de notre monde occidental avec. La crise financière 2008, le 11 septembre sont des faits majeurs qui prouvent que nos économies sont en déséquilibre profond et qu’on ne peut rien prétendre maitriser en fin de compte.

Si le rêve américain est remis en cause, c’est peut-être le moment de se poser la question de notre rôle en tant qu’entrepreneur dans les choix que nous faisons pour nous et pour notre environnement. Je crois que ces jeunes auxquels je pense doivent nourrir leur esprit critique. Ils ont beaucoup à gagner à comprendre le monde dans lequel ils vivent. Ils seront plus performants en développant leur culture générale, en s’instruisant sur l’économie, la sociologie, l’histoire. Ils seront des stars si leur entreprise a des résultats; et aussi si elle contribue au monde auquel elle appartient.

Bref, soyons éveillés, soyons conscients de nos choix, donnons du sens à nos actes pour aujourd’hui et demain. Bref, soyons uniques. Car être chef d’entreprise, c’est être acteur,  pas suiveur. Etre chef d’entreprise, c’est trouver un équilibre entre ses convictions, ses actions et les valeurs générées. Etre chef d’entreprise, c’est aussi être inspirant pour d’autres.

Alors, mettre à jour nos connaissances sur l’économie d’aujourd’hui, c’est ne pas se tromper d’analyse sur ce qu’est le rêve américain, c’est s’inciter à regarder autour de nous, voir notre monde tel qu’il est et réfléchir à nos rêves pour qu’ils deviennent une belle réalité.

Pour finir,

Le prix l'inégalité de Joseph E. StiglitzJe vous invite à prendre ce temps qui parfois vous semble si précieux pour écouter cette interview complète de Joseph Stiglitz sur France Inter réalisé par  Stéphane Paoli que je remercie pour cette prise de hauteur.

*Définition « Le rêve américain » source :www.wikipedia.fr : « Le rêve américain(American Dream en anglais) est l’idée selon laquelle n’importe quelle personne vivant aux Etats-Unis, par son travail, son courage et sa détermination, peut devenir prospère. Si cette idée a été incarnée par plusieurs personnalités ou émigrés revenues investir dans leurs pays d’origine, la réalité sociale américaine a fait déchanter de nombreux immigrants. Ce concept a néanmoins été, et demeure encore un des principaux moteurs du courant migratoire vers les États-Unis, l’un des plus importants dans l’histoire de l’humanité. La notion de cette possibilité pour n’importe quel immigrant de réussir à partir de rien, a été fortifiée par l’étendue territoriale, les ressources et le libéralisme politique et économique qui caractérisent les États-Unis. Cette idée est aussi vieille que la découverte du continent américain, même si sa formulation a évolué (on peut ainsi penser au mythe de l’Eldorado).

Source : start-up sur www.excellence-operationnelle.tv, rêve américain sur www.smashou.info

Caroline VALENT