Le biomimétisme (suite) : de l’économie Verte à l’économie Bleue !

Il y a quelque temps je vous expliquais ce concept ancestral du biomimétisme qui consiste à aller chercher auprès de Dame Nature des solutions à nos problèmes de développement.

Ce n’est pas nouveau, me direz vous ! Cela fait plusieurs décennies que le Bio est à la mode : nous produisons bio, nous consommons bio, nous trions nos déchets… Nous revendiquons notre habileté «  développement durable » et continuons notre vie de consommateur ou d’entrepreneur la conscience (presque) en paix.

Mais peut on se satisfaire de l’Economie verte quand on apprend qu’une certaine fabrication bio faite dans un environnement BBC est très négativement compensée par la production de déchets de toutes sortes, par de la déforestation ou par la disparition d’espèces oubliées du bout du monde ?

gunter PauliC’est l’expérience qu’a fait Gunter Pauli, alors président fondateur d’Ecover, société belge fabriquant des produits d’entretien écologiques. Il revendiquait fièrement sa contribution à l’économie verte par la grande biodégradabilité de ses produits, eux même fabriqués dans une usine faite de bois et ayant le plus grand toit végétal d’Europe. Il décida de quitter ses fonctions quand il s’aperçut que le développement de ses produits engendrait une demande accrue d’huile de palme laquelle contribuait à la déforestation de forêts primaires en Indonésie et par conséquent à la disparition des orangs-outans.

De cette constatation, est née l’idée de créer un nouveau « business model » basé sur notre écosystème naturel que cet entrepreneur – économiste – écologiste a baptisé l’économie bleue.

Bleue, en opposition au rouge de l’ère industrielle et au vert du développement durable. L’économie bleue s’applique à transposer à l’échelle industrielle les prouesses de la nature.

L’économie Bleue, en images :

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Le principe de l’économie bleue est d’observer la nature pour s’en servir et produire, sans faire de mal à notre environnement et donc en s’attachant à la régénération.

La nature fonctionne depuis des millénaires avec une absolue maîtrise… Nous n’avons qu’à la copier, nous en inspirer…

Comment bénéficier du flux infini de la Nature en matière de créativité, d’adaptabilité et d’abondance ?

Pour illustrer le concept Gunter Pauli en a fait un livre au titre éloquent : « L’économie Bleue. 10 ans, 100 innovations, 100 millions d’emplois » dans lequel sont détaillées 100 découvertes et innovations alternatives, inspirées de la nature et favorisant un développement durable.

livre economie bleueDeux ans après sa sortie, un tiers des projets développés dans le livre ont été réalisés.

En deux ans, le secteur a créé 2 000 entreprises, représentant 50 000 à 60 000 emplois. Un début prometteur pour ce spécialiste de produit bio, très critique à l’égard du développement durable : « Dans l’économie verte, il faut beaucoup d’argent pour faire, non pas le bien, mais le moindre mal. Ce n’est pas sérieux ! »

Beaucoup sont encore des prototypes et attendent un entrepreneur pour se concrétiser.

J’évoquais, lors de mon précédent article sur le Biomimétisme, l’innovation consistant à produire des champignons à partir des déchets du café. Cette initiative a déjà créé environ 15 000 emplois dans le monde, le potentiel s’élèverait à 50 millions…

Toutes ces idées sont d’autant plus intéressantes qu’elles ne nécessitent que très peu de capitaux pour être lancées.

La globalisation nous fait oublier que la réalité, que notre plus proche, est locale : la macroéconomie est la somme des microéconomies.

En France, nous ne manquons pourtant pas de ressources naturelles. Alors où sont nos idées bleues ? A quand la technologie bleue pour générer des emplois bleus, durables, à forte valeur économique et environnementale ?  Et enfin, voir la vie en rose…

Sandrine LEMAN

Sources : Paris Match Novembre 2012, Wikipédia, Le monde Février 2013

Autre liens vidéos pour creuser le sujet :

Introduction à l’économie bleue  et The blue economy