La femme entreprend – épisode 5

Pour notre dernier épisode « La femme entreprend », je vous propose de découvrir le portrait de deux Marie-Anne , représentantes de deux générations de femmes entrepreneures. Pour commencer Marie-Anne Giroult explique comment elle a choisi de devenir entrepreuneure de soi, … d’elle. Et Marie-Anne Bernasconi partage sa conviction de créer une  forme de liberté que recherche sa génération (digital native).

Pour commencer, place aux dames, je vous laisse apprécier le témoignage de Marie-Anne Giroult qui, après un parcours dans un grand groupe, décide de suivre son propre chemin et de suivre sa nouvelle ligne de vie.


Pour commencer, quel est ton parcours professionnel en quelques mots ? et l’entreprise que tu diriges ? … 
Diplômée d’une école de commerce et d’un MBA en management, j’ai un parcours de 25 ans de management en entreprise, dans le retail et l’IT. Avec une expérience concrète de gestion de changements significatifs et complexes en environnement multiculturel, j’ai choisi en 2010 de quitter le monde du salariat pour créer mon entreprise AlterDim en 2010.

J’accompagne les entreprises dans leurs transformations en développant le potentiel des collaborateurs et l’efficacité de leur mode de fonctionnement collectif, au travers de coaching individuel et collectif, de formation en management et développement personnel et d’animation d’ »assessment center ».

Pourquoi choisir d’être entrepreneure ? Est-ce différent d’être entrepreneure vis-à-vis de son entourage ou vis-à-vis de la société ? … Avant d’être entrepreneure, ma démarche était d’abord une volonté de changer d’activité et d’aligner mon activité professionnelle avec mes valeurs et mes centres d’intérêt, d’être en phase avec ce que j’étais devenue.

L’activité choisie, activité de service,  m’a naturellement amenée vers l’entrepreunariat. L’attrait était la liberté d’action et de décision, la volonté de gérer sa propre activité et de construire.

C’est forcément différent pour l’entourage d’être entrepreneure par rapport à salariée, dans la compréhension de ce que l’on fait, dans la reconnaissance, dans l’implication et dans la gestion de son temps. Cela demande d’être soutenue et encouragée par l’entourage.

Pour toi, quelles sont les clés de réussite de l’entrepreneuriat ? … Croire en son projet et le porter, savoir s’entourer, être capable de fonctionner dans un environnement d’insécurité, avoir confiance dans ses capacités et oser dépasser ses freins, persévérer et garder le cap.

Quelles sont les valeurs que tu défends en tant que chef d’entreprise ? As-tu le sentiment de réussir à les respecter  au quotidien? … Respect de soi et de l’autre, ouverture, Intégrité, loyauté, Courage…Partenariat, esprit d’équipe, partage. J’ai le sentiment de respecter ces valeurs au quotidien.

Quel regard portes-tu sur l’entrepreneuriat en France ? … C’est une forme d’activité qui se développe avec des formes nouvelles et d’autre encore à créer. De plus en plus on encourage les jeunes à créer leur propre activité et à oser se lancer pendant leurs études. Au delà de la création d’entreprise, c’est aussi une forme de responsabilisation, d’être acteur de ses choix et de sa vie.

Au delà de l’initiative individuelle, l’entrepreunariat doit être valorisé et encouragé par les pouvoirs publics plus qu’il ne l’est aujourd’hui.

Quelles recommandations souhaites-tu partager avec quelqu’un qui veut franchir le pas ? … Avoir le soutien de son entourage sur le projet et sur la durée. Bien anticiper l’aspect financier pendant la phase de lancement. Placer l’aspect commercial et prospection au cœur de ses priorités et de la gestion de son temps. Partager avec d’autres entrepreneurs, ne pas rester seul.

Toujours garder à l’esprit la motivation profonde qui nous a amené à faire ce choix, « Croire en son projet », Rester fidèle à ses valeurs.

Marie-Anne Bernasconi, elle, est une toute jeune entrepreneure. Elle défend une vision du monde actuelle et post-moderne. Elle utilise son entreprise pour devenir acteur du changement en cours.

Pour commencer, quel est ton parcours professionnel en quelques mots ? et l’entreprise que tu diriges ?

Après 1 an et demi en Chine comme développeuse commerciale et 3 ans dans une start-up innovante en charge de la construction de l’offre puis de la commercialisation, j’ai décidé de créer EstreLab. C’est une agence d’accompagnement des décideurs et entrepreneurs dont l’objectif est de faire émerger des solutions nouvelles aux problèmes concrets auxquels ils font face en cette période de crise. Nous sommes convaincus que c’est en adoptant une logique disruptive que nous trouverons des solutions aux grands enjeux actuels. Nous nous appuyons pour cela sur des méthodes d’intelligence collective open source et sur des initiatives existantes notamment provenant des économies émergées.

Pourquoi choisir d’être entrepreneure? Est-ce différent d’être entrepreneure vis-à-vis de son entourage ou tout vis-à-vis de la société ? … L’envie d’être entrepreneure date de plusieurs années durant lesquelles je souhaitais d’une part contribuer à créer de la valeur en tant qu’individu, et d’autre part tenter de résoudre des équations telles que «ressources limitées, croissance illimitées».

Ce choix de créer son emploi et de tenter de réaliser ses ambitions ne laisse pas indifférent. Certaines personnes regardent l’aspect prise de risque avant de voir cette liberté d’entreprendre.  Globalement, le fait d’être entrepreneure crée une dynamique dans l’entourage et suscite intérêt et envie de contribuer.

Pour toi, quelles sont les clés de réussite de l’entrepreneuriat ? … La persévérance dans ses convictions, le fait d’assumer son positionnement, et une forte volonté de réussir. Je pense que ces clés correspondent à ma situation actuelle de créatrice, et vont nécessairement évoluer avec la croissance de mon entreprise.

Quelles sont les valeurs que tu défends en tant que chef d’entreprise ? As- tu le sentiment de réussir à les respecter  au quotidien? … Je pense qu’au sein d’une entreprise, les relations humaines doivent être basées sur la motivation et les compétences plutôt que sur un rapport hiérarchique. Le chef d’entreprise doit être garant de la vision tout en laissant suffisamment d’espace à l’équipe pour qu’elle s’exprime et s’épanouisse dans ces projets. Il est également pour moi incontournable que l’entreprise maximise ses effets positifs sur l’humain et l’environnement. C’est sur ces valeurs que je souhaite développer mon entreprise. L’enjeux est de les respecter avec la croissance de l’activité, mais également dans le choix des clients et des projets.

Quel regard portes-tu sur l’entrepreneuriat en France ? … Entreprendre en France semble être au premier abord risqué puisqu’il faut sortir de la zone de confort liée au statut de salarié. Il y a néanmoins une aide structurée qui permet d’être conseillé dans sa stratégie et dans ses choix juridiques. Je pense que l’entrepreneuriat séduira de plus en plus les jeunes par l’espace de liberté qu’il crée, mais aussi parce qu’il permet d’inventer un emploi qui a du sens, et de renverser l’ordre établi pyramidal des grands groupes.

Quelles recommandations souhaites tu partager avec quelqu’un qui veut franchir le pas ? … Croire que tout est possible et suivre son intuition!

Avec ces deux portraits, j’achève cette première série de témoignages de femmes qui entreprennent sans hésitation en respectant ce qu’elles sont et en créant un projet de vie cohérent à leur envie de réalisation.

Si je devais retenir quelques idées fortes de ces 11 interviews  je partagerais la suivante: n’entreprenez pas par défaut , suivez vos convictions, ayez des valeurs, travaillez votre réseau, homme ou femme même combat et peut-être une manière de porter un autre regard sur le développement de nos entreprises…mais sur ce dernier point cela reste à prouver …qui sait cela pourrait faire l’objet d’un sujet de recherche.

Caroline VALENT