Trois points de vue sur l’entreprise libérée

Thème: La Journée BEEZ&CO – Performance, où es-tu ?

Sujet : L’entreprise Libérée. (On se croirait en pleine épreuve du bac Français 2015 !!)

Entreprise libérée

(Waouh ! Vaste sujet !!! Pas de panique, je dois commencer par bâtir mon plan sur le modèle « Thèse, Anti-thèse, Synthèse ». Heureusement que la journée BEEZ&CO fournit un peu de matière.)

Donc, première partie facile : Entreprise libérée, étude de cas : société KRONOS, Pierre EGIDO

La seconde : le contradicteur, François Gueuze.

La synthèse : L’entreprise de demain, Denis Bismuth.

L’entreprise libérée ! Qui n’a pas entendu ce terme récemment dans les médias ou  journaux, vantant les mérites de cette nouvelle forme de management d’entreprise ? Et pourtant, tout le monde s’interroge sur son bien-fondé, sur ses impacts organisationnels, sur les résultats des sociétés qui se sont lancées, sur son modèle de performance.

Et bien, nous avons devant nous, un exemple concret d’  « Entreprise en voie de Libération », au travers de la société KRONOS, société de service et conseil en Gestion RH et de son PDG Pierre EGIDO.

Pierre EGIDO, le dit d’emblée, il « ne veut pas nous vendre du rêve, mais plutôt nous raconter une belle histoire », celle qui l’a conduit à Libérer son Entreprise ! Il est d’ailleurs venu avec 2 de ses collaboratrices pour nous démontrer que la libération s’est faite avec le consentement et l’adhésion de ses équipes.

Alors, oui, effectivement, on comprend que la société KRONOS, étant face à un défi de pérennité, de définition d’objectif stratégique et de la redynamisation de ses équipes, n’avait pas d’autres choix que de faire évoluer son modèle, pour impliquer d’avantage l’ensemble des collaborateurs, et redevenir performante.

Passer d’un modèle où jusque-là, « la performance collective ne comptait pas, où seule le performance individuelle était managée ». Quel fut alors le choix de la direction ?

Libérer les énergies ! Libérer les énergies pour libérer le sentiment d’appartenance, la réactivité et l’innovation. Libérer l’engagement de chacun, « en laissant faire ce qu’il a réellement envie de faire » au salarié. La création de cercles de réflexion sur les différentes problématiques de l’entreprise, allant de la structuration de l’offre, à la dérégulation des congés et à l’auto détermination de la rémunération variable, a réellement permis à chacun de s’investir là où il le souhaitait, en toute transparence, en toute responsabilité. Le management n’étant présent que pour donner la tendance, l’orientation, et laissant faire ensuite chaque cercle, sur les propositions et la mise en place des actions.

(Penser à faire une transition). Cette belle et grande idée peut cependant avoir quelques inconvénients, à commencer par celui de la conduite du changement , de faire adhérer sans effrayer les collaborateurs. C’est exactement ce que François Gueuze,  défend dans son propos.

(Deuxième partie) : Selon lui, cette nouvelle lubie d’organisation d’entreprise, ne peut s’appliquer à toutes les entreprises, à tous les collaborateurs. Certes le modèle éculé de l’entreprise bureaucratique, et pyramidale, est discutable, et montre aujourd’hui à plein d’endroits, ses limites lorsque la vision de performance financière court terme l’emporte sur la vision sociétales et environnementales de l’objet de l’entreprise. L’entreprise libérée est un concept qui séduit en général les entreprises en manque de repères, de vision, qui se retrouve dans une impasse.

Mais attention à ne pas imposer la libération, mais plutôt à l’accompagner afin que chacun accepte de faire le pas en avant dans cette direction. Car François Gueuze le rappelle, « une organisation libérée, non hiérarchisée peut perturber le salarié, car elle implique un nouveau rapport et regard par les autres sur son propre travail ». Et tous , nous pourrions avoir quelques réticences à remettre en question les privilèges , les missions, le salaire que des années d’expériences et de progression dans l’organigramme de la société, vous a permis d’attiendre. Qu’en sera-t-il si le reste du collectif remet votre propre utilité dans la société, pour le groupe en question ?

« La libération, c’est remettre en question à tous les instants, la recherche de performance de l’entreprise, en d’autres termes que purement économiques, en l’ouvrant sur la responsabilité sociétale, organisationnelle et environnementale » selon François Gueuze.

Et pourtant François, n’a rien contre. Il est juste méfiant ! Il attire notre attention sur le fait de ne pas succomber à l’effet de mode, de ne pas se lancer sans bien mesurer les impacts sur les salariés, sans bien expliquer la démarche, et les nouvelles règles du jeu. François dit « Non à l’entreprise libérée, mais Oui à Entreprendre libéré », au sens de libérer les capacités des acteurs à entreprendre. L’entreprise dans ce cas devient « une entreprise capacitante plus qu’une entreprise libérée ».

(En synthèse), l’exemple de la société KRONOS est emblématique de ce que peut donner aujourd’hui la libération des énergies de l’entreprise, puisque, il faut le souligner, la société est redevenue performante au sens économique, et s’est inscrit dans une dynamique d’innovation de son offre, qui laisse présager un avenir radieux. Mais comme l’ont rappelé Denis Bismuth et François Gueuze, cela ne fait que remettre en avant la variable humaine après des années de Taylorisme, où l’on a cherché à l’éliminer. Cela s’accompagne également d’une redéfinition du rôle et des missions de l’encadrement intermédiaire, à qui il convient de redonner du pouvoir afin de sortir des simples taches d’évaluation et de contrôle, et de lui redonner son rôle clé dans la conduite du dialogue social, à condition qu’on le laisse remplir sa mission.

 

(Ouf, j’espère avoir une bonne note !)

 

 

 

2ed053fEric Janet

BEEZ&CO