Ecosystème ? Le point de vue de deux jeunes créateurs d’entreprise

Durant ce mois de mars, nous (les 12 étudiants de l’Iteem associés au projet BEEZ&CO dans le cadre de notre programme pédagogique de 5ème année) donnons rendez-vous à des décideurs de tous horizons choisis de façon aléatoire afin de réagir sur les Ateliers de Controverses prévus le 2 juillet 2013 dans le cadre de la Journée BEEZ&CO, Le Business sous un autre regard.


Meriem Boudokhane
 et Tom Gauthier ont participé à une des 3 rencontres programmées ce mois-ci. Nous  (Clémence, Raphaël, Sophie et Souad), le groupe reporter, avons choisi de les interviewer parmi les 4 participants. Ils partagent leur retour d’expérience  après avoir interagi aux questions posées par le groupe d’animateurs (Arthur, Come, Clément, et Gaël) lors du premier focus groupe du 7 mars. Nous tenons à remercier Meriem et Tom d’avoir joué le jeu et donné de leur temps pour répondre à nos questions.

Meriem 27 ans, jeune entrepreneuse active, dirige une société de soutien scolaire et est actuellement en incubation sur un autre projet de création d’un logiciel de gestion. Elle est également bloggeuse pour «startup story».

Tom,  30 ans, a lancé son entreprise V-Cult il y a 3 ans. Avec son équipe, il développe une plateforme web social 3D sous le nom et marque Beloola. Ils terminent la phase de développement  R&D et préparent le lancement commercial. Beloola est un écosystème virtuel, un monde social pour les contenus culturels.

Vous avez partagé vos points de vue sur l’intérêt de traiter le sujet écosystème pour vous en tant que décideurs, quels sont vos ressentis après cet échange ?

Tom : Il est vrai que cet échange était très constructif. On ne pense pas forcément à la notion d’écosystème quand on est dedans tous les jours. Il est par contre intéressant de noter que Meriem et moi-même travaillons sur des modèles d’entreprises plutôt similaires ce qui n’a pas favorisé la confrontation. Je pense qu’il serait plus intéressant à l’avenir de diversifier le panel de personnes. Ces différences créeront des oppositions et cela renforcera la valeur ajoutée d’un débat comme celui-ci. Cependant nous avions deux autres personnes d’une génération différente de la nôtre (plus âgée), nous voyons bien que le raisonnement n’est pas le même sur la même notion.

Meriem : Je suis d’accord avec Tom, il est important de renforcer la diversification dans un débat comme celui-ci pour créer la controverse. Nous avons la même vision de l’entreprise avec Tom ce qui renforce nos liens sur ce sujet et ne nous oppose pas. Comme l’a dit Tom, il serait pertinent de varier les âges au delà des métiers et tailles d’entreprise.

Nous avons beaucoup échangé sur les notions d’écosystèmes en externe mais qu’en est-il pour vous en interne ?

Tom : Dans notre société, nous sommes plus agiles en interne. Nous sommes une quinzaine désormais. Nous avons des pôles ingénieurs, des pôles docteurs, et des pôles développeurs. Ils travaillent  en écosystème par département /cercle d’expertise, que l’on pourrait qualifier de « sous-écosystèmes ». On a besoin les uns des autres pour avancer, une entraide est nécessaire pour que chaque département avance à son rythme tout en aidant les départements qui l’entourent. Ils sont interdépendants.

Meriem : On a une stratégie plus transverse, on attache beaucoup de valeurs à ce que les acteurs de notre écosystème se dépassent et repoussent leurs limites. On attache de l’importance à la liberté de l’individu dans le sens où il va pouvoir changer de pôle pour exploiter d’autres connaissances dans un autre. On laisse évoluer l’individu dans son sens car plus il sera épanoui et meilleur sera la rentabilité professionnelle et sociale au sein de son écosystème.

Tom : c’est une manière de penser et de fonctionner intéressante mais c’est vrai que pour une société comme la mienne il est beaucoup plus difficile de fonctionner comme cela car les départements reposent sur des connaissances requises précises. L’écart est important c’est ce qui crée leur complémentarité.

Nos deux jeunes entrepreneurs ont bien conscience du monde qui les entoure et de l’écosystème dans lequel ils vivent et interagissent. Leurs deux  témoignages prouvent que leur génération fonde le développement  de leur organisation sur la création de valeurs en utilisant son écosystème naturel , voire même en créant son propre écosystème. La notion d’Ecosystème n’est pas dans leur pensée au quotidien, mais à y réfléchir ils savent pertinemment qu’ils en ont besoin, ne serait que pour une question de survie.  C’est une question de réflexe… naturel.

Ce premier panel composé de 4 personnes a mis en avant deux idées : la nécessité de diversifier les générations de décideurs dans une démarche de controverse, l’intérêt d’interpeller les décideurs sur la question du développement de nos entreprises en écosystème, ne serait ce que pour inciter à réfléchir à ce paramètre naturel de nos organisations…. Il reste à savoir l’identifier et l’utiliser sans doute… ce qui ne semble pas être une difficulté pour nos deux jeunes entrepreneurs.

Clémence, Raphaël, Sophie, Souad.