Monthly Archives: mars 2013

Reprendre une entreprise industrielle aujourd’hui

Avec Jerôme Barrier, nous avons passé un déjeuner à échanger sur nos projets respectifs ainsi que nos expériences professionnelles passées.  A l’écoute de ton parcours et de ton choix de reprendre une entreprise, te donner la parole est l’occasion de partager avec notre lectorat cette démarche personnelle qui fait que tu es désormais à la tête d’une entreprise industrielle.

Devenir son propre patron, c’est un choix de vie. Savoir trouver l’entreprise à reprendre est un exercice de style particulier. Défendre l’industrie alors que nous la rejetons en France, c’est un vrai pari.

C’est pour toutes ces raisons que je souhaite que tu témoignes sur notre blog afin d’illustrer ce que peut être « Le Business sous un autre regard » pour un homme dirigeant formé aux hautes études de commerce … alors merci pour tes propos sincères.

Pour commencer, quel est ton parcours professionnel en quelques mots ?    Mon parcours professionnel est tout entier centré sur la PME industrielle : 7 ans dans l’industrie automobile, les 3 premières chez Citroën, le reste chez Heuliez, sous-traitant des grands constructeurs. Puis 16 ans comme Directeur du Développement économique de la Vendée, pour dynamiser et accompagner le développement du tissu économique du territoire, principalement composé de PME industrielles familiales, et pour implanter de nouvelles activités industrielles. Dans ce parcours, quinze années de Direction Générale après des fonctions de chef de produit et de directeur marketing et vingt années dans les PME.

Pourquoi reprendre une entreprise après un tel parcours ? Pour des raisons professionnelles mais aussi personnelles et philosophiques : prendre les rennes d’une entreprise « dont les fonds propres sont ses propres fonds » pour reprendre l’expression d’Yvon Gattaz, c’est d’abord se retrouver en position de responsabilité, sans filet de protection. C’est aussi pouvoir exprimer librement son potentiel, mener des projets, motiver des équipes, décider, agir, développer. C’est exercer son « métier d’homme » pour prendre une autre citation, du philosophe Alexandre Jollien cette fois.

Pourquoi choisir une entreprise industrielle ? D’abord une question de goût. J’ai toujours été attiré par la fabrication, le sentiment physique de la production manufacturière, la création de valeur ajoutée par la transformation des produits. C’est aussi un engagement. J’ai travaillé vingt ans dans un territoire, la Vendée, qui n’a jamais cessé de créer, année après année, de nouveaux emplois dans l’industrie ; l’industrie là-bas, ça marche, ça se développe, ça fait envie. Dans le Nord, l’industrie a beaucoup souffert et elle porte une image moins valorisante, parfois même crépusculaire. Ma conviction est qu’il y a une place pour une industrie française conquérante, innovante et productive. Je ne crois pas que notre industrie soit inscrite dans le déclin. A ma toute petite échelle, je serais heureux de le démontrer.


Sur quoi as-tu forgé tes convictions quand tu as choisi cette entreprise?
 Quels étaient tes critères de sélection ? Combien de temps faut-il pour trouver « l’Entreprise » à reprendre ? Je voulais une entreprise industrielle, avec une technologie à ma portée (je ne suis pas un technicien), une PME entre 30 et 70 salariés, localisée dans la métropole lilloise. Malip correspondait parfaitement à ces critères. Je voulais aussi pouvoir m’appuyer sur une équipe en place performante et motivée et de ce point de vue, j’ai été parfaitement servi, mieux encore que je ne l’avais imaginé après avoir rencontré l’équipe de direction, préalablement à la signature. La cerise sur le gâteau, c’est de pouvoir partager avec le cédant des valeurs communes, ce qui est d’un précieux secours pour gérer la phase de transition, nécessairement délicate.

Mon calendrier : j’ai commencé à chercher début mars 2012. J’ai rencontré M Abelé, le cédant, en avril. Nous sommes sérieusement entrés en négociation en septembre et nous avons signé le 19 décembre. Au total entre 8 mois et 4 mois suivant le décompte choisi. Un délai très court au dire des professionnels de la transmission.

Les avis sont partagés. Les médias laissent entendre que de nombreuses entreprises sont à reprendre, d’autres disent qu’il y en a peu en France ? Quelle est ton analyse au travers de ton expérience personnelle ?  C’est un marché déséquilibré. Il y a peu de PME sur le marché, c’est-à-dire déclarées à reprendre et qui ne soient à transmettre, ni dans la continuité familiale, ni à un cadre au sein de l’entreprise, ni à une autre entreprise ; autrement dit, il y a peu de place pour les repreneurs – personne physique. De plus, il y beaucoup de candidats, notamment beaucoup de cadres de grands groupes qui se positionnent à la suite de restructurations après s’être retrouvés sur le marché de l’emploi. Donc l’offre est largement inférieure à la demande. Enfin, le contexte de crise fait hésiter de nombreux cédants potentiels, qui craignent ne pas réaliser leur opération dans des conditions optimales.

Et pourtant il faudrait encourager la transmission qui est souvent l’occasion de redynamiser une affaire, en relançant l’innovation, l’export, l’investissement. « Mieux vaut céder que cesser » comme le dit un slogan du CRA (association de cédants et repreneurs d’affaires). A condition que le financement du rachat ne soit pas supporté exclusivement par l’entreprise.

Quelle est l’activité de ton entreprise ? Quels sont ses atouts pour se développer ?  Malip conçoit et fabrique des produits en composites souples et semi-rigides. Sa vocation est de protéger et mettre en valeur les produits de ses clients : sachets de présentation commerciale, supports de communication, blisters, produits techniques pour l’industrie et le secteur de la santé, couvres-cahiers, etc. Les technologies développées sont la soudure haute-fréquence et ultra-sons, le thermoformage, l’impression numérique et la sérigraphie.
Ses atouts actuels reposent sur son agilité industrielle, sons sens du service et de la qualité (Malip est certifiée ISO 9001) et sa capacité à répondre aux besoins du marché, notamment dans les grandes séries de production. Son développement potentiel s’appuiera sur son bureau d’études et d’innovation, sa spécialisation dans des productions à forte valeur ajoutée, sa capacité à proposer de nouveaux produits au marché.

Tu as pris tes fonctions en janvier 2013. Comment vit-on les premières semaines quand on reprend une entreprise ? Il faut gérer trois emplois du temps à la fois : celui d’un chef d’entreprise qui doit gérer le quotidien, préparer l’avenir, ce qui en général occupe déjà pas mal ; celui de quelqu’un qui découvre tout (la culture de l’entreprise, les hommes et les femmes qui la composent, son business model, sa technologie, son marché, ses clients, ses fournisseurs, bref un nouvel univers où il y a tout à apprendre) ; enfin celui de quelqu’un qui doit conduire le changement, sans doute le plus difficile des trois. Le stress réside dans le fait de mener de front, simultanément, ces trois agendas, en essayant de se tromper le moins possible. Mais en même temps c’est un vrai bonheur et pour moi la confirmation, chaque jour, que ma motivation profonde était bien dans le choix que j’ai fait.

L’ancien dirigeant est-il toujours présent  dans l’entreprise? Comment gère-t-on la transition au sein de l’entreprise ? Entre l’ancien et le nouveau patron? La transition se déroule en trois temps : en janvier, j’ai laissé l’essentiel du pouvoir au cédant, ce qui m’a permis d’apprendre et d’observer. Le véritable transfert des pouvoirs s’est fait début février. M Abelé m’accompagne jusqu’en mai à temps partiel puis restera actionnaire minoritaire pendant encore plusieurs mois. Cette transition par étapes est une heureuse solution mais n’est rendue possible que parce que nous partageons largement des valeurs communes.


L’entreprise a moins de 50 salariés ; comment ont-ils appris la nouvelle ? 
Quelles ont été leurs premières réactions ? Ont-ils des attentes particulières vis-à-vis de leur nouveau patron ? Le mieux serait de leur demander … Ils ont appris la nouvelle par étapes car le cédant a été très transparent. De ce fait ils étaient dans l’attente et espéraient le changement. J’ai reçu un accueil très chaleureux, sans doute un peu angoissé au départ mais la confiance réciproque s’est très vite instaurée. Ils attendent bien sur de moi que j’apporte un nouveau développement pour l’entreprise à laquelle ils sont très attachés.

Quelles sont les expériences marquantes de ton parcours qui te servent dans le choix que tu as fait aujourd’hui ? C’est l’expérience au sens large, faite de la sédimentation de milliers d’expériences, qui est utile. C’est elle qui permet de décider, de rester lucide, d’avoir une vision et de garder sa sérénité. La gestion d’une équipe de quarante personnes pendant quinze ans a été une expérience irremplaçable. La combinaison de la pratique du management et de formations à la maturité personnelle on constitué un apport décisif. Mon expérience en Vendée, sous la houlette d’un décideur charismatique, tout à la fois homme de projets et de convictions, a été d’une richesse exceptionnelle.

Depuis deux mois que tu as repris, as-tu été surpris? Quelle a été la première action que tu as mise en place en arrivant ?  Surpris pas vraiment car j’avais réalisé un diagnostic précis de l’entreprise et de son business model afin de bâtir un projet. Je dirais plutôt que j’ai été « dépassé » par mes prévisions : tout est plus extrême que prévu, les bons comme les mauvais côtés. J’ai d’abord communiqué avec les équipes de l’entreprise. C’est essentiel. Mes premiers changements ont été dans l’ordre de la gestion ; aujourd’hui je vais me concentrer sur la politique commerciale.

Avec ce début d’expérience, quelles idées souhaiterais-tu transmettre à ceux qui souhaitent reprendre une entreprise ? Il faut avoir de la motivation et de la conviction. C’est une expérience extraordinaire et enthousiasmante. Mais elle consomme un peu d’énergie …

Cette interview est la première de la série « Entreprendre ». Mon idée est de suivre l’aventure de Jérôme Barrier et de son entreprise. Je vous donnerai à nouveau rendez-vous dans quelques mois pour en savoir plus sur leurs évolutions … à suivre

Caroline VALENT

(Re)Créer son propre écosystème…

Vous le savez… Depuis quelques articles, nous partageons avec vous quelques unes de nos réflexions sur le thème de l’écosystème…

Aujourd’hui je vous propose un petit clin d’oeil sur ce thème :

L’histoire d’une plante qui enfermée dans une bouteille sans eau, depuis 1972, a réussi à recréer son écosystème… Inspirant, non ?

Lire cet article, m’a, en effet, interpellée et je me suis interrogée sur la capacité de l’Homme a être capable de faire de même… Je n’ai pas de réponse à vous proposer aujourd’hui… Mais il est vrai que si l’on compare la situation de cette plante, forcée à devenir autonome… à ce que les êtres humains peuvent être amenés à vivre parfois, coupés de leur écosystème habituel (sécurisant souvent) et qui, enthousiastes ou contraints, déploient une force et une énergie incroyable pour se re-créer, se re-construire dans un nouvel écosystème… on se dit, dans tous les 2 cas (Hommes ou Plantes) que c’est une manifestation de l’énergie contenue dans la Vie.

Cette plante aurait-elle une mission ? Celle de nous rappeler, à nous les Hommes, qui sommes issus de cette même Nature, que nous avons, sans aucun doute, cette même capacité à « rebondir », quoiqu’il arrive ?…

Anne Lucie DOMANGE VISCARDI

Le Social business vu par le chercheur et par l’acteur…

Le 19 mars dernier s’est tenu à Euratechnologies le 6ème petit déjeuner du Cycle Innovation & Connaissance, organisé par Valérie Blanchot-Courtois dans le cadre de SKEMA Business School. Cette manifestation a attiré les foules par son thème d’actualité représenté par 2 experts du sujet, dans le concept Giovany CAJAIBA-SANTANA  et dans la pratique Hervé KNECHT :

Entrepreneuriat social, Social Business : Vers de nouveaux modèles économiques de création de valeur.

Giovany CAJAIBA-SANTANA qui réalise sa thèse sur l’entrepreneuriat social et les processus de création de valeur, de construction d’opportunités et d’innovation sociale sous-jacents nous a tout d’abord présenté ce thème de plus en plus présent dans l’environnement du management. Ce sujet, que l’on décline en valeur sociale, innovation sociale, économie sociale, social business ou entrepreneuriat social comme un thème d’actualité a d’abord une histoire au moins centenaire par les créations de coopératives. Il est également défendu par un grand nombre d’ONG dans le monde humanitaire ou associatif.

Une innovation sociale est une idée perçue comme nouvelle intégrée dans des pratiques sociales et à l’origine d’un changement social. Dans ce contexte, force est de constater que l’innovation sociale est au moins aussi efficace que l’innovation technologique.

L’entrepreneuriat social d’un point de vue microéconomique est de créer une nouvelle organisation pour apporter une solution à un problème social.

Le concept de Social Business est de vendre un produit accessible au plus grand nombre en ne réalisant pas de pertes et en ne distribuant pas de dividendes, en se consacrant à la réalisation d’un objet social.

Il a d’abord été développé par Mohamed YUNNUS, prix Nobel de la Paix qui partant d’une épidémie au Bangladesh a réfléchi à une solution de micro-crédit comme une façon durable de lutte contre la pauvreté et a créé la GrameenBank. Cette application a été suivie notamment par Grameen Danone Foods, Grameen Veolia Water… comme moyens innovants de lutte contre des problèmes sociaux auxquels nos sociétés d’aujourd’hui doivent faire face.

Hervé KNECHT est « le pape de l’entrepreneuriat social » en France puisqu’il en a fait son projet de vie depuis plus de 20 ans. Son Business est «  l’emploi durable des personnes fragilisées par un handicap ». Il a créé en 1991 la société Flandre Ateliers puis AlterEos tertiaire, AlterEos Industrie, RECCODE…

Aujourd’hui le Groupe AlterEos comprend 6 structures pour un effectif global de 500 salariés dont 80% sont fragilisés par un handicap.  Cela peut paraître linéaire et facile mais la vie n’a pas toujours été un long fleuve tranquille quand il a fallu repenser, alors que l’entreprise traversait une crise conjoncturelle d’envergure et que la pérennité des emplois était menacée, l’activité de conditionnement/déconditionnement à destination des grandes entreprises de VPC mise à mal par les difficultés économiques rencontrées par ces clients importants. C’est ainsi que le groupe est devenu leader sur le marché de la numérisation et de la gestion électronique de documents.

La performance de l’entreprise est de savoir gérer sur le long terme et dans des contextes variés des compétences variées, AVOIR L’INTELLIGENCE DE SES FRAGILITES ! Pour Hervé KNECHT, dans notre monde qui change, la crise que nous traversons est une chance car elle nous oblige à innover dans notre relation aux autres.

Passer d’une économie classique, économie de BIENS à une économie sociale, économie de LIENS…

C’est un vrai programme dont nous souhaitons faire l’écho chez BEEZ&CO alors que nous avançons pas à pas sur notre thème de l’éco-système.

Merci, Messieurs, pour ce moment passionnant et riche d’enseignements pour nous qui rêvons d’un monde plus sociétal alors que nous nous débattons quotidiennement dans des problèmes de biens !

Sandrine LEMAN

Ne pas laisser indifférent

Dans la programmation d’une salle de spectacle (dans la stratégie d’une entreprise ?) : être incontournable, éveiller envie et curiosité, être généreux et remarquable, sont des ambitions fortes !
A coup sûr, recevoir James Thiérrée dernièrement au Colisée a rempli ce défi .

Avec et à la place du spectateur, on se dit « quelle force d’invention », le cerveau fait des liens avec son propre imaginaire et ses références générationnelles : on y retrouve un peu de MATRIX, de Harry Potter, d’Alice au pays des merveilles , mais aussi l’ADN, les poèmes de Baudelaire, les Temps Modernes de l’aïeul Charlie Chaplin, la société en général  et… on plonge dans un système ou plutôt dans l’envers du décor, comme happés.

La rencontre « art et entreprise » proposée avec BEEZ&CO a impulsé un moment d’échanges comme une secousse : d’abord chacun, chacune évoque son émotion «innovant et tellement esthétique» «un choc», «un cauchemar d’enfant revisité», «un moment voluptueux», «un truc qui m’échappe», «ça m’a étonné, mais pas plu» ! Les émotions dont nous ne nous occupons pas s’occupent de nous «un peu angoissant aussi»… Mais pas que !

Inscrire ce moment dans les réflexions entrepreneuriales – le management, le changement ou la transformation des organisations, le collaboratif – donne un vrai recul. Fatigués du bling bling et du bla bla, cette mise en scène de James Thiérrée permet aussi de revisiter le logiciel de nos pratiques et de nos échanges : prendre le temps d’observer, de saisir, de réfléchir aux allégeances, aux automatismes, à la hiérarchie et de communiquer mieux : s’écouter, écouter et voir puis s’exprimer ! D’une manière délicate ou infime sortir d’un petit « enfermement » pour ne pas être dans l’Enfer me ment !

Au-delà des collaborateurs des entreprises, des coachs, des réseaux, des entrepreneurs, des facilitateurs de changement, Le Colisée veut toucher Tous les Publics… l’équipe travaille aussi à des partenariats solidaires et sociétaux soutenus par des mécènes ou donateurs, une sensibilisation qui permet de beaux projets et le partage du beau… ici,  les mots d’enfants  (de 8 à 12 ans impliqués dans un parcours culturel au Colisée) trouvent  toute leur justesse.
La scénographie exceptionnelle (toute la machinerie du théâtre à nu), l’esthétique (le mouvement des corps, la contorsionniste, des décors baroques et mouvants), l’originalité du spectacle ont  donné ceci : « bien, pas long et ça se passait dans un château hanté avec un monsieur qui n’avait pas le droit de sortir ». «Il y a tant à dire sur la musique, les danseurs, les rythmes… c’était beau !», « L’histoire n’était pas simple à découvrir mais j’ai aimé inventer» . (souvenez-vous de l’article de Anne Lucie qui nous incite à re-penser comme lorsque nous étions enfants)
A la manière de BEEZ&CO avec les étudiants de l’Iteem, nous faisons tout pour partager les expériences…

Bref, avec cette diffusion audacieuse, le Colisée a proposé un vrai temps fort, qui ne laisse pas indifférent donc : s’initier au beau, être inspiré, se plonger dans la densité d’une œuvre, c’est tout simplement être en résonance avec le monde qui nous entoure !
Chaque spectateur est une part du spectacle vivant et naturellement une œuvre nous « r-enseigne » un peu sur nous !
Evidemment ce n’est pas fini : le 26 mars La Comédie Française vient avec « le jeu de l’amour et du hasard » de Marivaux : Silvia prend la place de sa femme de chambre Lisette, et Arlequin se fait passer pour son maître Dorante ! Se mettre à la place de l’autre et  jouer avec  la vérité… Plus tard, en mai,  Edouard Baer nous convie à la préparation d’une réunion du G20, absurde et décapant !

Quant à la saison prochaine, elle réserve comme toujours une programmation éclectique… la Comédie Musicale Absolue « West Side Story » conjuguera aussi plaisir, point de vue et question de sens… Rendez-vous dans un prochain billet !

Sandrine DOVERGNE

Pour découvrir la programmation du Colisée, c’est ici.

 

Sludging, couchsurfing, amap, slow wear, home testing… Parlez-vous Nouvelle conso ?

Sous le double effet de l’internet et de la crise du pouvoir d’achat, les comportements de consommation se transforment depuis plusieurs années. Et le phénomène semble s’accélérer. Jugez plutôt !

Le consommateur de crise un grand créatif

Les sociologues nous le disent mais on le constate concrètement dans tous les domaines de la vie, le consommateur d’aujourd’hui est un malin qui passe son temps à inventer de nouvelles manières de consommer. Le plus souvent, des noms venus d’Outre-Atlantique sont donnés à ces nouveautés.

Faisons un test. Savez-vous à quoi correspondent les termes suivants : circuit court, amap, sobriété volontaire, home testing, collaborative shopping, woofing, buycott,  … ? Savez-vous qui sont les greeters, les locavores, les flexitariens, les ginks, les lohas,  les couchsurfeurs, ... Arrêtons là !

Cette incroyable floraison de nouveaux termes reflète un bouillonnement inventif marqué par quelques points communs : une des valeurs clés qui se retrouvent dans la «nouvelle conso», c’est sa dimension collective, directe, solidaire, voire généreuse.  On consomme avec sa tribu, avec ses proches, avec ceux qui partagent nos valeurs. Ce qui compte, c’est de disposer des biens, quitte à les partager, pas d’en être propriétaires. Que l’on parle de buycott, de carrotmob, de covoiturage, d’autopartage, de cohabitat, de jardins partagés, le consommateur trouve son pouvoir dans l’action collective. Car finalement, il s’agit bien de ça : d’exprimer des convictions via ses achats.

Une consommation partagée, plus directe, plus locale

Le consommateur du 21ème siècle est tout sauf un mouton.  Il choisit, il réfléchit et il agit. Les circuits courts qui évitent la distribution classique et les marchands ont sa faveur : c’est ce qui explique en partie le succès des Amap ou encore de la consommation collaborative entre les particuliers sur consoGlobe  et ailleurs (le don, la location, le troc,  la vente, le prêt, l’entraide). Bien sûr, le souci de préserver l’environnement est déterminant mais c’est, soyons honnête, le côté « bon plan, bonnes affaires » qui explique le phénomène.  D’où d’ailleurs le succès des promotions locales et groupées (que Groupon ne fait que réinventer).

Une prise de pouvoir par l’action directe

Le home testing consiste à ne pas faire confiance aux discours commerciaux, pour tester soi-même chez soi les produits ou services avec des outils de pro.

Il est un signe de l’utilisation des technologies et du net pour voter avec son porte-monnaie : le buycott et les carrotmobs, sont le contraire du boycott. Il vise à récompenser, à encourager les marques qu’on juge vertueuses.

Mais le consommateur n’est pas qu’un opportuniste, c’est aussi un citoyen hédoniste à la recherche de plus d’authenticité. Le mouvement « no-logo » (refus des marques) ou le mouvement Slow (slow food, slow wear, slow travel, slow wear, et même bientôt slow cosmétiques) marquent une envie profonde de « vrai », un rejet du gaspillage et un épidermique réflexe anti bling-bling.

Pour certains, cela va jusqu’à adopter la décroissance ou la sobriété volontaire pour marquer son refus de l’obsolescence absurde et programmée des objets de notre quotidien. Avec la conviction que les « 4 R » suffisent à notre bonheur consumériste (Récupérer, Recycler, Réparer, Réutiliser).

Le succès du DIY, ou fait maison et même des trucs de grand-mère, concrétise au quotidien une consommation circulaire, non marchande, bonne pour la nature et notre budget, justifiant l’appellation donnée au phénomène, le Cradle-to-cradle.

Et vous ? Avez-vous envie de woofer ou de sludger ou de greeter un couchsurfeur, de buycotter une marque éthique et participer à une carrottmob, de montrer que vous êtes un flexitarien décroissant qui achète dans une amap, de fabriquer votre propre crème de soin, de louer, prêter, échanger avec d’autres consomm’acteurs ? Bref,  êtes-vous prêt à changer le monde avec votre carte bleue ?

Jean-Marie BOUCHER

Retrouvez aussi les explications de tous ces termes sur le site Consoglobe.

Comment devenir acteur de son changement ?

Dans le cadre du partenariat Iteem–BEEZ&CO, nous avons eu l’opportunité d’interviewer deux animatrices BEEZ&CO, Aurélie Duquennoy, qui a travaillé pendant 13 ans à l’étranger en marketing et Sandrine Leman, qui a 20 ans d’expériences en finance et gestion d’entreprise. Voici la retranscription de l’échange que nous avons eu avec elles suite à un débat de groupe sur les thèmes de la Journée que BEEZ&CO organise le 2 juillet sur le thème de l’écosystème.

Photo-Article-Pourquoi-ne-pas-rester-assises-300x220Tout d’abord, pouvez-vous nous expliquer pourquoi vous avez choisi de rejoindre BEEZ&CO et quel est votre rôle au sein de ce groupe ?

Aurélie a rejoint Beez&Co dès le départ, elle est une des quatre fondatrices. Ces quatre femmes, fortes de leur expérience en entreprise, ont décidé que pour changer les choses et faire prendre conscience aux dirigeants des évolutions du monde de l’entreprise, il ne fallait pas “rester assises sur nos chaises” mais devenir acteur de ses évolutions. Aujourd’hui, Aurélie s’occupe principalement du développement commercial, de la recherche de financement et du rayonnement du projet.

Sandrine a rejoint l’aventure un peu plus tard, lors de sa rencontre avec Caroline Valent et de leur échange sur l’importance de chaque département de l’entreprise sur la création de valeur, Caroline lui a proposé de venir “s’aérer les neurones” avec les membres de BEEZ&CO. L’essai étant concluant, Sandrine apporte aujourd’hui à BEEZ&CO son expertise en terme de montage juridique et de modélisation financière.

Sandrine, vous faites également partie de la Quadrature du Cercle, pouvez-vous nous expliquer ce que c’est, ce que vous y apportez et ce que cela vous apporte ?  

La Quadrature du Cercle est un rassemblement de personnes d’horizons différents, des théoriciens comme des personnes plus « pratico-pratiques », le but étant de les faire réagir sur les thèmes et concepts abordables lors de notre Journée du 2 juillet. Nous nous réunissons une fois par mois avec des membres différents selon les disponibilités et les préoccupations des uns des autres ou des rencontres que nous faisons.

En terme d’apports, je me place au même niveau que tous les autres membres, j’apporte ma réflexion basée sur mes expériences professionnelles et cela me permet de faire des rencontres et de prendre conscience de ce qui se passe dans le monde de l’entreprise. 

La Journée dont vous venez de nous parler sera sur le thème des écosystèmes, pouvez-vous nous dire pourquoi vous avez choisi ce thème ?

Selon Aurélie, la base de BEEZ&CO est d’accompagner les entreprises dans le changement, le sujet de la 1ère Journée en 2012 était « La force de la relation ».

Pour cette 2ème Journée, Caroline leur a proposé l’idée des écosystèmes et, à vrai dire, le thème ne les a pas vraiment inspirées. Il est vrai qu’au premier abord, les écosystèmes représentent un peu tout et rien à la fois. Mais après avoir creusé le sujet un peu plus profondément et en avoir débattu avec des dirigeants, ce thème leur est devenu évident car il permet de faire prendre conscience aux entreprises de ce qui est là autour d’elles mais dont elles n’ont pas encore conscience.

Vous venez de participer à un débat sur le thème et l’organisation de cette Journée, qu’en avez-vous pensé ? Qu’est ce qui vous a marqué ?

Pour Sandrine et Aurélie, ce débat a permis de confirmer l’intérêt du thème des écosystèmes d’entreprises, il a également permis d’apporter des idées pratiques sur l’organisation de la Journée en elle-même comme un démarrage sur les écosystèmes biologiques.

Merci à elles deux d’avoir répondu à nos questions.

Clémence, Raphaël, Sophie et Souad.

Le « Digital happiness », le numérique contributeur au bonheur ?

bonheursmiley

Antonin Léonard fondateur du site Ouishare, l’évoquait récemment lors du TEDx Saint Sauveur Square, Internet peut transformer nos vies ! Oui mais comment ?

Tour à tour créateurs de liens, de valeur marchande, contributeur aux grands projets, de liens de solidarité en lisant l’article publié sur Paristechreview, « Digital happiness, le prochain Facebook ? », je réalise que nous sommes loin d’avoir imaginé tous les usages possibles via les technologies numériques. Signe des temps, « le bien-être » est l’un des nouveaux créneaux investis sur la toile. Pour preuve, lors du Consumer Electronic Show de Las Vegas en février, le plus grand salon des technologiques numériques au monde a réservé pour la première fois une section entière au « Bien-être numérique ». De la rencontre amoureuse à notre équilibre nutritionnel quotidien, les solutions proposées répondant en masse à des besoins individuels font émerger le « développement personnel de masse».

A l’heure où les questions de bien-être, de recherche d’équilibre, de sérénité questionnent notre quotidien,  le numérique serait-il une clé contributive au bonheur ? Aujourd’hui, je vous propose un petit tour d’horizon du « Digital happiness », nouvelle tendance forte sur la toile …, les nouvelles technologies peuvent-elles tenir une telle promesse ?

Effectivement si l’on s’appuie sur quelques études et en balayant les solutions numériques proposées, une multitude de services nous sont offerts pour améliorer notre « bien-être » et démontrent déjà leur intégration dans notre quotidien.

Trouver l’amour grâce au numérique est désormais naturel voir même banal. Une récente étude menée dans l’Union Européenne révèle que 30% des couples formés en 2011 se sont rencontrés en ligne. Et les applications et usages ne cessent encore de se transformer grâce à la géolocalisation, précision du profil etc …. pour optimiser vos chances de rencontres.

Depuis l’intégration des réseaux sociaux dans notre quotidien, le partage d’expériences, de conseils devient une tendance forte dans le domaine de l’éducation, du couple, de la vie de famille. Des outils mobiles proposent par exemple d’aider à développer l’intelligence émotionnelle au sein d’un couple. Qui n’a jamais été en manque d’inspiration pour formuler un compliment bien tourné ? Un sms bien rédigé peut venir à votre rescousse pour créer un moment de sérénité dans votre couple. Le e-parenting s’inscrit également dans cette tendance : partage de styles éducatifs, techniques de résolutions de conflits via CD-Rom, Smartphone ou groupes d’entraides, sont accessibles via les technologies numériques.

Simplifier l’organisation, entretenir des liens pour des familles éloignées géographiquement, partager des évènements heureux, le principe du journal des évènements heureux est repris dans les applications dites d’e-gratitude. Elles permettent de consigner les bons moments de l’existence.

joggueurDans le domaine de la santé, pour bien se sentir dans son corps, les smartphones peuvent se transformer en entraîneur de course indiquant la distance parcourue, le rythme cardiaque, les calories brûlées. Le National Health Service britannique a créé l’application« Couch to 5k », en moins de 18 mois l’application a été téléchargée par 10 millions de personnes, permettant une reprise progressive et sans risque du sport.

Envie de manger équilibré et modérément ? Le service LeDiet propose un accompagnement pour vous aider dans votre perte de poids. On vous envoie un sms pourrappeler les consignes aux heures des repas ou pour suggérer des recettes faciles et saines. Cet usage du smartphone est une émanation d’une nouvelle discipline que l’on appelle l’informatique d’influence ou la captology que l’on commence à enseigner à Stanford.

Que tendent à nous montrer ces nouvelles applications ?

Ces applications sont avant tout des médiateurs permettant de rendre plus accessibles et ouvertes des solutions, des services en développement personnel qui n’étaient jusqu’à récemment accessibles qu’à une petite minorité. Technologies numériques, sciences économiques et neurosciences s’allient pour donner aux individus les leviers de connaissance et de comportements pour mieux manger, mieux bouger etc …

Les technologies numériques font émerger des solutions qui sont au croisement de l’individu et du social. Elles franchissent une nouvelle étape de l’émergence du  développement personnel comme phénomène de masse.

Soit, elles nous sont désormais accessibles mais au final est-ce que cela nous rend plus heureux pour autant ?

Le terme « Digital happiness » soulève en toile de fond la question philosophique de la contribution des technologies à notre bonheur et comment elles affectent nos relations humaines. Anna Akabari, professeur de Media, Communication et Culture à l’Université de New York a soulevé la question lors d’une Tedx Conférence Silicon Valley.

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Si  l’on essaye de s’entendre sur une définition du bonheur ou sur les conditions pour atteindre cet objectif, le bonheur suppose un état d’esprit positif au présent et de porter un regard positif sur le futur (définition de Shawn Archor, auteur The Happiness advantages). En mouvement cet état est en perpétuelle évolution.

De nombreuses études ont démontré que depuis l’intégration du progrès, des technologies dans notre quotidien, les gens ne sont pas forcément plus heureux. En écho, la remarque d’Einstein qui se demandait pourquoi les technologies et sciences qui contribuent au travail et simplifient nos vies ne nous apportent-elles pas le bonheur ? Parce que nous n’avons pas encore appris à nous en servir de façon raisonnable. Et c’est plus la manière dont nous les utilisons qui est un acte contributif au bonheur et pas forcément le fait d’y avoir simplement accès.

Les 4 catégories de « Digital happiness »

Anna Akbari donne justement  un cadre pour nous aider à  optimiser nos relations avec les nouvelles technologies. Selon elle, il existe 4 catégories de « Digital happiness » , 4 manières de les utiliser qui peuvent nous rendre plus heureux.

1. Identifier : les technologies nous offrent la possibilité d’identifier les réseaux, les relations, souhaits et besoins. Ce n’est pas tant les technologies qui identifient et désignent par exemple le partenaire romantique qui est fait pour vous mais elles nous aident à identifier des opportunités de bonheur et d’épanouissement.

2. Etre relié : selon une étude intitulée « Des gens très heureux » la seule chose qui distingue les 10% de gens s’estimant comme les plus heureux des autres est la force de leur relation aux autres.  C’est l’intensité et le lien réel créé avec les gens qui construisent et font la force d’une relation. Vous aurez beau avoir plus de 400 « amis » sur Facebook, cela ne veut pas dire pour autant que vous entretenez avec tous ces gens une relation suivie et régulière. Les réseaux sociaux facilitent la mise en relation mais la manière  dont vous choisissez de développer telle ou telle relation déterminera aussi en conséquence la proximité que vous aurez avec cette personne et de contribuer ou pas à votre bonheur. Et de fait ces relations vous rendront plus heureux ou non en fonction de ce choix.

3.  Assurer un suivi : grâce aux informations que nous délivrons sur nous par exemple sur la toile, nous laissons une trace et nous nous créons une mémoire numérique. Cela permet de regarder de plus près nos habitudes de consommation, nos pratiques etc … certains sites peuvent nous y aider grâce aux données disséminées par nous sur la toile, pour recomposer notre style de vie et nous aider par exemple à mieux contribuer à l’environnement comme par exemple Recycle Bank.

4. Nous aider à classer, à mettre de l’ordre : grâce aux nombreux outils qui existent calendrier, répertoires des tâches, notes virtuelles sur lesquelles recueillir nos pensées etc … nous pouvons nous organiser plus efficacement en enregistrant en un seul lieu toutes ces informations.

Alors êtes-vous un « Digital praticer » heureux » ? Ce qui me rassure moi personnellement c’est qu’au final les nouvelles technologies ne peuvent pas décider à notre place et nous transformer en des clones « heureux ». Comme si le simple fait d’utiliser une application numérique pouvait d’un coup de baguette magique nous rendre heureux. Tout dépend à la base de notre état d’esprit, de la manière dont nous utiliserons ces applications en fonction de ce que nous souhaitons ou pas. Alors oui, elles peuvent changer nos vies et contribuer à nous rendre plus heureux mais ce à quoi les nouvelles technologies ne pourront pas se substituer, c’est notre volonté de bien les utiliser ou pas !

Delphine COFFART

Digital vs Papier

Pourrons-nous tout remplacer par le digital ? Le papier est-il vraiment amené à disparaître de nos usages ?

Même si c’est une évidence : le digital est aujourd’hui dans nos vies… Doit-on tout voir par le digital ? Le dessin, sur une feuille de papier, que vous offre un enfant, sera-t-il toujours aussi émouvant sur une tablette ?
La marque « Le Trèfle » répond à cette question, avec humour, par cette vidéo et je ne résiste pas à l’envie de la partager avec vous !

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Lundi, Delphine se demandera si le Digital contribue au bonheur… mais en attendant… je profite de ce clin d’oeil sur le vaste sujet du Digital pour vous proposer de découvrir ou de re-découvrir quelques-uns des articles que nous avons déjà publiés sur cette thématique !

En effet le Digital peut nous permettre de créer du lien, d’aller plus vite, de travailler différemment, de faire évoluer nos comportements…
Etre ou ne pas être Digital Human
Are we Google Human ?
Innover pour créer du lien entre les générations
Be a part of something bigger
Le digital au féminin

Pas de stratégie digitale sans prise en compte de l’humain
Le cyber-entrepreneur, une nouvelle génération de dirigeant

Sans oublier que le Digital peut aider à sauver des vies ou à faire du café !

Sans oublier aussi, qu’il est bon parfois… de se déconnecter du Digital pour mieux se re-connecter ensuite :)

Bon week-end !

Anne Lucie DOMANGE VISCARDI

Ecosystème ? Le point de vue de deux jeunes créateurs d’entreprise

Durant ce mois de mars, nous (les 12 étudiants de l’Iteem associés au projet BEEZ&CO dans le cadre de notre programme pédagogique de 5ème année) donnons rendez-vous à des décideurs de tous horizons choisis de façon aléatoire afin de réagir sur les Ateliers de Controverses prévus le 2 juillet 2013 dans le cadre de la Journée BEEZ&CO, Le Business sous un autre regard.


Meriem Boudokhane
 et Tom Gauthier ont participé à une des 3 rencontres programmées ce mois-ci. Nous  (Clémence, Raphaël, Sophie et Souad), le groupe reporter, avons choisi de les interviewer parmi les 4 participants. Ils partagent leur retour d’expérience  après avoir interagi aux questions posées par le groupe d’animateurs (Arthur, Come, Clément, et Gaël) lors du premier focus groupe du 7 mars. Nous tenons à remercier Meriem et Tom d’avoir joué le jeu et donné de leur temps pour répondre à nos questions.

Meriem 27 ans, jeune entrepreneuse active, dirige une société de soutien scolaire et est actuellement en incubation sur un autre projet de création d’un logiciel de gestion. Elle est également bloggeuse pour «startup story».

Tom,  30 ans, a lancé son entreprise V-Cult il y a 3 ans. Avec son équipe, il développe une plateforme web social 3D sous le nom et marque Beloola. Ils terminent la phase de développement  R&D et préparent le lancement commercial. Beloola est un écosystème virtuel, un monde social pour les contenus culturels.

Vous avez partagé vos points de vue sur l’intérêt de traiter le sujet écosystème pour vous en tant que décideurs, quels sont vos ressentis après cet échange ?

Tom : Il est vrai que cet échange était très constructif. On ne pense pas forcément à la notion d’écosystème quand on est dedans tous les jours. Il est par contre intéressant de noter que Meriem et moi-même travaillons sur des modèles d’entreprises plutôt similaires ce qui n’a pas favorisé la confrontation. Je pense qu’il serait plus intéressant à l’avenir de diversifier le panel de personnes. Ces différences créeront des oppositions et cela renforcera la valeur ajoutée d’un débat comme celui-ci. Cependant nous avions deux autres personnes d’une génération différente de la nôtre (plus âgée), nous voyons bien que le raisonnement n’est pas le même sur la même notion.

Meriem : Je suis d’accord avec Tom, il est important de renforcer la diversification dans un débat comme celui-ci pour créer la controverse. Nous avons la même vision de l’entreprise avec Tom ce qui renforce nos liens sur ce sujet et ne nous oppose pas. Comme l’a dit Tom, il serait pertinent de varier les âges au delà des métiers et tailles d’entreprise.

Nous avons beaucoup échangé sur les notions d’écosystèmes en externe mais qu’en est-il pour vous en interne ?

Tom : Dans notre société, nous sommes plus agiles en interne. Nous sommes une quinzaine désormais. Nous avons des pôles ingénieurs, des pôles docteurs, et des pôles développeurs. Ils travaillent  en écosystème par département /cercle d’expertise, que l’on pourrait qualifier de « sous-écosystèmes ». On a besoin les uns des autres pour avancer, une entraide est nécessaire pour que chaque département avance à son rythme tout en aidant les départements qui l’entourent. Ils sont interdépendants.

Meriem : On a une stratégie plus transverse, on attache beaucoup de valeurs à ce que les acteurs de notre écosystème se dépassent et repoussent leurs limites. On attache de l’importance à la liberté de l’individu dans le sens où il va pouvoir changer de pôle pour exploiter d’autres connaissances dans un autre. On laisse évoluer l’individu dans son sens car plus il sera épanoui et meilleur sera la rentabilité professionnelle et sociale au sein de son écosystème.

Tom : c’est une manière de penser et de fonctionner intéressante mais c’est vrai que pour une société comme la mienne il est beaucoup plus difficile de fonctionner comme cela car les départements reposent sur des connaissances requises précises. L’écart est important c’est ce qui crée leur complémentarité.

Nos deux jeunes entrepreneurs ont bien conscience du monde qui les entoure et de l’écosystème dans lequel ils vivent et interagissent. Leurs deux  témoignages prouvent que leur génération fonde le développement  de leur organisation sur la création de valeurs en utilisant son écosystème naturel , voire même en créant son propre écosystème. La notion d’Ecosystème n’est pas dans leur pensée au quotidien, mais à y réfléchir ils savent pertinemment qu’ils en ont besoin, ne serait que pour une question de survie.  C’est une question de réflexe… naturel.

Ce premier panel composé de 4 personnes a mis en avant deux idées : la nécessité de diversifier les générations de décideurs dans une démarche de controverse, l’intérêt d’interpeller les décideurs sur la question du développement de nos entreprises en écosystème, ne serait ce que pour inciter à réfléchir à ce paramètre naturel de nos organisations…. Il reste à savoir l’identifier et l’utiliser sans doute… ce qui ne semble pas être une difficulté pour nos deux jeunes entrepreneurs.

Clémence, Raphaël, Sophie, Souad.

Le temps… ami ou ennemi ?

Comme je partage avec vous, parfois, des vidéos qui m’interpellent… Aujourd’hui, j’espère vous donner envie de lire un article de Julien Lucas à propos de la gestion du temps… Vaste sujet, n’est-ce pas ?

Comment gérer au mieux notre temps ?  Arriver à faire tout ce que nous « devons » faire, en ayant parfois du mal à faire ce que vous « voulons » faire… Où trouver le point d’équilibre ? Comment ne pas devenir esclave du temps qui passe ? La gestion du temps peut-elle devenir un piège qui nous prive de liberté ?

Et si nous privilégions la qualité plutôt que la quantité ? Et si nous rendions le temps magique plutôt que logique ? Et si le temps était là pour nous servir ?

« La gestion du temps : comment peut-elle éroder notre vitalité? » m’a inspiré.

J’espère que cela vous donnera quelques clés si parfois, vous aussi, vous avez l’impression qu’une journée n’est pas assez longue !

Merci Julien Lucas :)

 Anne Lucie DOMANGE VISCARDI